‹ Œuvres choisiesChapitre 55 sur 84 · LE GI6ARRE · texte numérisé non relu

LE GI6ARRE

Bien que Ton fume également avec la pipe et 1^ cigarre , il y a cependant une éporme distance entre ces deux manières de brûler du tabac. Le iashionable peut se permettre le cigarre ; s'il se respecte , il repoussera la pipe ; le pourquoi de cet -usage , je ne me charge point de le dire au jus^, mais je dois le sir gnaler; car il est certain que tel fat, qui se montre sans scrupule dans le monde une feuille de Havane roulée à la bouche , n'oserait circuler dans la rue avec la racine d'ulm ou Técume de mer appendue à ses lèvres. Sans doute une pipe eptraîne avec elle la nécessité de la tenir sans cesse à la main , et quelr quefois de la mettre dans sa poche, après s'en être servi. De là peut-être quelque gêne, et l'embarras de porter sur soi un cratère noir , mal éteint, puant, qui peut embraser les vêtemens pour le plus, et les

èmpestor pour lé moins ; tandu qm le cigirre achtri se jette au vent , se mêle aox immondices de la Toie publique, s'ofire en tribut à la ferme des boues, et peut; par la dëcompo^tion de certaiossels, fournir une ressource pour la vëgëtation ; aussi je ne serais point étonné que Tesprit d analyse qui distingue notre ville engageât un jour quelque profond agro^ nome à enrichir Tun de nos recueils scientifiques .â*un article intitulé : Du bout de dgarre considéra dam ses rcÊppôrts açec T agriculture. Là nous yei^ rions combien de parties de carbone, d'hydrogène, •d'alcali opiacé, sont fournies à nos engrais par les feuilles de tabac roulées à Marseille , en Allemagne, à la Havane , etc. ; et même le grave chimiste pourrait nous dire quelle différence existe dans le résidu ^final de chacune de ces diverses £d>rications. - > Le cigarre varie de forme , de goât , d'odeur , 4p coplemr; il en est de longs, de courts, de gros, de .mraees , de jaunes , de noirs , de nuancés ; nuis sur*tout il en est de forts et de £adbles: lespremiei^s jouent de bien vilains tours aux apprentis fumeurs ; il est peu de ces messieurs qui n'aient éprouvé les effets nauséabonds de Tivresse dgarrienne, ivresse terrible, où la vie semble prête à s'éteindre , où le oœur agonise , où le teint pâlit, où Ton éprouve une angoisse indéfinissable , à peu près pareille à ceUe que procurent deux ou trois grains d'émétique ; il est impossible alors de rester debout : on devient mou coBune une loque, on s'étend sur son Ut comme im sp coucherait dans sa bière, et il semble vraiment qu'il ne reste plus qu'à se fiiire plier dans le drap

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funèbre , taitt ranéantissement qui survient parait devoir amener la fin de Texistence.

Le cigarre offre encore bien d'autres inconvénienst moins graves toutefois, dont je ne mentionnerai ici que les plus saillans :

1^ Vous avez un cigarre à la boucbe, et vous causez avec un ami , quand le feu de votre éloquence qui s'allume vous eitapêche de songer à celui de votre tabac qui s'éteint; puis, emporté par la discussion, vous ne vous apercevez point que vous aspirez une matière firoide, insensible, et que vous n'en retirez qu'une saveur âcre» qui vous infecte là bouche en pure perte*

2^ Vousrallumez votre feuille roulée; puis, iûir truit par votre accident, vous activez l'incendie qui en consume l'une des extrémités; mab voilà qu'auprès l'avoir ôtée momentanément de vos lèvres vousouUiez, en l'y remettant , quel est le bout qu'il convient d'y placer, et vous vous rôtisses la langue, tout en la saupoudrant de cendres chaudes.

3^ Après avoir allumé votre cigarre , vous négligez de secouer le morceau d'amadou qui vous servit à cet effet; ce malheureux morceau tombe enflammé sur le nœud de votre cravate , sur votre gilet, dans les plis de votre jabot, et le voilà qui perce à jour les ornemens les plus délicats de votre toilette.

4^ Ami de l'économie , vous fumez vos cigarres à fond, et n'en donnez à la ferme des boues que la plus petite partie possible, si bien que parfois vous ne rejetez ce dernier débris qu's^rès qu'il vous a préa*

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laUemenl grillé les lèyres et procuré une cuissoo et un dépit également violens.

5"* Enfin Todear du tabac « une Sois maîtresse de votre bouche, y règne en despote, n'en déguerpit qu'avec peine ; en dépit des gargarismes ialladeux, elle accompagne fidèlement votre haleine, et repousse, de compte à demi avec elle, les épanche* mens de Tamour et l'approche des nez dâicats.

