‹ Œuvres choisiesChapitre 69 sur 84 · OB LA SOCIETE DES IMMOBULBS · texte numérisé non relu

OB LA SOCIETE DES IMMOBULBS

Il existe , dans nùtre î ^ne coterîe éô §pw âsse^ âonlltriuM^ qm, pénéti^ d'tm immiiiiblè resr {i€ftt pour lés ^ei^esiaètitiîtioii^ )et les u^gea aoU^

qii^efle puisse êtr^' d^ailleQM. Cette confrérie , qné j'appelleMi la s-irrite-aux Éiofô dè gafl , 'rapeûr , poot de-i^i de fer , eiisei|g^pe^ méDtifiràluel ,^lHlK)gitphié, elc» / ely n a pas «Dcore ptt'sê &iéîlia«$eravfec Vidée dè ia Vacciner, si preof été mh parti la déceitvcste dé la bdMàolè , ias/* trumei^tqui, suivant' ëtlê; a .étéia cause de beaoccntp de-malhèttrst paV l 'assurance quHl a ^d^miée aux nairigatéurs>eties naufrages qui^en opt été la itaite/

; Ces bonlMs géns se cabréiif contre les prc^irès 4ies sckmjsaet des^artsvqn'ils regardent conmc in^ tfc^patibNs le bonkeûr ^ là tranquillité de$ étits i sumnt'eux , Tesprit est remuant et le géniu dangereox. Sans oser en conyemr à haute voix , ila ne sont pas ic»rt éloignés de préconiser la stupidité et d exalter Vignoraqce. Ils slndSgnent à Vidée de vùBhnr' 'faire ide^ notre ville un ^oyer de l^nlièrès et de pensées libérales; ils ne peuvent souffrir qu'on parle de Genève ; ils voudraient que le monde entier ToubUât ; et, s*ils en étaient les séuls habitans, leurs èésirs èi iét égard seraient bientôt comblés. La noù-r tsHe «de la création d'un* joômal dans notre vilki étaét tiénue i se répande parmi eux , ils ne vou--

hirent y croire que AorBqtie le prospectus àn journal même eût ëté ions \ alors la consternation se peignit sur leur visage ; ib sentirent la nécessité de se communiquer mutuellement leurs craintes sur cette entreprise éminemment périUeiise*

Ils fixèrent une réunion c^iez le dtoy» 4e letir Société ; et c'eA le procèsrTerkd de leur séance jcjue je transcris icit lequel m*a été remis par un de leurs fiiux irères, car il se trouve de ces gens4à partout^

La salle témoin de leur assemUée éuaât tapissée de toiles peintes représentât des costumes turcs et chinms, qui, c(HDS(ie on le sait, sont les mêmes de« puis des siècles ; la séance ayant lieu dans la soirée « le lîQcal était éclairé par quatre lampes égyptiennes trouvées dans une des pyramides. .

Tous les membres de la Société étaient t^us à la yieiUe mode ; parmi eux se trouvaient des bottes à revers « des culottes courtes , des catogans « des chapeaux à trois cornes, des tresses, des queues^ des perruques à marteaux, des parapluies à cannes ^ des manchons , des boucles de souliers en argrat , des gilets à pans battant les genoux, etc*, etc. Bn un mot, on se serait crû trsmsporté dans le moyen âge en se trouvant Su sein de cette antique confrérie^

Le doyéte, qui préaidait la séance, l'ouvrit en ces termes;

Messieurs ,

Vous savea que les répuUiques les plus heureuses sont conmie les filles les plus sages r celles dont on ne parle ni eû bien ni en mal; Tobscurité âit k

boôbeiir d'un ^tat ; et, safna reiFtiÛp aur ces maxiiMet fimdametitâles de TtoMnoUlité , dont je tous crois suffisamment imbus , je viens gémir avec vous sur le prospectus du journal de Genève, que voici, et aviser aux moyens d'étovifier , dès son origine, une entreprise qui pe tend à rien moins qu'à donner de réclat et de la publicité à tout ce qui se fera parmi nous , et à propager des entreprises nooveiles qui feront ouUier les anciennes < auxquelles nous som** mes si inviolablement attachés ; (mouvement dan^ rassemblée); que chacun de vous donc, messieurs, voie dans sa sagesse quelles sont les démarches à faire pour arriver à un but qui doit nous être commun, cielui de renverser ce projet audadeux et subversif de nos principes. »

