‹ Œuvres choisiesChapitre 80 sur 84 · LA SOUPE · texte numérisé non relu

LA SOUPE

Si les voytms établis à nos trois portes sont les premiers officiers civils de Genève pour les personnes qui y entrent , la soupe est de même le premier des mets pour des convives qui viennent de s'attabler; c'est celui qui s'o&e d'abord à leur vue, qui frappe de suite leur odorat et leur goût; c'est Tavant-garde culinaire , le ballon d'essai du marmiton, l'aurore d'un festin. Elle domine le centre de la table , d'où ses émanations bienveillantes se répandent en tous sens et rayonnent dans les narines écarquillées de l'épicurien. La soupe est la cocarde d'un diner ; elle annonce l'état pécuniaire de l'am* phitryon qui le donne; c'est l'enseigne gastronomique du savoir-faire de ses gens ; aussi cette partie d'un repas ne saurait jamais être trop soignée. Car si les premières impressions de l'enfance sont celles dont on garde le mieux le doux souvenir, il en est de même de celles d'un banquet. Une soupe Inen conditionnée prédispose avantageusement les con-^ vives; d'ailleurs le palais, vierge de sensations, déguste avec finesse le premier aliment qui lui est soumis; la bouche, pour bien juger, est alors en

puissance de toute la plénitude à'\m tact que iten n'a défioré. C'est pourquoi , je le répète, la soupe a une grande influence sur Tarréttpie devront porter, touchant votre festin, les jurés mangeans que vous y avez appelés. La soupe est le portail d'un bel édifice où Ton entre , les premiers arbres d'une avenue qui conduit à la satiété par l'abondance ; elle ouvre l'appétit sans l'apaiser, aussi excellente par le goût qu'on lui trouve que par la perspective savoureuse qu'elle fait entrevoir. C'est un voile diaphane , au travers duquel l'imagination du gourmand aperçoit confusément une série de jouissances: c'est le premier jalon d'une route charmante , qui traverse deux ou trois services pour arriver au dessert, route où l'on marche du pas qu'on veut, sans jamais manquer de parvenir au but, et dans laquelle on ne t^^rs^ qu'alors que Ton veut boire.

Voilà la soupe telle que BriUat-Savarin la concevait , telle qu'elle devait figurer dans la phyàiahgie du goût, ouvrage plein de charmes et de naturel^ de l'illustre professeur de l'Ain. Quant à là «oupe des prolétaires, c'est la fille unique de leurs repas; elle est l'alpha et l'oméga de leurs jouissances cnli^ naii^es, le cercle étroit où s'assouvissent leurs be* soins, le liquide pâteux où s'erabouri>e tout leur ap^ pétit; mais c'est justement pourquoi je la préfère aux soupes des' petits ménages bourgeois , qui 60u>vent se permettent de la négliger comme accessbire , tandis que l'ouvrier la lait comme un tout nourris^ sant, sur leiquel convergent ses soins; il faut voir combien la soupe de certains villageois est consdeo-

deusenient élaborée , éomme Taïqpect en est suave^ J'odeur appétissante; le coquemar n'y a point jeté •a nuisible influence.

Qui ne sait que les anciens patriarches, moins raffinés que nous dans leur cuisine , mettaient un immense prix à une bonne soupe? au point qu*Ésaâ troqua son droit d'aînesse contre un potage aux lentilles.

Mais ai les campagnards ne mangent que cek , il faut convenir qu'ils en mangent beaucoup ; Toyezquel t>ot énorme chacun d'eux tient à la main ! quel liquide épais, et comme il dÈsparait tout entier ! Ce vase pleto^ qui rendait un bruit étouffé, retentit en moins de rien au choc de la cuiller d'étain, de cette cuiller qui naguère se tenait droite au sein de la Julienne morale, et qui maintenant réscmne dans le vide comme un tocsin ; il ne semble pas alors qu'un homme qui a englouti cette somme d'alimens puisse respirer avec aisance ; on le croit étouffé sous les pcnnmes die terre, étranglé par les raves et le pain trempé , suffoqué par les énormes doses qu'il a absoi4)ées de tous trois. Eh bien , pas du tout ! le vcSlii regardant le fond du pot avec douleur et convoitise, et ses yeux avides disent asses q«*il y a encore de Ja place dans son ertoraac.