Le cigarre, d'ailleurs, vous lance tout droit dam une étroite personnalité: on n'a pour lui aucun de ces soins et de ces égards que réclame une pipe; celle-ci est souvent costumée d'un gant de peau, enveloppée d'un mouchoir de soie , pour lui épargner le contact de l'air froid ou des chocs ûcheux; on la tient avec précaution , on s'intéresse à la façon dont elle se culotte ^ on s'y attache, on en tire une certaine gloire, on la vante. Or rien de tout cela n'arrive au cigarre , pour lequel il est convenu d'afficher le plus déplorable laisser-aller : on l'oublie à moitié fumé , on le jette s'il va mal ou s'il a un mauvais goût ; on le brutalise pour en élargir les pores et afin d'y faire circuler l'aspiration ; s'il est percé, on bouche sans élégance le trou vicieux au moyen d'un misérable chi£Fon de papier imprégné de salive : nombre de journaux du jour lui servent de compresse en pareille occurrence. Tout ceci me fait dire que le cigarre entretient Tégoïsme et l'insouciance de qui s'en sert habituellement ; il peut même nous initier dans la conduite d'un époux envers sa moitié* et j'aurai toujours une meilleure opinion du mari qui soigpe et bichonne son écume de mer, que de

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celui qui rudoie un cigarre. En maniant ce dernier, on peut pourtant déployer une certaine grâce : le petit-^maitre le tient délicatement ; il attire ainsi les regards sur une main potelée , sur des doigts effilés, sur des (Higles bien £aiits ; ses dents paraissent plus blanches, et ses lèrres plus roses , au sein des ondulations noirâtres de la fumée ; en vérité il peut y avoir qudque coquetterie dans tout cela. En ou«> tre , si la marchande de cigarres est jolie, on va les prendre chez elle un à un ; plus on en achète, plus elle vous voit d'un bon oeil ; et chaque emplette est un bâton nouveau adapté à Téchelle au moyen de laquelle on peut escalader son cœur et slnsinuer dans ses bonnes grâces.

LES PRISEUSE8.

Certains penchans , je dirai même certains défauts, tolérés chez les hommes, ne sauraient Tètre chez le sexe créé pour plaire. Chacun conviendra, en effet , que si la femme doit charmer les yeux et captiver les cœurs elle manque à sa destination en prenant du tabac. Quoi de plus disgracieux chez elle que cette malheureuse habitude ! Que penser de ces jolis nez barbouillés de Macoîiba ou noirs de Saint" Vincent? N y a-t-il pas là de quoi effaroucher toute la classique nichée des amours, et, dans les innombraUes romans qu'étaient à nos yeux les cabinets

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littéraires, voyons-DOus une seuk héroïne entachée de ce goût pervers? Non , le sentiment et la tabatière , comme Veau et le feu , ne sauraient s'unir et s'identifier , et je suis assuré que la passion de rhomœe le plus exalté s'éteindrait à Taspect d'un nez fiirci de tabac ; cette passion , qui aurait résisté aux remontrances , aux avis , aux menaces , aux coiitrariétés, à l'absence, s'évanouirait devant une prise ou ses conséquences âchenses parfois.

Voyez ausdi la répugnance qu'éprouve toujours une jolie femme à l'aspect d'une tabatière ! C'est là le premier mouvement de la nature : c'est celui-là seul qu'il faudrait suivre ; mais le second , et qui a un attrait bien grand , c'est la curiosité. Cette jolie iemme veut se rendre raison de son dégoût , savoir quels charmes l'homme peut trouver dans cette aspiration singulière ; elle approche, en souriant, ses doigts potelés*. hélas! la voilà dans un précipice dont peut-être elle ne pourra plus se tirer ; car on peut , au sujet de cet entraînement , parodier ce que Boileau disait d'une passion moins funeste :

De prendre du tabac alors que Ton s^avîse , Une prise toujours amène une autre prne ; Et, vers la tabatière avec force entraînés. On n*en peut plus sortir dès qn*on y met le nez.

