QUELQUES RECETTES
VOVR STIMULSE LA CHARITÉ*
Çiidmi tnms dormez, a dit Jéanst quewUnmam gamJkeigmanceqm/aitvoùTmamdrùite! Théqnt dinaeqm a Inen de la peine il te glisser daod la pratkfoe homaioe, Xhdiamnmtal ce n'est pas seule* ment nos deux mains qni savent ce que nous don* nnns, mais enocnre nous aimons assea que les yeux dea antres le Yoîent « et qne leur bouche le publie. Hélas! n'^ilogoona pas trop snr les actions des mortels , ne cherdKMis point trop à en approfondir les moti& , ne les sonmettons point à nne chimie mo* raie desséchante! Les piMbdIes laisseraient an fond du crenset, où dles seraient analysées ainsi , nn ré«sidu d'amour^propre , d'orgaeil et d'ostentation qui serait effirayant pour r<rfisenratear« La doctrine ém Christ fait mieux TomraMnt de nos discours que la base de notre conduite « et nous nous targuons plus de la connaître qat de la suivre*
Dana Tintérèt des pauvres, pourtant, il convient de solliciter et de recevoir ostensiblement en leur fiiveur; il convieiA de pouvoir eor^istrer le nom des Uenfaiteurs et le montairt des aumônes « pour que le nombre des premiers et la somme des secondes puissent largement soulager la misère» Alors, si ceux qui donnent n'avancent pas beaucoup leurs affaires dans le ciel , du moins ceux qui reçoivent sont favorisés plus eifieacement sur la terre , car il s*établit une lutte fastueuse tout au profit dfa mal-
SM
faaireia ; chaque riche Tent cAcer Toffrtttde de son voisin ; il désire ttre dfté dans les buUttiiiâ honora» bles de la bienreillaoce, et toir son nom en tète des protecteurs de Thumanité souffrante. Émulation fiaivorahle, manne qui, pour tomber da mSien des pe<* titesses et des travers, n*en ierttlise pas moins lé chan^ du paorrei
Ainsi, désires^vonsÊdre une collecte aboodante, arme^ de plais d'argcot peu profonds de jemies et jolies personnes, parées avec goèt et recherche; ftites-les quêter au sein d'une grande assemblée; dites4eur de s^arrèter devant diaqitt assistant , et ne craignes pas de leur conseiller de regarder Fo^ faraude de tous. Les uns donneront, poussés parTezcitante publicité qui entourera leur bonne œuvre , les autres par lenvie de plaire aux quêteuses ; mille sédhiclions humaines exalteront la diarité de tons et rendront vos efforts productiis.
Si vous n'avez point de jeunes et jolies demoi* selles à mettre en campagne, confiez le soin de votre collecte à des personnes émînentes par leur rang , par leur rôle dans le monde , par la considération dont elles y jouissent ; tout ce qui pourra les relever aux yeux des hommes plaidna pour obtenir des secours ; on achètera au comptant Testime de ces gens de bien ; on voudra se montrer à eux sous un jour finrcNrable ; on verra beaucoup moins les maux phy* nques qu'on soulage que le hien moral qu'on se lait ; on voudra briller par ses iargesses , et l'amour-pro^ pre sera exploité comme une mine d'or du Pérou, et nq[>portera tout autant.
IiQ pwrre <|iii nMiidis sur vDCi promciiodc fré« quentëe, him ea Yoe, a mille chances d'être ae* couru par cdui-là même qui détournerait les yeux s*fl rencontrait l'infortuné dans un chemin de traverse écarté ; non que beaucoup de chrétiens ne suivent à la lettre les préceptes de Jésus; mais il en est encore plus qui les oublient quand leur pratique* ne sauraitlesrdeveramLyeuxd'autrui, et qui croiraient perdre leur ai^nt s'ils le donnaient incognito.
Il n'y a pas bien longtemps que j'ai vu l'amour* propre et l'ostentation rançonner des ladres, écornifler la bourse d'Harpagons fiefiés , et les petitesses orgueilleuses» mettantlamain dans toutes lespoches» en tirer d'énormes sommes pour l'indigence/ Oh! que je bénissais l'adresse heureuse qui enrôlait ainsi la vanité au service du malheur, comme je me ré* conciliais avec ces travers du luxe qui accouraient au secours de l'infortune , et comme je pardonnais de bon cœur à cette émulation fastueuse qui s'était glissée au cœur des riches pour améliorer le sort des pauvres! Mais que je v^ms raconte un peu là manière dont on s'y prit pour obtenir d'aussi brillans résultats de nos tristes fiaûblesses humaines.