La soupe est toujours dans les grands repas accompagnée de la prudence , de k décence et du silence même des convives ; c'est le montent où chacun observe son voisin , avant de se livrer à lui. Le premier prurit . de Vappétit à satis&ire lutte avec la démangea]S<Mi de parler ; à coup sûr , ce n'est pas de

ESQUISSES

la soupe qu'Horace aurait dit : elk délie la langue; au contraire , elle reuchaine ; elle n'enfante ni les aigres propos , ni les disputes ; rarement même elle en est le témoin ; les gravelures, les contes joyeux , sont en arrière de ce premier plan du iestîn; son règne respire donc le calme, la réserve et la paix; c'est râge d'or gastronomique : aussi lorsqu'on invite quelqu'un à sa table, pour lui donner une idée favorable de sa moralité, on lui dit de suite : Venez manger la soupe açec moi, tel jour; vous l'entendex, on ne dit pas : Venez manger mon rôti, mà viande , mon légume ; c'est la soupe qu'on met en avant, parce que , je le répète, ce mot n'éveille aucune idée de désordre , d'effervescence , 'd'incon*duite, mais , au contraire, celle de la tranquillité et de la convenance ; cela est si vrai , qu'on^ dit encore dormir comme une soupe , et que , dans cette ^ure métaphorique, on la £aiit le symbole du répos* Elle s'installe sans &çon dans tous les régimes, elle n*est repoussée par aucun docteur, c'est une amie des estomacs appauvris ; elle est complètement inoffensive , et si on la mange la première dans un repas , c'est aussi la première chose qu'on se permet de manger dans une convalescence* La soupe à T oignon dissipe les fumées du vin, chasse le sommeil, ravive la gaité, et souvent elle fut appelée avec succès à la suite d'un repas , quand la tempérance en avait été bannie.

Enfin, la soupe est lé seul soutien de l'indigence ; a-t-elle besoin d'un autre titre pour devenir intéressante à nos yeux ? Quand de pauvres Savoyards

K8QUISSBS.

mouraient de £adm en 1817, non loin de nos fron* I tières, nous leur portâmes de la soupe, afin de sou-

i tenir leur existence; et cette doupe, ils raccueilli*-

rent avec plus de joie que l'indépendance dont on I Yient de vouloir les régaler. Ce qu'il y eut de plus

agréable encore pour eux , c'est qu'aucun d'eux ne fut fusillé pour en avoir mangé. En a-t-il été dé même de ceux qui ont voulu tâter de la gamelle de Ramorino?

DES VÊTBHENS.

Combien de hauts seigneurs à physionomie basse! combien de riches à pauvre tournure! Philopœmen , victime de sa triste mine , fut enga^ k fendre du bois : n'est-il pas bien des personnages importans qu*on inviterait à en monter dans nos greniers, si l'on ne voyait que leur tournure et noà les habits somptueux qui les garantissent de pareils affronts? Ces accidens , f&cfaeux pour les sommités intellectuelles , ont été prévus dans le régime militaire , où la valeur est étiquetée , le savoir numéroté par le moyen de galons, d'épaulettes, de haussecols ; car tous les chefs ne pourraient point se couvrir, sans inconvéniens , de la simple redingote grise et du modeste chapeau à trois cornes du petit Capor€il. C'est peut-être pour éviter de semblables méprises, que les grands de la terre ont inventé les livrées dottt ils décorent leurs laquais, afin d'échapper aux pé-

WQU1S8ES.

