‹ Œuvres choisiesChapitre 13 sur 84 · DÉCRET DE TIEN-CHIÉN-VA-T-EN-UT · texte numérisé non relu

DÉCRET DE TIEN-CHIÉN-VA-T-EN-UT

BMPBiaiUll MB LA CBim I.

Moi qui suis le frère aîné du soleil , le cousin de la lune èt le protecteur du firmament, je parle ainsi du haut de ma gloire aux vils mortels agenouillés ou à plat yentre devant moi :

Ayant appris par le télégraphe qu'une insurrection de misérables, appelés Polonais, avait éclaté dans un petit coin nommé Savoie , et me doutant fort que cette criminelle tentative contre un prince très^aimé, à ce qu'on ma dit, est une ramification de rémeute des Êiiseurs d'éventails de Pékin, qui viennent de demander insolemment une augmentation de salaire, sous le prétexte ridicule et inadmissible qu'ils meurent de faim, je prétends, j'entends et j'ordonne que tous les faiseurs d*éventails de mon empire soient immédiatement proscrits, ne pouvant tolérer que des drôles, appelés par leur profession à rafraîchir le sang de mes sujets, finissent par m'échau£Fer la bile et les oreilles de leurs plaintes légitimes ou non.

Je me suis arrangé avec mes cousins les souverains du Japon, du Mogol, et les préfets des îles de Xiphon, Xilo et Xicoco, pour que les susdits éventeurs soient repoussés de leurs états respectifs comme vagabonds , car puisque je les chasse, moi

< C€ morceau fut compoië en i834«

ESQUISSES

leur mattre, il est juste et conyenable que personne ne les reçoive. Cependant comme je ne puis m*empécher de convenir qu'il faut bien qu'ils demeurent quelque part , je leur permets de vivre sur mer, à la condition expresse qu'ils resteront toujours au moins à cent lieues des côtes , quittes à s'entendre avec les coups de vent.

Si toutefois mes éventeurs parvenaient en des lieux fort éloignés d'où bien malheureusement je n'ai pas la £aiculté de les £aiire éconduire , j'engage avec douceur et bonté les chefs de ces contrées à les bannir de suite ainsi que je l'ai faut , sous pro^ messe de réciprocité envers les proscrits qui pourraient m*arriver de leur part. Mais comme la canaille et la lie des populations seraient capables de s'intéresser bêtement à mes éventeurs, j'engage les gouvernemens de la susdite canaille et de la susdite lie à se conduire de la manière suivante, pour faire prendre en horreur les brigands que j'ai chassés.

I** Les loger, chauffer, nourrir aux frais de l'état, ayant soin de gonfler et d'étaler aux yeux la note des dépenses et de £aiire courir le bruit qu'ils mangent comme des ogres, boivent comme des pompiers et sont gourmands comme des brames.

2"* Mettre sous leur responsabilité immédiate les émeutes, bagarres, batteries, révolutions, viols, grêles et gelées qui arriveraient à soixante lieues à la ronde.

3* Ne hissent-ils que trois ou quatre, les faire garder à vue par tous les bourgeois de l'endroit,

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