On publia qu'un grand bazar serait ouvert à tous les objets que nos Concitoyens et concitoyennes vou* draient bien y envoyer pour être vendus au profit de Suisses inondés , dont les calamités avaient eu un vaste et douloureux retentissement. On intéressa Tamour-propre national tout entier à concourir à celte bonne œuvre. On annonça que les moindres choses seraient reçues avec reconnaissance on m-
athiia m ôt>niité composé àe êamtê c^rmaiites; et, il Êiot le di^e à lenr l^maiige , elles s'acquittèrent admirablemeirt josqn^aa bont de la tâche pkilaiithro* pique qu^elles aTaient acceptée avec empressement*
Et d'abord ce bazar, qui n'était fermé à aucune prétention productive , fiit comme une expositioii pour des travaux de tout genre ; chacun, grâce à lui, put soumettre son talent , si chétif qu'il (ât , aux re* gards d'un public bourré dHine indidgence tout ex-^ ceptionneUe : les moindres ouvrages d'aiguille iinnént admirés , les desrins pWbés outre mesure , les croûtes s'embellissaient du sentiment qui les avait consa** crées au malheur ; des peintures faites pour les pau^ "nres n'y pouvaient passer pour de pauvres peintmres aux yeux de la piété. Tous les barbouîDeurs de toSe ou de papier, réfugiés sous le bouclier de lareligioh, bratvaient de lâ, comme d'un saint refuge, lestrails acérés de la critique. Oh ! les beaux jours que ce ba« tar procura k tant d'œuvres qui n'avaient d'autre mérite que celui d'y avoir été portées et de s'y trouver ! Oh ! comme l'amour-propre se prâassa, se dorlota, fit la roue, protégé par l'Évangile! Que de gens qui n'avaient, sans ce bazar, aucune Chance d'être jainais accueillis favorablement! L'inondation des petits cantons^ qui engloutit tttit de richesses^ mit presque à flot chez nous des réputations enfon^ cées, qui surnagèrent un moment, soutenues par la sympathie pour l'infortune*
Mais ce n'est le tout que d'entendre louer son ttuVre : cet avantage-là s'acquiert à Genève k peu dé frais; des essaims d'admirateurs bounteilieat è
rentoor de châqve wti8te« et loi prcmtttmt ks houaenri de rimmortaHtë » aiu lieu de loi accorder le$ jooiasaoces de la Tie en achetaitt aea productions : oet agréœeat de him vendre ce qu'ils font, les ^artistes Vont obtenu en plein au ba&ar, quand largent A*a pas dé leur ^revenir; chose étonnante ! Içaaal* Ihtur d'autruî a valu des prix de fou à levons œuvres» et il a &Ua uae inondation pour qu'âs^ s'avisassent de tout le parti qu'on poonrait tirer de leurs takns.
De belles dames demandaient en souriant degrosses sommftftpour le moindre objet; et là chacun, rewmçant à Thafaitude inyéiérée de la dté de Cadvin« odUbait de mardiander et renchérissait paiCm^sur le prixdoBUODMlé* La charité, excitée parle théâtre où elle se produisait au grand )our , ne connaissait aucune borne; Tavarice la |^s poussive galopait comme Massinamte une fois en sa vie, tout iwemét qu'dle était par des stimulans qui réchauffaient ; la majesté de roffirande, enregistrée et proclamée, pre* nait un essor céleste et se perdait dans les nues; ce» lui qui vidak sa bourse était surpassé de suite par un autre qui retournait ses podies. Mais aussi, quelle âme coriace et cuirassée d'un trifde airain aurait temi contre le triple avantage de gagner les bcmnes grâces d'une jolie vendeuse, Testime d'une galerie de concitoyens, et les bénécKctions du Très-Haut? Puis les enchères arrivèrent pour counmner dignement cette noUe entreprise, ainsi que le bouquet à la fin d'un magnifique feu d*artifice. Alors ce fut un aasaut de munificences, de lai^gesses, dont Tobjet
offert était mmns le but que le Bioftif. L*or et l'argent brillaient de tons oôtéi ; la salle retentisBait du Inni t des sommes que la voix de nos Grésus lançait ' £^ementdans les airs. Les belles actions, les attendris sans procédés, pleuvaient comme grêle, si bien que ceux qui n'avaient pas les mains pleines d'écus avaient au moins les yeux pleins de larmes pour ap* plaudir il ces n<diles élans. Les petits ouvrages fidfs par de grandes dames étaient surtout disputés aveê fureur par les grimpions ^ qui les payaient sans compter.
O charité divine! accepte le produit total de semblables ventes! n'en distrais pas ce qui n'est dA qu'à notre orgueil! Bâas! tes mécomptes seraient grands et ta recette mince. Applaudis plutAt à l'heur reusé idée qui fidt servir nos travers à ton triomphe, et qui couvre de ta xfAit édatante des petitesses qui ne brillent que trop souvent d'un fiiste inutile !
llOB»IEUR PROGILLON.