nibUs inadvertatices de ceux qm prendraient sans cdb ks maîtres pour les domeatiques de la loai^ «on« ou bien qw s'adresseraient humblement au cocher de M. le marquis, croyant parler à M. le marqikis lui-même. L'homme est trop dupe des ap^ parences pour qu'il soit prudent de les négliger avec lui ; ausrà je reconnais l'importance d'un tètement {HTOpre et convenable « et je ne suis point éloigné d'approuver la formule suivante, adoptée au bas de certaines cartes d'invitation pour des bals d'artisans: mise décente est de rigueur. Il est des gens qui me* surent à la toilette d'un inconnu la considération, l'estime, qu'ils doivent avoir pour lui. 3ans donner dans un semblable travers , je pense pourtant que la foxipreté extérieure d^un étranger est , jusqu'à un certain point, l'expression de qualités très-agréables k présumer en lui. Qui ne considère d'un œil mal disposé ces personnes souillées de macules graisseuses, dont les habits ^ qui ne furent jamais brossés, conservent l'empreinte poudreuse de l'été jusqu'au sein de l'hiver , dont les boutonnières , à points saur tés , et fendues outre mesure , n ont pour vis à vis qu'un bouton pendu à un fil , ou qui a disparu laissant l'anneau qui le retenait mtouré d'une trace blanchâtre , aturéole qui atteAe un ci^evant frottement? ces gens d<mt les gilets écartdés, plutât qu'ouverts , montrent un jabot qui étrie knpudemment sur ses plis des taches de toutés coulelirs et de tout format? ces gens dont le pantalon mal retrau noîls angoisse, parce qu'il semble veuf de bretelles « et qu'il tomberait sàns les coups de mains fréquens

qu'on Im. ^hmne pour le retiioiltel*? Noo , il &ut en con¥eiiir« laâpeet dé ces persoonegesr-là jette sur eux une tri^e défaveur; il faut itre bién persuadé de leur mérite pour les regarder sans dégoût; l^ava*^ rkè richement drapée perd, du moins, en. public, sa crasseosq nudité; le ladre rend^ par Hiypocrisie de son luxe extérieur, unhomitaageaiixoonveQaiKes»

Mais qui n'est tenté dé pouffer 4^ rire en voyant ces cftoyens riches à millions qui font revivre sut* leur échine la butane de leurs ancêtres, qui glisseqt leurs cuisîsès -dans des culottes du moyen âge , ou qui en àont encore à se draper de la gaitdei*obe>dé leur grand^re, laissant intacte celle dpi papa? N'eskâl pas plaisant de coMempler^c^ représentatif vivant des temps passée qui , oriiés^erhalN^enooes^d'un trisaïeul, évoquent les modes de la régence ; retire»suscitent la tenue bourgeoise prescrite par les lois somptuaires de la république en i656?

Que penser de ces vilains qui ne peuvent se résoudre à s'habiller de neuf, et qui étalent en public une opulence si déguenillée qu*on la dirait cousine germaine de la misère?

Anciennement les auteurs classiques portaient l'habit noir râpé ; mais, malgré la teinte lugubre qui les entourait , ils étaient gais , facétieux , couraient après le mot pour rire dans leurs œuvres. Aujourd'hui nos poètes sont fashiônables, et observent les règles de la mode autant que celles de la prosodie. Les couleurs de leurs costumes sont gaies, variées ; et pourtant, de cet entourage frais, sortent un visage long et pâle, des accens lamentables, des élégies, des dra-

meSi des chants de doaleur ; il y a un contraste finq^n pant entre lenr mise et lears livres. Aht pour moi» je regrette les habits noirs rftpës et la galté de leurs prédécesseurs.