D'abord elle veul se cacher à elle-même son pe^ tit penchant pour cette poudre qui fut l'objet de ses dédains ; puis elle y cède, et, si quelqu'un prend une prise à côté d'elle , la voilà qui écomifle la boîte du v^Âsin. On se rit de son goût bizarre , on lui en fait la guerre, enfin, on veut le lui interdire...; 0ht-

pour le coup, elle estpriaeuse; défendre à une femnie rhabitude vers laquelle elle se sent portée, c'est Vj enfoncer jusqu'au nez. Cependant ses premières tabatières sont d'une forme décevante ; elle fait d Sabord des concessions aux convenances, en mettant ;son tabac dans de jolies bonbonnières en écaille ; mais peu à peu ses boites grandissent avec son penchant, et, enfin, elle étale sans pudeur des tabatières en buis de Saint-Claude de la dimension la plus effircmtée. Elle s'endort dans sa honte , tient sur ses genoux ces témoins de la perversité de ses inclinations , les porte dans son sac à ouvrage , ne saurait s'en passer nulle part , et présente hardiment aux yeux ébahis son affreuse habitude dans tout son scandale. Voilà l'histoire , malheureusement trop vraie , des priseuses naissantes. L'âge arrive ensuite ; et quelques prétentions qui luttaient encore , mais faiblement, ayant cessé, il n'est plus de bornes au mal , qui s'ac*^ croit chaque jour. La priseuse offre alors un spectacle que je craindrais de peindre s'il n'était pas û fréquent. La voyez-vous le visage barbouillé , le nez reluisant, humide, enflé! Contemplez cette place que la nature embellit en la rendant proéminente, cette poitrine, ancien asile des grâces, couverte d'ajustemens souillés! Examinez le pouce de la main coupable empreint de vestiges accusateurs! Quel tableau !

J'étais dernièrement dans un bal où se trou« vaient réunies toutes nos jeunes beautés; au milieu de ce folâtre essaim, une dame d'environ vingt-cinq ans , brune , fraiche et vive, attirait les regards de

DOS fiidiionables. Cette dame avait Tair préoccupé; à ses gestes d'impatience on pouvait aisément deviner qu'elle était vivement en peine. C'est un amant qui se fait attendre, disait l'un ; non, disait maligne*ment un autre ; n'aves-vous pas vu M*** danser le galop avec Mlle W***, et ne le voyez-vous pas encore adresser à celle-ci des choses flatteuses sans doute? L'inquiétude et le désespoir semblaient redoubler chez notre jeune dame, qui ne s'apercevait pas de nos regards scrutateurs, et qui, dans son agi"» tation, paraissait vouloir^ à tout moment, se précipiter sur quelqu^un. Elle a oublié sa tabatière ! m'écriai-je , frappé d'une in^iration subite ; et , m'approchaot soudain de la dame, je lui présentai la mienne. Elle rougit d'abord, tant il est fâcheux pour une femme d'être devinée ! Il y eut chez elle hésitation marquée ; on l'observait , un vice allait être mis à nu ; n'importe, l'habitude triomphe, et la voilà plongeant avidement les doigts dans ma botte. De toute la soirée pas un homme ne l'engagea à danser, et quand elle voulut se procurer ce plaisir , elle fut forcée d'avoir recours à son mari, pis*aller parfois désagréable.

Si du salon nous passons à l'antichambre , trouverons-nous rien au monde de plus désagréable , de plus dangereux même qu'une femme de chambre qui prend du tabac , sans parler de la contagion de l'exemple? Qu'on ne s'imagine pas qu'il soit un remède à cette passion désolante ! une fois poussée à cette extrémité , rien ne saurait la vaincre ni la modifier; c'est une fureur, une rage. La priseuse à qui

Ton a fioustrak sa tabatière, c'est la Uoiine à laquelle on a rayi sa progéniture : poinct de bonheur, point de repos / avant qu'elle ne lui soit rendue! La malheureuse y au sein des plus grandes douleurs, tient encore sa tabatière sous le chevet de son lit, et quand ses doigts glacés ne la cherchent plus, ne conservez aucune espératice.... la mort est là.

Honte au^ malheureux qui importa la nicotiane aur le continent européen! Je n'ai certes ni la pré^ tention, ni le plus faible espoir de détourner aucune femme de cet abîme ; tout ce dont je me flatte, c'est que mesdames les priseuses , durant la lecture de cet article, s'abstiendront d'ou^iir leur tabatière : je leur en saurai quelque gré*

DBS MEMOIRES CONTEMPORAINS.

Si les muses furent appelées les Filles de mémoire , notre siècle pourrait à bon droit réclamer le titre de Père des mémoires. Comme un cratère , la casse des imprimeurs a vomi les secrets des ménages, les intrigues des boudoirs, les tracasseries des cours. NoUes, forçats, femmes galantes, ministres, valets de chambre , chacun jette sous la presse son paquet d'anecdotes gaillardes et son sac d'aventures scandaleuses. Chacun se croit digne de poser moi*alement devant le public et de le mettre dans la confidence de ses actions. J'ai cru voir arriver le

moment où Toa n*aurak phis dit d'un komiM : U a eaisU tant d'années, maiaiZa vécu tant de volumes; car les jours qu'il aurait passés sur terre auraient été infailliblement représentés par le nombre de feuilles qu'il aurait £aiit paraître.