Certes, j*aime Hiieux lajrele portrait que.Ia cou*naissance de ce monsieur-là , car il inq^e une juste terreur à tout ce qui Tavoisine ; malheur à^qui a un jour sur sa propriété, à qui possède un mur mitoyen airec lui, à qui loge chez lui, enfin à tout individu ayant avec lui un rapport quelconque d'intérêt ou de voisinage ! Jamais chien d'arrêt n'a trouyé la piste du gibier comme M. Procilion découvre le sujet d'une contestation ; il vous flaire une difiBculté d'une lieue, et son nez est lé plus lin qui se puisse trouver pour guetter une trhicane. Plaider £sdt son bonheur, sa vie, sa santé; il plaide par; goût, par instinct, par régime; il a des prpcàs de toute grandeur, de tout à^e , de toute qualité ; il en a de petits, de gros, de vieux, de tout frais, -et malgré leur grand nombre, il vise à laugmenter chaque jour. Les assignations sont ses cartes d'invitation ; il n'en lance ou n'en reçoit jamais sans un vif sentiment de plaisir ; il ne rencontre aucun huisâer sans que cet aspect ne lui rappelle de douces âmotions ; il n'en voit pas arriver un chez lui sans se promettre de nouvelles jouissances. Il mène de front tous ses procès ; il n'en néglige aucun ; tous ont également part à sa tendresse et à ses soins. Non-seulement il soutient ceux qu'il a le bonheur de posséder , mais il en couve de nouveaux ; il en a dans sa tète en embryons , dans sa poche en fœtus ; il en tient en réserve dans son bureau; il les engraisse , les rend aussi présentables qu'il peut, et,
EâQQISSW.
quand il les èsdme dignes de paraître en pnbUc , il les introduit dans le monde, les mène arec pompe devant les tribunaux ; la mère des Gracques ne fut jamais aussi fière de sa progéniture que Procillon de ses procès.
Ne croyez point qu'il borne sa joie à plaider par rintermédiaire d'un avocat auprès de ses juges ; non, il défend lui-même sa cause dans son cercle, dans la rue, à la promenade, au théâtre, h Téglise, n'im-^ porte le lieu où il se trouve et le temps qu'il peut faire ; il pérore la tète sous un égoût, les pieds dans le ruisseau ; il n'éprouve que le besoin d'avoir raison, et ne sent ni la pluie, ni le froid , ni l'humidité, pourvu que vous écoutiez comme quoi il est à la veille de £iire triompher ses drmts méconnus. Il ne marche que muni de pièces à l'appui de ses allégués ; il a dans ses poches des mémoires justificatifs, des plans qui constatent les limites de sa propriété, des expertises qui lui sont avantageuses , des arbitrages qui l'approuvent, des consultations qui l'encouragent, le tout enveloppé des feuilles de la Gazette des Tribunaucc^ seul journal qu'il apprécie.
Il achète des propriétés pour avoir des voisins, choisissant de préférence celles qui le mettent en contact avec le plus grand nombre d'individus ; il s'enquiert avec sollicitude auprès du vendeur s'il a des titres , des servitudes acquis sur ses entours ; il furète dans les papiers jaunâtres qui lui sont remis pour voir s'il n'y aurait point là quelque germe de vieille contestation à rajeunir, quelque procès mort et rongé des vers à faire revivre ; et, «'il en découvre,
ESQUISSES
ses yeax sont pétillans, sa figure est riante, puis c'est au parquet du tribunal civil qu*il £adt connaissance avec son nouveau voisinage.
Procillon sait par cœur tous les articles du Code ; mais il chérit surtout ceux dont Tinterprétation mal arrêtée peut fournir matière à chicane ; oh ! pour ceux-là il les marque à Tencre rouge , il les relit sans cesse, et fonde sur eux tout Tespoir de ses vieux ans. Durant les jours où il ne plaide pas lui-même la circulation de son sang et sa digestion sont plus lentes , son teint se brouille, il y a relâche à son excellente santé ; c'est en vain qu'il se tient au tribunal, et qu'il écoute débattre les causes d'autrui ; il n*y a plus là pour lui les émotions si vives que donne la paternité d*un procès ; il n'y a plus le charme d'un intérêt propre répandu sur les discussions ; aussi les avocats lui semblent moins éloquens, les plaidoyers moins chaleureux , les juges moins attentifs.
Toutes ses relations les plus intimes sont dans la bazoche ; il n'est pas d'avocat qui n'ait plaidé pour lui , pas de procureur qui n'ait introduit ses causes, pas d'avoué avec qui il n'ait eu quelque rapport, pas de clerc qu'il n'ait courtisé , pas de juge qu'il n'ait £aitigué de ses visites ; des frères n'ont pas entre eux des rapports plus suivis que lui-même avec tout le parquet.