Le costume des hommes a-t-il suivi la marche progressive du siècle? s*est-il ennobli , enjolivé? est-il aussi gracienx que celui du temps d'Henri IV, aussi chevaleresque que celui de Tépoque de François I^? Hélas ! il est impossible de ne pas répondre à cette question d'une manière négative en voyant la forme lourde de nos vétemens : ces queues d'hirondelle qui descendent sur les mollets, et les frappent en cadence à chaque pas; ces larges pantalons qui fcivorisent les cuisses grêles et entourent de mystère les genoux cagneux, et ces boyaux de cuir noir, nommés bottes, où nous emprisonnons nos jambes*

MBS PANTOUFLES.

Mes pantoufles sont pour moi Temblème de rindëpendance ; je les mets atec plus de plaisir qu'un habit de bal, car elles m'annoncent le repois de la chambre, la solitude studieuse, les charmes de la composition, les délices du foyer; avec des pantoufles je cours dans les champs de la pensée, ayec Thafait de bal je rampe sous le joug des ccmr venances et le fardeau des préjugés. N'est-il pay juste que mon imagination s'aerce sur un sujet si favorable à son essor, sur une chaussure qui me rend à la liberté et m'accompagne dans les excursions charmantes que je fais au pays des illusions? car, après tout, c'est dans ce pays que je me trouve le mieux ; c'est là que l'ennui se dissipe , que la gaUé s'épanouit encore, et qu'on peut chercher ce bonheur que tous demandent, que nul n'obtient, maif qu'on entrevoit du moins dans les rians souvenirs du passé ou les espérances dorées de l'avenir.

Avec quelles jouissances ne glisse-t-on pas le soir dans ses pantoufles des pieds meurtris par la tigue de la journée et blessés par le cuir gênant des bottes! C'est alors que les cors s'endorment mollement, ne crient plus vengeance contre la chaussure étroite qui les comprimait, et oublient les tourmens d'une gênante et dure captivité.

On ne porte les pantoufles que chez soi, o^ nulle boue n'en ternit les belles couleurs; on marche avec elles plus en sûreté, mieux à l'abri des

47S Màfpjmté.

fisiux^-pas nombreux qui nous attendent dans la so* ciétë; ear le. terrain n^e^t pas glissant au sein de sa chambre, entouré de sa famille, bien loin des turpitudes humaines. A coup sûr il se fiiit plus de bassesses^ avec des escarpins qu^avec des pantoufles « et il se trouve moins de pieds plats dans <^eUes^ci que dans les premiers.

Les pantoufles sont sans prétention, pleines de bonhomie ; elles sympathisent avec la mise la plus simple; nulle domestique ne se fatigbe le poignet pour leur donner lin luisant qu'elles n'ambitionnent j[M>int ; elles ne cherchent pas à se produire ; eUes attendent, dans tine alcÔTe sombre le moment d'être utiles et de se rapprocher du foyer, où s*ëcouleleur carrière ignorée , sans qu^elles aient 4 se reprocher d'srroir été pour quelque chose dans les /^los^nitts du solliciteur désappointé, dans, les d^^no/r^es humiliantes du courtisan^ ^u dans la iuite honteuse du soldat qui lèçe k pied durant une action.

Les chenets de la cheminée sont le trône mo* deste des pantoufles; là elles bravent la rigueur des hivers , Thumidité des rues et le choc des cailloux roulans placés en embuscade sur le pavé: ce sont elles qui s'offirent d'abord à nous au sortir de notre lit ; elles nous accompagnent dans ht cônva* lescence , et tempèrent la rigueur d'une réclusioa forcée. Au moment même où je trace ces lignes en leur honneur, il me semble presque qu'elles m'en témoignent de la reconnaissance par la douce chaleur qu'elles me communiquent et l'agrément que Réprouve de les avoir mises en revenant d^une longue

promenade. Puis, quel que soit le cordonnier qui ait Élit Tos souliers , ils ne disent rien à yotre cœur ; il n'en est pas de même des pantoufles, souvent brodées par une main qui tous fiit chère : il est bien doux alors de penser qu'une amie nous tient les pieds chauds, et dans ce cas il est presque im* possible de taire un pas sans songer à elle.