Un membre demande la parole pour proposer ^oe, préalablement à toute oHérieure discussion, chaque assistant prête le serment de ne point s'abon^ ner au susdit journal ; car , ajoute-4-il , l'argent est le nerf de toutes choses , et si nous pouvons rendre l'entreprise du journal ruineuse pour ses rédacteurs, nous travaillerons efficacement à la chute de la nouvelle feuille.

Cette proportion est adoptée ik Timanimité, et le serment prêté dans les formes voulues» Un niembre, aqpr^ avoir obtenu la parole, dit qu'il faut établir èt Tordre dans l'attaque qu'on va firire au joulmal genevois \ il propose donc que les plus éclairés de l'assemblée crîti^foeot le sens même du journal , dès qa'ilaiira paru; que les puristes s'acharnent sur les solédsmes et bmrbarismes qu'il pourra contenir ; iM

to&àyqae la majonté de la Société relire lût pémti oubliés sur kis i, 1^ lettré^ manquéeï àiUmpim^{ao> et ks £siutea de ponctuatiôm

Cette iMTopositiaii eA accueillie av«c des tr^iw gaemeiis de joie ; deux membrea sont élus pour c)ritiquer le senïs du papifir , troià ^our aîgikaler Ite butM de.gramviai», etcept4)UBdre-vii)gtr^uatrégpDuriaiir4 ôbserre^. avec 2âgi!eur les paitits, oubliés siir ies ^ ka virgules manquantes ^ et ka lettres: tcmbées à L'inii^ pression*. . . : • ^ . '

. Chacun devra , dans sa coterie hf^tufriki^renit j^lir les foliotions importantes qui TknneM de lui être assignées^ : : / ^

Un membre qm se lève sans qu oh s*én apem çoive, vu sa petitesse, demande là parole d^ube Toix si Êiibk qu'il n'est ppintventendu; ks contorsions yiokntes. qu'il fait dans un Coîn-sde la salle le f&ot enfin remarquer i k par<^ lui est accordée, et il s'exprime, ainsi sur un ton de &usset très-prononcé :

Messieurs,

H C'est toujours avec chagrin q«e )é idens acen-» ser mes confrères dans cette assemblée ;, mais , plus oe devoir m'est (iéfaihk , plus il doit être honorable et méritoire pour moi de m'en acquitter. Oui, mes^ mv^s V lùe promenanK dimanche dernier aûx {|âquist k curiosité et le bruit me con4uisirent au tir dii hisil; là^ je vis notre collègue N... se servant d'une arme dont la platine était à muriate, innovation d'au-^ tant, plus dangereuse, qu'elk tend à perfectioàner nn prinçipe de destraction parmi les hommes.

y ai vu de même notre sociétaire K.«. montant à bord du Pf^inkebied pour alkv à Lausanne* quoiqu'il y eût , au moins , quatre voitures lentes qui attendaient des voyageur^ sur la place dé Bel- Air. Je demande donc que , conformément nos stâituti, MM. K... et M... soient rayés du tableau de la Société.

. Messieurs K.^é bt N/..; présens à Tateeikiblée^ sè lèvent ; et se disculpent de leur mieux deraccnsatiicMk qui vient d'fitre portée conti-e eùk ; et, après la pro^messe que Tun fait de ne plus se servir que de mousquetons à mèche, et Fautre de ne plus voyager qa*en chaise à porteurs » tous dieux sont vivjement admonestés par le président , <j[ui opine cq[>eiidant à ce qu'ils continuent d^étre membres de la Société; proposition qui est accueillie après d'aâsex yi& débats» M» le président avertit, rassemblée qu'elle devra 8» réddir. dans la quim^aine pour eiktendre le mé^ moiré &k par M» Embourbé^ membre de la Société, sur les moyens d!entraver les progrès de Tesprit hwoain.