Qu'on ne s'imagine point que les querelles juridiques de ce monsieur-là roulent sur des sujets d'une grande importance ; non , ces sujets n'ont de réel que le besoin qu'il a de plaider, et la possibilité qu'il y trouve de se satisfaire ; ils sont sans autre but vrai
ESQUISSES
que celui de &Toiisér ses peiîchans* Un pan de Tieux mur , un bout de toiture , un chéneau , un soupirail de cave, une borne , il se raccroche à tout ; il a Tart de &ire pousser des procès drus et superbes dans le terrain le plus aride; il en voit partout, il en récolterait sur un œuf; le monde entier ne semble à ses yeux qu*un sac de procédures à exploiter. Aussi c'est une puissance dans son quartier ; il s'y pavane de ses lauriers judiciaires ; c'est avec fierté qu'il considère ces liasses poudreuses de maculature où il fut proclamé victorieux sur papier timbré et par arrêts de la cour. Pourtant un procès gagné le rend moins fier qu'un procès frais éclos ne le rend satisfait , et la raison en est toute simple, l'un est terminé et l'au^ tre commence. Parmi les biens qu'il doit laisser à ses enfans , il s'imagine ne pouvoir leur léguer rien de plus facétieux que des procès ébauchés ; ce sont des esquisses que la piété filiale devra ombrer par respect pour la mémoire, les volontés , les goûts paternels. Les fils de Procillon firéquentent les audiences, ils apprennent le Code comme d'autres apprennent le catéchisme, et leur père veut leis placer tous dans le barreau , parce qu'il se chargera à lui tout seul de leur tailler de la besogne, et il en est bien capable.
Procillon porte sur sa figure, dans sa démarche, dans son costume , l'empreinte de son caractère ; sa parole a la gravité d'une sentence , ses habits sont couverts de la poussière des dossiers qu'il consulte ; il ne parle qu'avec crainte et défiance, comme si un huissier faisait le procès-verbal de tout ce qu'il dit ;
ESQUISSES
ses discourt ont Texactitude précise du greffier auquel ils empruntent leurs expressions; enfin , tout son extérieur Tannonce si bien , que , maintenant que je vous ai fait son portrait moral et physique, si vous le rencontrez dans la rue , vous direz : C'est
UNE MESAVENTURE BIUSIGALE.
En général rien n'est si désagréable i pour un père de Êtmille économe, que les leçons d'agrément qu*il est presque obligé de faire donner à ses enfans. D'abord il est rare que ceux-^i se trouvent assez fitvorablement doués par la nature pour tirer bon parti de la dépense qu'ils occasionnent à cet égard. Une oreille ou une voix fausse, des mouvemens lourds ou uue conformation vicieuse , rendent inu« tiles les efforts des maîtres de musique et de danse pour changer en virtuoses les élèves qui leur sont confiés. Ensuite, en supposant que leurs écoliers aient parfaitement réussi , il est peu probable que ces talens acquis à grands frais ne se rouillent pas, Êiute d'être cultivés; les occupations sérieuses que réclame l'âge mûr, le désir de plaire, qui s'émousse avec le temps , contribuent à Êiire abandonner des avantages physiques développés dans la jeunesse aux dépens de la bourse paternelle. De là tant de demoiselles qui ferment le piano à tout jamais en entrant en ménage, tant de maris qui laissent blanchir sous la poussière le violon du garçon, tant de
Uen lui!
XSQXJISSE8.
Toix masculines ou iéminiaes qui jadis «charmaient des concerts , et qui ne s'élèvent plus que dans des disputes conjugales ou dans des débats politiques; enfin tarit de talens agréables dont il ne reste autre chose de certain que le souvenir de l'argent dépensé pour les acquérir. N'importe, ces réflexions, dont nul ne peut contester la justesse , n'empêchent point les parens de lancer leur progéniture sur la route des beaux-arts, d'où elle ne devra rapporter que fort peu de profit en retour des écus qu'elle y laissera , soit quelques airs d'opéra plu9 ou moins écorchés, quelques dessins, phénomènes en naissant et croûtes peu après, et des demi-connaissances littéraires vite perdues.
Mon digne père voulot donc, comme un autre , que son fils jodât du violon , et je fus mis , à douze ans, entrées mains d'un musicien auquel je dïus compter autant d'espèces au titre que je fis de notes qui ne l'étaient pas.