Dans ce monde pervers où tout est feinte, oè la générosité est dupe, la candeur absurde, Tintrigue en faveur , Tégoïsme universel , combien son-* vent j'ai regretté mon foyer, et surtout mes pan« toufles chéries!

DBS BOUSINGOTS SUISSES.

En France on donne le surnom de bousingots aux partisans de la république; aussi je ne conçois guère comment ce terme s'est glissé ];>armi nous avec une méchante acception, puisque je croirais fitire injure à nos concitoyens que de ne pas les croire tous bousingots, dans le sens primitif donné à cettè épithète.

n faut dcmc lui en chercher un autre. Sans doute il est des gens exaltés qui ne sauraient renfermer leur manière de voir dans de justes limites, qui exagèrent leurs idées sur l'indépendance , et qui pensent fort mal à propos que la liberté doit marcher sans dignité et sans frein. Ces personnage»

jbDtuntort imraêaae à la came des peapLes, car ils la ridiculisent aux yeux des citoyens sensée ; ils la lont prendre en dégoût par ceux-là mêmes qui se seraient senti le plus de penchant pour elle.

La liberté doit être la bannière des coeurs géné<reux et non Tarme des ambitieux , des intrigans et des brouillons; elle doit rallier les esprits par la tolérance des opinions qui la propagent, et non effrayer les honnêtes gens par Tabsolutisme de ses maximes ; car vouloir la liberté à sa guise , ne l'entendre que d'une manière » Tinterinrét^^r selon son bon plaisir seul , voilà un genre de de^Qlisine intor lérable, propre à £aiire abhorrer l'indépendance dont on se dit le soutien, et dont moi je dis qu'on se constitue ainsi le bourreau.

La liberté est une chose si belle, si bonne en soi, que chacun rendrait justice à ses charnies. Vils n'étaient pas flétris par les excès qu'elle a motivés et qu'on s'est permis en son nom. N'en déplaise à de fougueux démagogues, l'arbre qui lui est consacré peut croître sans être arrosé de sang ^ et nul homme d'honneur ne se sentirait à l'aise sous un feuillage dû à une sève rougie par des sacrifices homicidés* Quelle âme généreuse ose plaider en faveur d'une cause souillée par le meurtre? quel être sensible et bon se résout à marcher à son but par un chemin jonché de cadavres? et pourtant voilà la roqte que les rois ont &ite à la liberté, grâce aux abus de la force qui ont signalé son règne et le leur. Le despotisme et la licence , tels sont et seront longtemps encore les obstacles qui tiendront le genre humain

pârqaé dans le dommie dé rarintrairê et du prm* L^é, parce que la généralité des hommes aime mieux Tordre qui se rattache à uo pouvoir quelconque, même tyraninque , que les atrocités dont les &ctions entourent lem* prétendue Uberté.

D'un autre côté les souverains exploitent admi** râblement bien toutes les circonstances où le peuple engage avec eux une lutte dans laquelle il a le des* sous. Lès sicaires du pouvoir écrivent contre la lâ>erté en fevenr d'une réaction. Armés d'épouvantebles argumens, ils portent la terreur dans toutes les âmes; ils iont farânir-tous les gens de bien; ils alarment toutes les industries; ils menacént toutes les existences ^ et cette sinistre fiaintasmagorie couvre d'un voile impénétrable le sanctuaire où la véritable liberté repose couronnée des palmes de l'olivier, des chefr-d'œuvre desarts, et des trésors de rabondance«

