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XI. — Participes et gérondifs

Dans la forme verbale en ant p. ex. aimant), il faut distinguer deux cliose:> dilTérenles : le participe pro'.n-enienl dit, qui expriiDP soit l'acliun, soit l'état, et le gérondif, qui n'expiinie que l'action.

Accord du participe présent. — Le participe était, dans l'ancienne langue, varial)le en genre et en nombre. Ce n'est qu'en 1679 que l'Académie le déclara invariable. La Fontaine se conforme souvent à l'ancien usage : « Donner la chasse aux gens Portants bâtons et mendiants », I, 5.

Le participe tenant lieu de substantif. — /^'ancienne langue employait plus souvent que ia notre le participe à la façon d'un substantif : < Les regardants, III, 10 ; le gisant, V, 12 ; force écoutants », VII, 15 et cL XI, 9.

Gérondif. — Jusqu'au xyii" siècle, on l'employait volontiers sans la proposition en : « 11 eût cru s'abaisser servant un médecin », \ 1, 7, etc. (Cf. l'expression: « Chemin \iisant ».)

Le gérondif pouvait ne pas se rapporter au sujet de la proposition qui le contient, c'est le cas pour le dicton : « L'appélit vient en mangeant ». Lu Fontaine s inspire à cet égard de l'usage ancien Tantôt le gérondif se rapporte au sujet d'une proposition antérieure coordonnée: «J'otele superflu, dit l'autre, et U abattant. Le reste en profit.' d'autant », Xll, 14 ; — tantôt il se rapporte au complément d'objet : « Tout en parlant de la sorte, un limier le fait sortir », 'VI, 9. (Cf. ce vers de Boileau : « Si son astre, en naissant, ne l'a formé poète ».

Quelquefois il faut aller chercher hors de la phrase le sujet du verbe au gérondif ; « Même un jour, faisant la débauche avec ses disciples, Fsope, qui les servait, vit que les fumées leur échauffaient déjà la cervelle... », p. S'4 ; ici il ne s'agit évidemment piis d'Ésope, mais de Xanthus, son maître, nommé quelques lignes plus haut. Cf. cette phrase de Le F orenlin, p 44U, v. 78: « l^renant le frais tous deux devant chez nous, Deux petits libertins... » (vinrent, etc.) : ceux qui prennent le frais, ce sont évidemment Hortense et Harpajème, mais ces dcoxpensonnages ne sont même pas nommés dans la phrase précédente.

On voit donc qu'il ex.-'^trtit autrefois une sorte de gérondif détaché de la phrase; on peut l'appeler gérondif absolu.

Construction participiale absolue. — Le participe passé (pas.sif ou inlransitif) s'employait, comme le gérondif, 1res librement. Pour lui aussi on a peine quelquefois à trouver dans la phrase ce qui peut lui servir de sujet. Soit cette phrase : « Et pleures du vieillard, il grava sur leur marbre, etc. », XI, 8 ; le sens est : il grava sur le marbre de ces jeunes gens pleures par

lui ; le Sîijet de pleures n'est contenu que dans l'adjectif possessif,, leur — Dans cette autre conslruclion : « Dans le murais entres, notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte au fond de 1( au », IV, li, le participe entrés se rapporte aux deux héros de l'aventure, la grenouille et le rat. — De même, pour cet exemple : « S'étant p^i-^, dis-je. aux branches de ce saule. Par cet endroit passe un maître d'école », î, Iv» ; ici le sujet n'est ni exprimé, ni contenu sous aucune forme dans la phrase même ; il est seulement suggéré par ce qui précède, où il est question d'un enfant tombé à l'eau.

A cette libre construction du participe se rattache un type de phrase très commun autrefois, où le participe absolu appartient à un verbe pris impersonnellement : « Mais ne s'agissant que de comparer », Psyché, p. 2'JO, c'est-à-dire : comme il ne s'agit que de comparer. Cf. Pascal : « NV ayant rien de si inconcevable ».

Construction participiale. — Il ne faut pas confondre avec la construction participiale absolue cette construction toute difTérente (imitée aussi du latin», où le participe passé passif joint à un nom équivaut à un substantif verbal. Loin d'être isolé et employé absolument, le participe, dans ce cas, se rattache étroitement à la proposition, où il fait fonction de sujet ou de complément : « Cette félicité par un lièvre troublée Fit qu'au seigneur du bourg notre homme se plaignit », IV. 4, c'est-à-dire « le trouble de cette félicité, etc. »;— « Ils voulurent trop tard Profiter de ces dards unis et pris à part », IV. 18, c'est-à-dire « de l'exemple de l'union de ces dards et de leur séparation ». — Cf. IX, 2 : « Mon voyage dépeint » = la peinture de mon voyage ; — « Et leurs jambes coupées », XI, 9, = la mutilation de leurs jambes.

Le participeséparé— Le participe passé construit avecc-îroir suivait souvent autrefois, au lieu de le précéder comme aujourd'hui, le complément d'objet, et alors il s'accordait avec lui : « .l'ai maints chapitres vus, » II, 2 ; — « Les tièdes zéphyrs on t l'herbe rajeunie, » V, 8 ; — « J'avais usope quitté, ». VIIL 13,

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