Ce bon maître trouvait que j'étais rempli de dispositions , et me prodiguait force éloges en empochant mes cachets. Je fis sous lui des gammes très* recommandables qui ne compromirent le repos de personne, attendu que j'habitais une maison de campagne assez éloignée de toute autre demeure. Le jardinier seul et sa Êimille ouïrent sans se plaindre mon apprentissage musical, et n'en furent pas scandalisés ; je les surpris même plus d'une fi^is , avec un certain orgueil, écoutant sous mes fenêtres, bouche béante , dans une pose d'indulgence et peut-être d'admiration , les premiers duos ou ritournelles que
je râchais avec une louabk énergie. Bfai»« armé dans Lyon où me lança ma destinée , j'y dua execcer tout ensemble mon archet et la patience de mes Toisins ; mes £siux tons s'éparpillèrent à Tei^ur dt ma chambre ; tout mon arrondissement hit mal^ heureusement mis dans la confidence des efforts que je disais pour acquérir la méthode de Baiilot. Hélas ! la maison paternelle n'était plus Ht pour recevoir dans ses indulgentes oreilles le tintamarre émané de mes quatre cordes* Aussi j'entendis souvent des fenêtres se fermer avec humeur lorsque je laissais la mienne ouverte quand je jouais. C'était comme une meurtrière d'où je mitraillais de dièxes et de bémols les tympans délicats. On me regardait avec une espèce d'effroi « on chuchotait à ma vue, et le mot incisif de râckur perça souvent mon amour* propre de part en part.
Ah ! Ton a bien raison de dire que les comment cemens du violon sont ingrats. Le mien ne me valut que de tristes codaplimens ; j'avais beau4'aimer , il aigrissait tout le monde contre moi, et, malgré mes effoiis^ je Élisais plus de mécontent dans mon quar^ tier que de progrès sur mon instrument. Un jourt (jour de honteuse mémoire) , où je m'escrimais, la fenêtre ouverte , en &ce d'un duo de f^iotti , je vis entrer M. L.... , mûn propriétaire. M. L.... était un honnête homme qui tenait plus à ses loyers qu'à la musique , et je firémis encore au souvenir cruel du discours suivant , <pi'il m'adressa :
Monsieur .
uj applaudis sans doute au zèle louable que vous
apportez k vous exercer sur le violon ; cette constance à surmonter les difficultés de ce bel iustrtfment tous fait plus d'bftHineur qu'à moi de profit; car, monsieur (ici M* L...« eut lair de trier des expressions polies pour continuer), vous savez que les sons les plus suaves lassent à la longue et deviens oent monotones ; il est d'ailleurs des gens mal organisés qui n'apprécient point les charmes de Tharnonie , et , vous le dirai-je? je crains que ces gens-U ne soient en majorité parmi mes locataires; tous rendent justice à votre tranquillité sous nombre de rapports , mais ils désirent que vous borniez l'essor des sons de votre archet en fermant votre fenêtre ; ils ont à ce qu'il paraît peu de goût pour vos concerts, ou bien les ner& délicats; j'ignore à quelle cause précise il faut attribuer le malaise qu'ils éprouvent à vous entendre ; mais ce que je sais bien , c'est que deux ménages sont près de quitter ma maison, et qu'un troisième ne veut renouveler son bail quV vec une diminution de prix, alléguant tous trois, pour motif unique , l'obligation où ils sont d'être saturés de duos, de gammes et autres exercices que vous leur prodiguez chaque jour. £n ccmséquence, monsieur , ne vous serait-ij pas possible de condenser votre talent dans votre chambre? J'adgure trop bien de votre bonté et de votre savoir-vivre , pour n'être pas certain que vous obtempérerez au désir que je vous exprime de leur part« »
J'avoue que je n'écoutai pwat saxis rougir cette désolante allocution. J'y répondis, en balbutiant, que je me ciMifonnerais aux humiliantes exigencesde
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mes vcnsins, et je tins parole, car Tidëe de faire baisser les revenus d'un immeuble et de ruiner un honnête honmie à coups d'archet m'était odieuse.
Depuis lors je rentrai en grâce auprès des gens d^alentour ; chacun d'eux me regardait d'un bon œil, mais leurs figures riantes me fendaient le cœur, car je songeais à quel sacrifice, à quelle abnégation d'amour- propre j'en étais redevable. Hélas! me disais-je en soupirant, ils me voient avec plainr parce qu'ils ne m'entendent plus.
MONSIEUR VENTURO,
ou IL T A QUELQUE CHOSE LA DESSOUS.
J'ai pour voisin M, Yenturo, et c'est un bien singulier homme que ce voisin-là; il ne regarde jamais la surface des évènemens, son œil de lynx traverse le présent et cherche dans l'avenir des malheurs , des trahisons , des crimes ; c'est Thomme aux lugubres oracles. Les fleurs, pour lui, cachent sans cesse des serpens ; une mer calme lui prédit l'orage, un beau jour lui annonce la pluie ; enfin, sa sinistre pensée court, à bride abattue , après toutes les infortunes qui peuvent arriver , et voile de crêpes les évènemens les plus heureux. On conçoit comment mon voisin Venturo a l'aspect morne , la figure allongée, le ton sépulcral. Si parfois il se livre à la gaité , il semUe que l'on voit des larmes au travers
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de sa diaphane allégresse ; et, pour me senrir d'une expression de M. Alfired de Musset, on Ut des son-f^ts dans son $ourire.
