‹ Œuvres choisiesChapitre 14 sur 84 · E8QUI68E · texte numérisé non relu

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tenus d^être nuit et jour sur pied de guerre. Les patrouilles et le lit de camp auront lavantage im^ mense d'éreinter le public compatissant, et d'éteindre bientôt par là ses sympathies pour mes coquins d*éventeurs.

4'' Faire croire aux badauds que les proscrits de Pékin sont armés de manches d'éventaib ren* fermant pistolets et poignards; qu'ils mangent des petits enËtAs à la rémoulade, qu'ils ne se couchent jamais pour consommer plus de chandelles, qu'ils sont d'une politesse sanguinaire, d'une affa^ hilité homicide, et qu'ils font mourir les genË en leur riant au nez. > ;

5® Leyr mettre sur le dos tous les maris tromh pés et toutes les filles embarrassées des environs; rumeur adroite qui sera d'autant mieux accueâlie, que mes scélérats ont en généi*al de larges épaules et de belles têtes, avec barbe et moustaches à l'ayehant.

S"" Donner à entendre que des éventeurs, appelés par leur état à agiter l'air, sont plus disposés que tous autres individus à agiter les masses.

7*" Faire croire que la Chine, le Mogol et les îles de Xiphon, Xilo et Xicoco, irrités de l'accueil qu'on fait à mes proscrits, vont arriver en bateaux à vapeur pour se loger en garnisaires chez ceux qui les auront reçus.

S"" Les vexer par mille petites démarches inquisitoriales et tracassières, afin de les irriter, et puis dire après : Voyez comme ils sont susceptibles! Leur proposer de les rendre à ma tendresse paternelle, et lés accuser ensuite d'obstination coupaUe, atten-

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du qu'ils ne voudront très-probablement pas venir se faire étrangler dans ma bonne ville de Pékin.

Elnfin moi, frère aiaé du soleil, cousin de la lune et protecteur du firmament, je m'en rappwte à la sagacité de souverains inférieurs à mon rang, mais dcmt la cau$e est la mienne sans doute, pour servir xmon courroui, protéger ma rancune, et faire de raeséventeurs une nouvelle nation de Jui&jerrans, qui puisse attester à Tunivers le danger qu'il y a pour des sujets à déplaire à leur maître. Je dévoue donc ces misérables à deux redoutables dieux de la terre, t Intérêt personnel et rEgqismCf attendu que je les renvoie sans un sou, et que des gens pauvres d'excès sont toujours riches de torts, et même de crimes, aux yeuxdupluagrand nombre des hommes. J'aime à penser que Favare, Tégoïste, le craintif, le i^alet du pouvoir , et bien d'autres encore , répon^ dront aux supplications de mes éventeurs en leur jetant au nez le nom du très-doux, très^dément, très-aimé et trè»-puissant prince qui les a proscrits.

Tien-Chien-Va-t-en-Ut;

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