Matins. Lex. gne de conduite
De votre esprit que nul autre n'éj;ale, Prince, ma muse tient tout entier ce projet * : \^ous m'avez donné le sujet, Le dialog^ue, et la morale.
Fabli. vu. — Le milan, le roi et le chasseur ^
Un milan ', de son nid antique possesseur,
Étant pris vif par un chasseur, D'en faire au prince un don cet homme se propose. La rareté du lait donnait prix à k chose. L'oiseau, par le chasseur humblement présenté,
Si ce conte n'est apocryphe %
Va tout droit imprimer sa griffe
Sur le nez de Sa Majesté.
— Qu©i I sur le nez du roi! — Du roi même en personne.
— il n'avait donc alors ni sceptre ni couronne ?
— Quand il en aurait eu, c'aurait été tout un : Le nez royal fut pris comme un nez du commun. Dire des courtisans les clameurs et la peine Serait se consumer en efforts impuissants.
Le roi n'éclata point : les cris soriit indécents •
A la majesté souveraine.
L'oiseau garda son poste ; on ne put seulement
îflàtcr son départ d'un moment.
Son maître le rappelle, et crie, et se tourmente, Lui présente le leurre % et le poing, mais en vain.
On crut que jusqu'au lendemain Le maudit animal à la serre insolente
Nicherait là malgré le bruit.
Et sur le nez sacré voudrait passer la nuit. Tâcher de l'en tirer irritait son caprice. Il quitte enfin le roi, qui dit : « Laissez aller Ce milan, et celui qui m'a cru régaler.
i. Projet. V. note fi, p. 223. 1" des réflexions qui suivent l'un