Ainsi Élit, M, Venturo n'est pas une compagnie que je recherdie Tolontiei^; mais, comme voisin, je ne puis éviter sa rencontre, et c'est sur Fescalier qu'il m'a souvent formulé ses soupçons ténâ>reux et ses prophéties désastreuses; c'est là quH m'annonce jj^us les jours, depuis dix ans, la chute de Louis-Philippe, la guerre générale, la perte de la liberté de notre patrie, l'arrivée du choléra, et beaucoup d'autres choses aussi gaies que celles-là qui ne m'émeuvent plus guère, attendu que je me suis habitué à les voir sans cesse indéfiniment ajournées par le cours des évènemens.
«C'est une bien excellente firamie que notre voisine M"^ Dervis, lui dis-je un jour, quand, sur le seuil de ma porte, il me menaçait de la pluie durant une des plus belles matinées d'été que j'aie jamais vues.
— Oui, me répondit-il, c'est une femme très-aima- . ble, trc^ , peut-être ; elle plait et sourit à chacun ; son époux a beaucoup d'amis qu'elle accueille admirablement ; elle est si bien placée dans le monde qu'elle est invitée partout. J'avoue que cela m'inspire pour elle des craintes sérieuses \j ai peur quil ny ait quelque chose là dessous, et j'en suis désolé, car cette dame mérite tout mon intérêt.
— Son mari, lui dis-je, est un Uen galant homme.
D'accord, mais son exquise urbanité m*épou-
JEfiQUlâSES.
Tante; il est si obligeant, si prévenant! voye^, voiain, il est peut-être poli comme la glace qoi recouvre Fabime où disparaît le patineur. Ces surfaces si brillantes sont rarement solides, et, lorsque je les vois, fe répète : Uy a quelque chose là dessous.»
A quelques jours de là eut lieu la ffite de la Navigation, et, comme j'en revenais. tout joyeux, je rencontrai Yenturo qui me parut plus sombre et (dus rêveur que de coutume.
«£h bien l -iéom avez été sur le lac, sans doute; vcNOg avez chanté èt dansé aux Pâquis? et... — Le ^el m^en préserve ! répondit-il en colère ; je ne saurais me réjouir alors que Vhorizon est chargé de •^nia^ages et gros de tempêtes.
— Ah ! çà , vous voulez rire? il ùliï la bbe, d'accord^, mais le temps est beau.
— Je parle au figuré, mon cher; c*est une*mé« taphore, hélas! trop juste, que je viens de vous faire.
— Expliquez-moi la métaphore, s'il vous plaît.
— On nous endort par des fêtes ; on couvre de fleurs les fers dont on nous accable ; nous sommes courbés sous la verge du despotisme ; nous sommes malheureux, enfin, et vous voulez que je chante et que je danse! ah! morbleu, c'est se moquer!
— Écoutez donc, voisin: à coup sûr ce n'est pas aux pieds que le peuple que je viens de voir danser porte ses fers ; ses chants ne ressemblaient guère à des gémissemens, et son allégresse n^annonçait pas un malheur bien grave.
— Ah! bien oui; fiez-vous aux apparences! Si
KSQUiaSES.
1q» Gèoevois s&utent ri haut en âaiiAant, c'eat que leurs droits civiques ne les chargent guère; s'ils cbaotent, c'est pour s'étourdir sur Leur vasselage; et s'ils se dépêchent de rire de tout, c'est pour ne ^ |ias avoir le temps de réfléchir à rien« Ah! ce n'est pas moi qui serai dupe de cette joie piaillarde , qui ' c'est si bruyante que parce qu'elle est feinte*
— Vous croyez donc encore, voisin, qn'// y u quelque chose là dessous? — Si je le crois ! j'en suis sûr,»
Plus tard arrivèrent M. Kaupert et sa méthode de chant. Il y eut révolution dans l'aspect de notre dté, où l'on ne yit plus que choristes. Les sept notes furent déifiées ; car on solfiait dans tous les temples, on filait des sons jusque sur la place publique , et des concerts de dn^ mille chanteurs eurent lieu en plein champ. M. Venturo vint me ibire une visite.
, «Pour le. coup i voisio, que dites^-vous de cette rage musicale ? — C'est fi)rt drôle; j'ai toujours été l'ami de la mélodié , et me voilà dans mon centre. U y a sans doute peu d'exagération dana l'essor qu'on donne à cette' nouvelle institution ; mais il en résultera de bons effets; nous chanterons moins* faux que par le passé ; il n'y a là rien d'alarmant. Pourquoi donc cet air si sombre et si Êirouche?
— Vous me le demandez ! yoisin ; vous me le demandez ! Quand j'ai vu le moment où nos syndics étaient sur le point de chanter au lutrin et de faire des tenues avec leurs administrés ; quand il s'en est peu fallu que notre Conseil d'État ne devint un conser-
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Tatoire musical, et tout cela pour distraire Tattention publique d*objets plus importanst pour nous faire oublier nos franchises, engourdir notre énergie, étouffer nos requêtes, et, par le moyen d'hymnes religieuses, nous mener au méthodisme à grand orchestre !