LES EMPAUNTEIJRS.

Singulière classe que celle de ces gens^là ! Quand le commun des morteb a besoin de travsîil et d argent pour vivre , les emprunteurs n'ont besoin que d'avoir des amis ; ils exploitent rattachement qû'îb in^irent; le dévouement leur donne h, boire et IV bUgeance leur fournit à manger; leur bien^tre est alimenté par la philanthropie sociale ; ib vivent aii;K finais des vertus de l'humanité , et leur caisse se trouve au sein de tous les cœurs sensibles et généreux. Rien de si poH^ de si aimable qu'un emprunteur du bon ton ; il y a presque plaisir à lui confier de l'argent, car s*il ne le restitue pas en espèces, il le remboursé en bons procédés.

n est convenable pourtant que chacun sache que je ne parle point ici de ces honnêtes industriels qui, voulant accroître leur commerce, viennent gauche* ment vous inviter ï leur en fournir les moyens ; de ces prolétaires grognons , mécontens de leur sort, qui solKcitent un prêt sans goût ni grâce, et qui comptent stupidement vous le rendre avec le produit de leur activité ; ces gens-là ont trop peu de chances de réussir dans leurs démarches embarrassées pour que je les range au nombre des emprunteurs dont je parle ; ils savent trop mal s'y prendre , ils sont trop peu coutumiers du &it, ils sont trop peu dangereux, pour que je m'occupe d*eujL dans cet article.

Je j[>arle de ces gens à manières agréables , auxquels il n'est resté de la maison de leurs parens que

WffOSSMS. VU

rëducatioii soignée qn^ik y reçurent ^ qui ont aoldé gatment leur patrimoine, et qui , après avoir mis i sec la bourse paternelle , s'insinuent avec politesse dans celle de leurs amis. Ces personnages4à sont presque toujours nomades, et traînent après eux une queue de créanciers , comme la comète des sillons de lumière. On conçoit du reste pourquoi ces messieurs aiment lés Tdjages : la lettre de change au plus long terme finit pourtant par échoir, et c'est pour éviter des contestations, qu'ils paient leurs dettes comme les Parthes combattaient autrefois, c'est à dire en fuyant. Ils sont assurés de laisser partout des scHiTenks et de vivre longtemps dans les mémoires qu'ils <mt oublié d'acquitter ; car qu'on ne s'imagine point qu'ils, empruntent ici pour payer là ; non, les prêts servent à leurs plaisirs, et leur crédit satis- £sdt à leurs besoins ; ils marchent dans le monde un pied sur des emprunts et Tautre sur des comptes h payer* L'argent de leurs intimes ne passe point dans les mains de l'artisan, et le cordonnier peut user ses scMdiers à venir en vain réclamer auprès d*eux un compte de bottes. X'habitude qu'ils ont contractée de ne payer personne leur a donné une aisance admiraUe pour éconduire tout le monde; c'est avec des Cormes charmantes qu'ils renvoient un créancier, et celui-ci à besoin de réfléchir dans la rue au désagrément d'avoir repassé la porte sans espèces pour éprouver quelque désappointement.

