Une vache était là, l'on Vap- •*• ^"^''^ '"• ^e^c
388 LA FOMAINB
Croyons ce bœuf. — Croyons », dit la rampnnle bcle Ainsi dit, ainsi l'ail. Le bœuf vient à pas Icnls. Quand il eut ruminé tout le cas en sa tôle,
Il dit que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins * les plus pesants, Parcourant sans cesser ce lonj;- cercle de peines Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que Cérès nous donne et vend - aux animaux;
Que cette suite de travaux Pour récompense avait, de tous tant que nous sommes, Force coups, peu de g-ré' ; puis, quand il était vieux, On croyait l'honorer chaque fois que les hommes Achetaient de son sang- l'indulgence des dieux. Ainsi parla le bœuf. L'homme dit : « Faisons taire
Cet ennuyeux déclamateur.
Il cherche de grands mots, et vient ici se faire,
Au lien d'arbitre, accusateur.
Je le récuse aussi. » L'arbre étant pris pour juge, Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge Contre le chaud, la pluie et la fureur des vents : Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs; L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire : Il courbait sous les fruits; cependant pour salaire Un rustre l'abattait : c'était là son loyer*; Quoique, pendant tout l'an, libéral il nous donne Ou des fleurs au printemps, ou du fruit en automne, L'ombre l'été, l'hiver les plaisirs du foyer. Que ne l'émondait-on, sans prendre la cognée? De son tempérament % il eût encor vécu, L'homme, trouvant mauvais que l'on l'eût convaincu, Voulut à toute force avoir cause gagnée. (( Je suis bien bon, dit-il, d'écouter ces gens-là! » 'Du sac et du serpent aussitôt il donna
Contre les murs, tant " qu'il tua la bote.
On en use ainsi chez les grands :
La raison les offense, ils se mettent en tête