— Ma foi, Toisin Venturo, le maître de danse de M* Jourdain voyait bien des choses dans un menuet, mais TOUS en voyez encore davantage dans la gamme; et pour moi*... » J'allais continuer quand Venturo indigné se leva, et, me lançant un coup d'œil furieux, me dit avec un accent concentré, sourd, caverneux, impossible à traduire : «Voisin, vous chantez ausâ? )e vois un petit livret jaune sur votre cheminée.
Oui , sans doute ; et je figure avec quelque succès dans les barytons.
— Eh! bien, nous ne nous reverrons plus, sicaire du pouvoir ! mais souvenez-vous de Mazarin : Cantano , pcighercmno. Soyez sûr qàU y a quelque chose là dessous, et que ces chants, comme ceux du cygne, sont les derniers de notre liberté mourante!» Venturo sortit, et, depuis, ne m'a plus adressé la parole.
SM
ATENTtRES D'UN PORTRAIT, BAGOirriBs far Luinuftiob
Je suis né sous le pinceau de M. Gervonni» bon peintre , mal payé « partant pauvre , débris vivant de racole de Raphaël. U florissait (autant qu*on peut fleurir dans une crasse misère) au commencement du 17"^^ siècle. €et artiste distingué me rendit le représentatif à Thuile et fidèle de M. Rocabra, à raison de trois florins par jour de travail , la nourri* ture non comprise. 11 m'eut achevé en deux semaines d'hiver, ce qui me fit revenir (cadre à part), à la âmille Rocabra, la sonmie de quarante-huit florins. Ceci peut expliquer Tétat dans lequel se trouvait la peinture chez nous il y a deux siècles. M. Gervonni me donna soixante frères dans la seule ville de Genève, où il demeura trois ans; au bout de ce temps, accablé d'éloges et de travail, mais léger de monnaie, il alla mourir de faim dans un grenier à Besançon : on voit encore dans le cimetière de cette ville une pierre tumulaire où se lisent ces mots: Hk jacet celeber Gerçonni, le tout couronné d'ingénieux emblèmes, parmi lesquels il m'aurait paru naturel de placer une cruche d'eau et du pain noir, pour indiquer le régime de mon illustre père. Je fus composé sous l'empire d'idées bizarres, que Gervonni combattit en vain ; nos ancêtres voulaient qu'un chef de famille fût représenté avec un sourire niais sur la bouche et un bouquet de fleurs h la main : c*est le caractère distinctif des figures que la
BSQtUSSIS*
peinture a fait parvenir de cette époque jnsqu*à nous. Voilà donc deux siècles que j*ai traversés en riant, sans en être plus heureux pour cela* Écoutez mon histoire.
M. Rocabra ayant été nommé capitaine de brecaillons, ses parens et lui-même voulant perpétuer le souvenir de l'emploi militaire dont il était revêtu, il ne fut rien trouvé de mieux que de le peindre avec le costume et les attributs de son nouveau grade; Gervonni fut mandé, et M. Rocabra posa seize jours de suite devant lui avec un tricorne cocardé, un bouquet de roses dans une main , une canne à pommeau d'or dans Fautre ; un haus$e--col au cou , et sur les lèvres un sourire forcé, que la longueur*de la faction fit par moment dégénérer en une grimace afireuse qui effrayait Tartiste. Quand je fus achevé on me couronna de fleurs comme un édifice dont les maçons viennent de finir le couvert , on m'inaugura dans la plus belle pièce de Tappartement , une fêté fut donnée en mon honneur, et un pique-assiette du temps, qui assistait au banquet, paya son écot avec dix couplets qu'il m'adressa. Tels furent les beaux jours de mon âge d'or. M. Rocabra mourut peu de temps après des suites d'un refroidissement gagné à une revue d'inspection dè mars, pour laquelle il avait été commandé en pantalon d'été. Je fus couvert d'un crêpe; et, sous prétexte que je renouvelais trop les regrets de la veuve inconsolable, on me plaça dans un corridor sombre à côté d un ancien plan de la viHe de Genève et en &ced'un autre portrait d'aieul, déjà relégué depuis longues années
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dsBs ce coin obscur. Là je devins pâle de poussière, me araignée tendit sa .toile sur mon hausse-col de capitaine, et plus d'une mouche fut prise à ma barbe et sous mon nez. M"^ Rocabra se remaria avec un veuf au bout de six mois ; suivant Tusage un chari^ vari eut lieu devant son logis, ce qui provoqua à tel point la foreur des nouveaux conjoints , qu'ils jetè-^ rent du haut des fenêtres, sur les tapageurs, tout ce qui leur tomba sous la main : dans un accès de colère M™^ Rocabra me saisit par le cadre et lança rimage de son premier époux à la tète de ceux qui trouvaient mauvais qu'elle en eût pris un second ; j^atteignis dans ma chute une poêle à frire, qui, par sa noirceur enfumée , altéra beaucoup le coloris