Avant de songer à pécher dana votre caisse» l'empnmtettT s'entoure à vos yeux d'une atmosphère 4!iniertnne8| d'une auréole dé pitié, il s'enduit d'un

rèrais dHntérét i le ' pk» sanrâxt deèt tme Tiçdiké poUtsciM qui se dit petsëcvIée poiiF aeiribftt^

un malheureiHL rongé par tL'àffirenxi^fabgti»; qu'il ne veut point vous confier pour s'épso^goer dés frais d'imagination, on. pour éviter ^dès ^ina^^ar^ nismes et des contradictions dans ses- récifs. C't^ quelquefois une haute misère, un grand nom: dé* pouiUé de sesr titres et (ce: qui est bien pkispitoyablê) dè ses r revenus , qui se ^ cache sous un mystérieuse pseudonyme; c'est nn enfant de famille'entfainé païf la:iouguè dt: l'âge dans un dédale d'érrelirs^ .où?ii ot mangé ses rèssottrcès de Jeunesse; mais iqiii est àla veille d'hériter des. biens immenses de ses ndiles an», cétres» Hélas! jë puis dire comme. Lém^e^dans le CcUtfe de Bagdad ^ J'en m tant ^utt t€mttm \ qiie je ne pense point que Protée lui-^dme pût prendre autant de formes que l'«rapruhteur peiit^revétir.âé positions diverses ^ déployables»

Puis , quand il vous^^ a ému par lè tabieiau de ses douleurs, la demande de.son prêt surgiiauinilied de votre atte4drissement ; etÎKoilà qu'il vous arrâcbe dès larmes ètdes écustbut à la fois^ Ocmiment, après avoir cômpati'à ses chagrins, pourrtcz-vousrefasei' de les adoucir ? Gonibient , quand il vous -^ pèintila dureté etT^oîsm^e^es hommes^ pQurriea&^vonsica»« sentir à ce qu-il vous mit^u rang de ces ètreb vilset sordides qu'il vient de stigmatiser ? Commeiitv Jor^ qu'il a &it un pompeux éloge de votre- bon coeur; de votre générosité:, voudriez^vous:donner un. démenti brutal à là bonne opinion qu^l a de yovs? Comment fermer, vqtre bourse i:^ui'voas. al ouvérl

son âme avec tant d'éloquence et d'abandon? Non, il toodie. tddt ensemble yotr^. atnr et vos espèces; et le traître s*en va, pendant qu'il est encore en irerve^ faire devant quelque antre lob^rd ^Meiti itntë la répétitiGoi ^ cette sèènet déchirante et prpdiictirei Quelquefois* c^est tp faisant . un élogp ùutté. idt kurs bîeiiÊiitaurs qu^ les einpiruiitéiirSiTons exoiteiH à prêter D:otts-nkème.; vous êtes fiéilétré de TexagérAr don de ienr reconnaksante ^ de la virulence de It^ts gratitude, et yao&TOtts laiâsé&^aUer fadles^^ Il okfigtr' cdui qui censekre un so^venii- aî .vif des secours qu'on lui a donnés; yotre a^urrpropiie s'éniept 11 l'idée ^'.être loué avec, tant d'énei-gie; dût-âl vous en c<>ûter Cher , vous^acJifstez ejiTpI^U-^ géant. cette réputation die philanthrope qu'il distrirr hue à d'autres » H àçnt vpus êtes jaloux ; vou$ V^-^ tendez ^ui s'écrie ; Oui, jaùn^ ^ publier le nopt du mes bienfaifewfs r de ces soutiens de t humanité iOfim prises meo linfortunel et vpua vpus^ dj^ide^ i ^re coiApris dans cette puhljkration, qu^ peut devenir dis^ p^xdieuse pour vous, inajû) qui« ^jçoifp sûr, es^foi^ hicmorable* i ■ < ; , . .v. .

> En, v^té, \t V0U4 le disi mei? frères^ :si ypus pçur lies engager. la fierté dç x^s emprunteurs de hp^^ recevoir fComffu» cado^u ia, mpiti^ ck; i^wn^l que vouf kiir acccordefs cpi^ppe-pr^^,; vo^s g^gii^f^ tK^ javnos ; wiqmf^ pour, ï¥^ *yeç eu;i ; Tptï? rite sflrait plpf grai94 • TPtre dépens^ |^l>is,pet;ite ^ et vos mécomptes nuls* ,

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