XVIII NOTICE
pas à ces grands emplois ; si la loituue les ouvrait devant lui , il y réussirait peut-être ; il est poète faute de mieux ; il est vrai que ce pis-aller le charme , et que , si Ton vient impertinemment l'y relancer, il ne se laissera pas faire. A messieurs les courtisans qui disent que les poètes sont fous , il avoue de bonne grâce que c'est vérité :
Nous soiiimcs fouis en ryino, cl voiis l'eslcs en prose: C'ost le senl dinéieiil qu'csl entre vous et nous. (*)
Les cent quinze sonnets qui composent VOlwe laissent beaucoup a désirer tout en épuisant h satiété les mêmes images. Olive est une beauté que Du Bellay célèbre comme Pétrarque céié])ra Laïu'C ; après le huirier d'Apollon , c'est le tour de Voliuier de Pallas ;
riiœbus amat Innruni, glancam sua Pallas olivam : Ille suiuii v.'iteni, iiec minus ista suuni ,
lui disait Dorât. Ce jeu de mot sur l'olive et l'olivier se reproduit perpétuellement dans cette suite de sonnets ; a côté de Pallas , l'arche même et Noë ne sont oubliés :
Sacré rameau ilc céleste présage , Hameau par qui la colombe envoyée Au (leniourant de la terre noyée Porta jadis un si joyeux message...
CoUctet nous apprend le vrai nom de la demoiselle ainsi célébrée ; il le tient de bonne tradition, assin^e-t-il : elle était Parisienne ( et non d'Angers , comme Goujct l'a dit ) , et de la noble famille dos Fioles , d'où par anagramme Olive.
(') Rerjrets, sonnet CXLI.