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leur oœur lui offrent leurs bras, et les réformes désirées par eux sortiront peut-être aussi bien du fond des bouteilles que de la chambre des Conseils.
La femme de Tagriculteur , de Tounier , gémit en silence ; elle trouve son mari trop gai , le vin à trop bon marché , les cabarets trop nombreux ; aile voit arriver les veillées avec angoisse , les jours de marché avec terreur; elle pense que le vin peut hausser de prix les années suivantes sans que baisse rhabitude que son mari prend d'en beaucoup boire ; elle ne peut retenir entre ses màins la bourse du ménage : les menaces bachiques de son homme la lui font glisser des doigts ; elle la lâche en pleurant, car il èst triste pour elle de n'obtenir en retour de l'argent qu'eUe abandonne que de Tivresse et de la brutalité.
L'ivrogne se rengoi^e , se redresse s'il le peut; ses jours de triomphe sont venus , la nature lui feit ftte , il peut s'enivr«r à bon compte. On a besoin de lui pour mettre à sec tant de flacons ; et , comme il devient une nécessité de l'époque, il sacrifie à cette bienheureuse circonstance son esprit, sa ligne droite, son argent , sa santé ; puis , fier de tant d'offrandes déposées sur les autels de Bacchus , il entonne des hymnes en l'honneur de ce dieu qui le &ît broncher sur la route et ronfler dans un fossé, la £ice rougie et tournée vers le ciel.
La franchise est à l'ordre du jour : plus de retenue hypocrite ; le vin Êdt jaillir d'amères vérités. Les propriétaires de vignobles seuls mentent à qui mieux mieux : les raisins de Chanaan se trouvent dans
ESQUISSES
leurs plants fortunés ; des grappes monstnienses y courbent les branches jusqu'à terre ; c'est à celui qui fera le plus de chars par pose « même par cep , et t dans leur verve d'exagération , on dirait qu*il va couler de leur pressoir un océan capable de submerger les vingtnleux cantons de FHelvétie.
Jeunes beautés « défies^-vous des promesses que Tamour prodiguera cette année ! le cœur y aura peutêtre moins de part qu'une exaltation passagère ; vos charmes les exciteront moins qu'une fallacieuse liqueur , et , pour me servir d'une locution populaire très-propre à résumer les conseils que je vous donne ici contre ces sermens de fidélité émanés d'une cuve, je tous dirai : Ne donnez pcis dans la bosse!
Toi seul, pauvre malheureux, que le destin condamne à végéter dans la misère , toi seul tu devras bénir l'abondance de ce liquide ; il dérobera à tes regards le triste passé qui vit tes infortunes et le nistre avenir qui t'en prépare de nouvelles. Un éclair de félicité rayonnera dans ta carrière ; à sa lueur trompeuse tu verras le bonheur, que tu ne peux trouver qu'en perdant la raison ; quelques fleurs apparaîtront sur les landes stériles où se traîne ton existence ; l'illusion bienveillante et ûintastique s'étendra sur les vicissitudes amères de ta vie ; la mémoire, en s'envolant loin de toi, emportera l'image poignante de tes douleurs ; l'espérance planera sur ta tète, et tu apercevras devant toi le sort s'amender et la fortune te sourire. Ah ! pardonnez , heureux du monde, moralistes sévères, pardonnez au misé* rable qui veut voir Sa position cruelle au tra--