hé bousingot suisse n'est donc pas celui qui ainie la république, mais celui qui en fait détester les dé^ veloppemens; celui qui la prêche la menace sur les lèvres et la colère dans le regard; celui qui compte plus sur la force physique que sur la persuasion morale pour amener son règne ; celui qui veut faire trembler ses adversaires au lieu de les convaincre; celui qui viole les lôis pour en établir dé nouvelles qu'il aura donné l'exemple d'enfrein-^ dre ; celui qui, désobéissant au pouvoir en vue d'établir le sien , aura perdu le droit de faire respecter ce dernier, alors qu'il croira l'avoir constitué scrfidenient ; celui qui ne recule devant aucune mesure san^ guinaire pour marcher à ses fins : voilà le bousmgdt

s^â^r. Mafo 'îe ne flfttvbi |«Dais:de:ccltdié^itli^ ctox quit Mumk à la cooÉtiMAom ét fenr pajB^ çhejTcbeM à FMiâiarfr Uyakanent par toutes lu jcita 4e la peAmasmn et de la puUidlé; c%m% qui, p^ëtrës de Vidée le potivc» <)OHpteto«î<Nfec» alatfe de partisaos iatéreaeéa à le sonteniri ne craifthSDt pôilrt de coBàrâler ses actes; ceux àotA le ciHini^e^.cSvique {ritatde.pcmr tenlea les lictioiea^ liliiiHtraiiie ; ceuxiq^i emlmasent ladé£Base du fiaUe et. de roppr&néi; cens qui vendeet plus de senkee auigoewneaaet Iwaqa'iki édatrèul sa oMirche dantf Idi route fiûte du progrès^ que les siiides àTeugkaipâ 1^. poiiiaieut sur dea écueila; ceîix éoftiv qui ; forts de leMr:CoiMcienoeetde.la.pureté de knra inteBÉions, a^ aetadeiit iuoioâ 4e finTeér que d'eatime^ et qui piié%etH aux avantagea d'ime baaae et déyfttante lUtteifîe, tes périls d'uiie asatire. et tuâle fraeeidat« Si de tels citoyens doiteat,(tre ûOBMéa housmgats, ilJaut briguer ce nom tomtab uoë finreur , et non lé fedouter.cQfniite une iusulu»

, : , Ça. outrt^ f je dirai que si ieé idéea de liberté, exe-? g4^Âe,.fe»t des bouiingots smâses., ies idées de ser^ yiUlé 4t dç baséesse eut anmi . les leurs., ^'estnit paa bausingQt^ c^Xm qui, coofoQdaat iutL^Kraiiibéndiavec ^ faitteur .de trOitbkd, velK les. envelopper dass la iQ^oie réppobalfioa et les accabler du mètte méprk? I^'fUririi pas ^Qtisingag, celui qui' ne j^eût iéMrer uaft ^uioo .coqtrïiire ivla sieuile, et qui dariane soa C9b)paUiote plutôt qite. de; Téclairer eq .diaoutast aima aigreur avec lui? Ne soot-iis pas bdusingots^ q^ li)itt:de la Jk)g»iue avito dea injures «:«t du

déyoaemeiit à Tordre avec des coups de poing? ceux qpfr ntcrooinenk intetttkm ^ yeo9 dont -ib qa peuvent inculper la conduite? ceux dont le civisme 9'«atliale en ptF0l€iâ sUvtt^s^, qDi«e:pertBettefit de toâita^ dei^TMWOè mtoyens/d^a personnes dont Iqr bote âiorlÉe éM de que |^ gonvemeinefiti

iifest'i^S'Mîsig.iiiËdlHble que se^s flf^urs veul^ W. hn persuader V mal^ qui, à côté d« ce prét^u f<H^? Êût; «savent £atlt^r4e# lacr^ee» po|ir la^clio^e jpuUir qffè? N'est'-â p^isifgumgoi, ce inpuchard pQlitiq9et qai .éfie et provoque les pnqpiof incon^iid^ri» de ch tb]reâ»»igris|KMir all^r les déncmcer aux magistrat* ? Ahl/ crqye* que si le nom ,de bomsmgot doit être Jtidittixictinie^t d^nné à tous ceux qui travaillent de^ diive^ses manières la ruine des gouyeroeoieo», il f^eur trouvera {NsuttétTfe ||lus parmi qefcxisai pensent^ iKs servir et les ipQt déte^^v par lei9^ yiole^çe e| leur bassos^e., que pvrmi ceqx <{ai tliebeol .de I«i renverser ouvertement par la force*

QUÉLQITES ÉMOTIONS HE L'ENPAIWàS.

