‹ Œuvres choisiesChapitre 19 sur 84 · B8QUIS»S · texte numérisé non relu

B8QUIS»S

un mot, ib soldent par appoint leur compte d*inflaence dans rassemblée, et la laissent table rase poar la suite de la discussion.

C*est quelque chose de désolant que la présence de semblables individus dans une réunion délibérante. On conçoit facilement combien ils alongent la besogne, jusqu'au moment où un orateur adroit, s* emparant de leurs raisonnemeos, les présente avec ordre, avec force, et &it de la vraie éloquence composée de matériaux péchés dans une mare de babil. Ces braves gens me font alors leffet des ouvriers qui dégrossissent le bloc de marbre , en attendant que le statuaire vienne lui donner de la grâce et d'agréables contours. Il est bien triste pour ces messieurs de ne porter que de Tennui où ils pourraient porter la conviction , et de se suicider ainsi sous le rapport oratoire. Ah! si ma faible voix pouvait avoir sur eux une salutaire influence ; si leur amour-propre leur permettait, d'abord de comprendre que c'est à eux que je m'adresse , ensuite de profiter de mes avis, je leur dirais :

Au nom du Ciel, décidez -vous à vous taire quand vous n'avez plus rien à dire! un pied de bonnes raisons vaut mieux qu^une toise de belles phrases; n'étiolez pas vos discours en les laissant grandir outre mesure, et soyez plus avares de l'attention qu'on vous accorde. Ne couvrez pas Vos sages aperçus d'une robe narcotique, et ne couronnez pas la raison de pavots et de nénuphar. Vos harangues sans fin sont comme ces astres échevelés qui parcourent les cieux ; le

ESQUISSES

point brillant qui les annonce p&lit et s*éteint peu à peu dans les ténèbres.; concentrez-* vous dans la lumière , et ne tuez pas vos idées avec vos paroles.

Mais , hélas ! des parleurs auxquels je m'adresse et qui peut-être parcourront ces lignes, nul ne voudra bien croire qu'elles puissent le concerner ; peut-être même , si M. Paul dit tout bas :

n a bien raison, Fauteur; MM. Pierre « Jacques et Jean devraient faire leur profit de ce qu'il dit là; à leur tour, MM. Pierre, Jacques et Jean s'écrieront ensemble: Ah! pourquoi M. Paul ne peut- il se reconnaître à cette peinture et se cor-riger de sa prolixité! et j'aurai parlé, ainsi que tous ces messieurs parlent, ... sans avoir rien dit, ou à peu près.

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