Sitôt qu'un individu se trouvait avoir respiré durant certaines circonstances remarquables , ap^ proché ou des hommes célèbres , assisté comme acteur ou seulement comme témoin à certains évè-*^ nemens , vite il ramassait quelques notes succinctes de souvenirs confiis , s'emparait d'un jeune écrivain commençant, et confiait àcettebouillanteimagination le soin d'enjoliver les récits, de créer des détaib, de combler des lacunes , de féconder les plus petits incidens , en un mot de teindre les informes maté^ rianx qu'il lui confiait. Puis, suivant que les premiers volumes du Tacite bourgeois étaiént bien ou mal accueillis du public, le teinturier tirait à la filière les destinées de son héros, ou en tranchait brusquement le fil. La vie de l'homme illustre dont il se &isail le Plutarque était identifiée avec son succès de vente. Si elle ne trouvait pas d'acheteurs, crac , on tordait le cou au héros sous presse , on Tétouffait dans un ou deux volumes, et ce consommé de son existence, qui restait invendu , se nommait on bouillon en termes de libraire.

On ne saurait se figurer combien ce genre de spéculations a réussi de nos jours : tel individu , qui n'avait rien valu en réalité, a raj^rté, imprimé, des sommes énormes aux libraires, et il n'est pas jusqu'à Vidocq qui n'ait, jusqu^à un certain point,

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WÊKgOOêÊS.

expié sa Tofe fidta mt les grandes routes par le bénéfice que ses Mémoires ont procuré k ceux qoi les ont vendus.

Ce n'est pas tout : on a évoqué les morts, on les a tirés de leurs tombeaux, on leur a mis la plume â la main, et, bon gré mal gré, il a fallu qu'ils rédigeassent rhistoirede leurs feits et gestes ; de cettemanière, on leur a £atit des réputations d'écrivains qui , pour être posthumes, n'en sont pas moins fort jolies. On s'est emparé de leur existence, on l'a corrigée, augmentée, bien certain qu'ils ne se présenteraientpoint pour controverser l'ouvrage ou pour y ajouter le plus petit erratum. Eu vain les parens et les amis des fllustres défunts faisaient-ils un feu de file de réclamations et de démentis ; plus l'ouvrage motivait de scandales, plus il était lu ; car l'on sait qu'un procès en calomnie est maintenant le plus brillant moyen de succès .matériel pour le livre nouveau qui vient de le subir. Grâce au Ciel, ces turpitudes, dévoilées de toutes parts, n'osent plue se produire avec autant d'impudence ! Les bourgecns se persuadent maintenant qu'ils peuvent vivre fort heureux sans publier eux-mêmes leur biographie : qu'il n'est pas absolument nécessaire d'admettre le public dans leurs appartemens et de faire un forum de leurs salons ; que leurs petits débats et leurs petites entreprises ne valent point rhonneur d^occuper la grande scène de la publicité , et qu'enfin il vaut mieux cacher sa vie que de la jeter mal à propos sur les rayons d'un libraire et au nez de ses contemporains.

A l'époque où là manie que je viens de peindre

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était dam toute sa force, an habitant d'une petite TÎUe de province fit à mon libraire la proposition de lui vendre un manuscrit contenant le récit de sa ▼ie , moyennant le ]»ix modique de deux cents louis.

Voici les sommaires des deux premiers chapitres de cet intéressant ouvrage :

«Quelques anecdotes sur ma famille; je viens «au monde à sept mois; ma nourrice, ma marraine «Goihon, ma tante; on me sèvre à neuf mois; ma «première dent de lait; je marche; ma chute; un «toquet; on me met les culottes; mon embarras; «mon cousin Louis; je suis fouetté; trait de génie «précoce; je tombe dans un puits; mort de mon «digne grand père; affliction profonde de toute la «famille ; je pleure aussi ; mon extrême sensibilité.»

«J'apprends à lire ; Técole ; on me met le bonnet ^dâne; mon désespoir; quelques mots sur mon «régent; je suis chassé de Fécole ; mes réflexions; «je pars pour la capitale ; tendres adieux ; ma cou- «sine Flore; je vois Louis XVI, j'entends parler «Mirabeau, je suis salué par Lafatyette, je suis cou- «doyé par Barnave ; le perruquier de Louis XVI et «le cordonnier de Bonaparte me font de la tête mhv ^ pieds le portrait de ces deux personnages; je me «glisse dans une antichambre de Napoléon; coup «de pied reçu; je me venge; je suis Tobjet d*un «vaste complot; persécutions inouies; confidence^

PREMIEE CHAPITRE.

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