Qoi n*aime à remonter r^élle de ses MUT^iks, à faire unie excursion dans ceux dé sa première «ttfrtice, à se retracer des jours si vite écouMs, et qa^mtâ apprécie d'autant mieux qu^on s-en élcrfgne daiiti'* tage? Alors que les illusions de la Vie tombent'uno à une, comme en automne les feuilles de l'aribre ; alors que Vexistence , dépouillée des prestiges qui en £aiisaient tout le charme , apparaît dans sa triste réalité, quand nous entrons dans ce monde positif, oà les choses n'empruntent aucune valeur des vives sensations qu'elles nous procuraient jadis, atorsil est doux de plonger son âme dans le passé, de jeler un coup d'œîl fugitif sur là rbute fli^urie quW a laissée dei^ère s<h, et qù*on n'aperçoit plus qu*è peine du sein des landes stériles où Ton se trouve parvenu.

Souper à table. Quel Genevois pourrait avoir oublié le charme que renCsince attache à ces délicieuses paroles? souper à tabler c'était la récompense d'une semaine d'assiduité et de travail, le prix d'une bonne conduite, le nec plus ukrà des souhaits enfantins. Aussi, comme le cœur me battait quand, le samedi soir, j'entendais mes parens m'annoncer d'un ton solennel que je partagerais avec eux le repas du soir, au lieu de me coucher, comme à Tordinaire , lorsque les derniers rayons du soleil frappaient mes fenêtres! Quel plaisir d'entendre se faire les préparati& du festin, de voir ces chandelles, dont

la clarté était ai i^rè pour ibea yeux* detowi^er i& Tentour de la, lèchefrite, d où s*exbalait uù ]^tiqiti si suave, d'aspirer cet aTaot-goût de ma félicité] et, lorsque |e me plaçais sur une chaise^ ed face de la taUe promise , avec quel orgueil je m^iustallais à ce poste d'houoeur, où mon aniour-propre et moo appétit jouaieutun râle si brillant ! Enirain.Ie somr aeil veoait-jl reTe]idiquer,^4roitSjUSurpés; eiQ^vaio mes paupières appesanties réclamaient«*elles contre cette veille inusitée et glorieuse, je tenais bon et repoussais avec fierté cet ami de rbommue, qu*auf jourd*liui je n'appelle déjà que trop souvent^

Les étrennes. Je viens de parler du sonHneiL Quel enfimt peut le goûter en . plein dans la dernière quinzaine de décembre ? Comme aes nuits sont^agir tées, ses rêves tumultueux! comnie sa jeune imà* gination galope! que d'éblouissantes conjecture^! quelles perspectives embanteresses! quelle abon^ dance de jours fortunés! Noël et sés plomb^.pror phëtiques viennent ajouter à la série des sensations qu'il éprouve « Les semainej» lui semblent des siècles, et les heures des jours; il dévore l'espace qui le sépare encore du grand, du magnifique jour de Tan; sa tête en délire est un trophée de joujoux , un puits de sucreries, un amas de cadeaux auxquels chaque parent vient contribuer. A chaque instant il compte sur ses doigts combien de soleils doivent luire encore avant celui qui éclairera son triomphe et verra s'accomplir ses souhaits. G>mme il cherche à deviner • ce qu'on lui destine ! comme son esprit est en travail! comme son existence est pleine! le chagrin

