SLP. JOACHIM DU BELLAY. XXVII
(les cliants graves , par des vers latins ( Romœ Descriptio ) ; il admira et tenta de célébrer les anlicpies rnines , les colysées superbes ,
Les tlié;Uii.'s en roiul ouverts de tous côtés;
il évoqua dans ce premier livre à' Anticiuités le génie héroïque des lieux et lui dut quelques vrais accents :
Pâlies Esprits, et vous, Ombres poudreuses'...
Puis le tous les jours des affaires , les soins positifs de sa charge , le spectacle diminuant des intrigues , le gagnèrent bientôt et le plongèrent dans le dégoût. Quelqu'im a dit que la rêverie des poètes, c'est proprement l'ennui enchanté ; mais Du Bellaj- h Rome eut surtout Tennui tracassé , ce qni est tout différent (*). Il regretta donc sa Loire , ses amis de Paris , son humble vie d'études , sa gloii-e interceptée au
(*) Un éicgiaque moderne , imitateur de Du Belby dans le sonnet , a curieusement marqué la différence de ces deux ennuis , mais dans un temps où il avait lui niûrae une Faustine pour se consoler :
Moi qui rôvais la vie en une verte enceinte . Des loisirs de pasteur , et sous les bois sacrés Des vers heureux de naître et long-temps nnamurés ; Moi dont les chastes nuits , avant la lampe éteinte ,
Ourdiraient des tissus où l'ame serait peinte , Ou dont les jeux errants , par la lune éclairés , S'en iraient faire l'U charme avec les fleurs des prés; Moi dont le cœur surtout garde une image sainte!
Au tracas des journaux perdu matin et soir, Je suis à ce métier comme un Juif au comptoir, Mais comme un Juif du moins qui garde en la demeure ,
Dans l'arrière-boutique où ne vient nul chalant,
Sa llebecca divine , un ange consolant ,
Dont il rentre baiser le front dix fois par heure.