de mes chairs. On me trouva le lendemain tnatin sur le champ de bataille , et je fos rapporté à M™^ Rocabra, le nez barbouillé de suie et mon cadre écorné. Émue du charivari de la v^e et de mon aspect aceusateur, l'épouse irritée ordonna à ses domes^ tiques de me déporter au grenier. Là, le linge sale et l'oubli me couvrirent et m'étoufièrent pendant cent cinquante ans; j'y serais resté plus longtemps, peut-^être y serais-*je encore^ si un artiste, enchanté du faire moelleux et suaçe de M. Gervonni , n'eût cherché à régnir tout ce qui restait des productions de ce grand maître, célèbre et mort de £adm à si juste titre ! Tous les Juifs du Léman se mirent en quête pour satis&ire l'amateur: j'ai dit que mon père m^avait donné soixante frères dans ce pays. Par les soins d'infatigables investigateurs, dix forent retrou^ vés chez des firipières, vingt dans des greniers, cinq
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dans des galètas : je fas de ce nombre , et nous somnles maintenant trente-cinq dans un beau salon à nous regarder tous en riant, des bouquets de roses à la main, attendant l'arrivée des vingt-cinq autres ; quand la collection sera complète et décrassée, notre possesseur se propose d'ouvrir une exposition chen lui, dans laquelle il prouvera le mérite immense de M. Gervonni, ce qui réjouira fort les mânes affamés de ce grand peintre, travaillant pour trois florins par jour (nourriture non comprise), et mort exténué à Besançon.
DE LA GOMITOMANIE.
Si le Comité de salut public a donné au mot comité une acception sanguinaire et cruelle , il £siut convenir que Genève s'est chargée de l'atténuer chaque jour; rien de si paisible, de si peu énergique, que la plupart des divers comités de nos corps diri* geans dans lesqueb le pouvoir s'éparpille et s'annihile peu à peu! C'est entre eux un conflit, un brouillamini, un imbroglio que rien ne peut égaler; l'instruction publique dépend de cinq ou six sociétés constituées pour s'entraver, se contre-balancer et enchevêtrer leurs divers attributs ; on ne sait auquel recourir; on est ballotté comme une paume ou un volant au sein de ces confiréries, animées du meilleur esprit, sans doute, mais dont les fonctions diverses
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âont si peu traudlées» qu*elles peuvent distinguer la nuance de leur autorité ou la dosehcmiéopathique qui leur eu est déléguée. A grand' peine un régent de village, au bout de trois ans de recherches, découvre-t'il le corps qui gravite au dessus de lui , et dont dépend la solution du cas qu'il veut lui soumettre.
Le même individu peut iaire partie d'une myriade de ces réunions, où tout se discute avec feu, sauf le point le plus essentiel; où, après quelques heures de délibérations graves, on accouche d'une quasimesure ou d!une demi-détermination, comme dans une consultation de médecins. Les institutions les meilleures s'embourbent ainsi dans des commissions, s'y enfidncent et disparaissent tout à Ëiit , après avoir surnagé pendant quelques années sur des flots de paroles, et sur un océan de préavis et de souscommissions. Un étranger de beaucoup d'esprit disait que chez nous la moitié du peuple était dans rc^dministration; le mot n'est point exagéré; car il Êiudrait une vaste capacité de cerveau pour connaître toutes nos sociétés dirigeantes, surveillantes, délibérantes ; et, depuis la Chambre des Etrangers jusqu'à la Chambre de netteté, on compte des chambres de quoi Étire un labyrinthe inextricable, ou tout au moins des appartemens capables de loger tous les Heimatfdosen des vingt-deux cantons.
Le pouvoir d'agir, ainsi tamisé dans les comités, se divise en firactions si minimes entre tous leurs membres, que ceux-ci, non-seulement ne mettent pas d'amour-propre à la besogne qui leur est confiée,
maU encore ne se seintent pas la titcxAiè de s*én octruper avec succès. Ensuite , comme }e désir de se mêler à tout et de tout fette quelques citoyens (respectables d'ailleurs) dans la comitomanit^ ces braves gens ont la cervelle pleine d'objets très-divers ; ils ne savent où donner de la tète , finissent par se perdre dans ce dédale administratif, s' endormant dans ^n comité, se réveillant dans un autre, et ipàcfois ne sachant plus au juste dans lequel ils se titm*^ •vent.
Puis chaque comité enfante des commissions et des sous-commissions, lesquelles se subdivisent et pullulent encore; et, tandis que notre horlogerie travaille À simplifier le mécanisme des montres , il semble que notre législation tende au contraire compliquer celui de Tétat.