ny pMrtaft trouver plaœ ^ êt ia joie Ûtâk tiokrtés »fc flieiiiîtë» âiiiu. iâ{M^^

Lé dimanchê. TrUnrt hebdomaire et péooiBaîre grOâsifMir lâBatirfKtiotipaInnMrHe cm aiBa%ri ppr lok tûauvaisl^mo^TU^^ABaltreB; premier argent qii« reçoit renfance, aonmie diétive, mais imménse par lea lomsiattcea qu'ëUe lâi procure, qiAikhkrçelrde aea désira n'est jfsià plus grand qae fat pièce de sn aaiis dont ce tribirt ae comjM>ae ordinaÎMmeBt po«r die : il loi semble- que rien n'wt au deiaoer de es petit itrésor. Sût sous! il y a là pour viogt^piatre marbred ronds, poAr^s poignées de noisettes ; dé cerises , pour des pomaaea, etc.

Heôrebses illnsioiiBi Ali ( si le boD^etir qœ prô^ cure ragent s'augmentait toujours ainsi en raisop de la aonmie mime cpi on en possède, je cenceirai^ qu'on fit tout p6ur en acquérnr ; niais les tvéaôtea de €aésus valaîeut-dla pour ce roi le dùnancbe que reçoit reniant?

' ^{Jtie ïuaieur plus ttatinâle que de ccrahiiDe àti^ 'Qoôee )e:(oôr du marclié; ce «ont cks légûmés <|iirii •réokiic dans dies bromtteb/ qu'on porté d»âsi]kft ittovl^silk»., ^ qu*ô«i Ta étdlèr au .coiû4*une rue o« au bout d*une allée pour séiduirâ Us iiegftliâ^ 4ëtà

itôt que de co^tunè pMr recevoir lea prettiiérd v^^ Jageoia qui'arrivent stfr notre place ^ ét ^rendre àéb wirchandises avant que le grand jour en iâdsê tea^ jdrtir les «Boindbrea défauts, ou que îacheteur ait *ed /yenJ)»^ ^wrértrpoiut les èéouatrir ; c*e$t lei>abfl des diligentea fermières, qui, comme ^ jP^TTir^Ate de ^ Foataiot, bâtissent des châteaux en Espagne sur idéale de leurs dénnéea; cest réKmnepipenttd» |euM pàysan opri \, pcair la poremière fins , :ari:*ivé de a6n village pour adoEnriér cé'qur reste àeidôme^ dans 4ts ,raes basses; ce «ont eofia les âneâ traSo^^Bt le Ipetk char des ltdtîèri;s, et qui, diarmés devoir-dé)^ les toutes. animées, ioofe retentir les airtf de leurs acf69^aac€ad|(isét sonores.: '•-"'> Déjà les rues sont obstruées de sémiUâHtieàacfaeitMsetf œirehaildaBt beMCOup pour èllèsvuaipeu |K>ur kiTrs maîtres ; et le hraa paèsé dàna Y anso' de^ firor^ pèdieKSv' Mille propos: différeés se faeurtént -et . êe qrotfitnt; k.V^ubdem^ prtoe MS'i^rod^ ilacfaefeoV lfis^4éprécie« £t des diaina piu» ou maînsxp^ {ta^sen^ dU)bRpi^ an irâtuage, ^tvieeit^erm^ Bientôt kftjpamws. s^^plotissdnt iur \eÉ hanches v ro$ier crie

^ -oog

et fléchit ; k peuple fémiiim s'agglomère, se heurte, ae presse , se coudme ; oa mardie sur des légumes , on écrase des œuis, le pied glisse sur des pommes, pn enjambe cardons et cfaou^^fleurs; et, parmi tout ce tintamarre « des soubrettes, ravies de i*MCMtrer des amies, des parentes ou des cousins, se mettéol à jaser comme de^pies au milieu de la rue, et gioeiA en pure perte la circulation.

Un cultivateur qui vient de. iaire quel(|ue argent constant songe alors 1 reflKMiter sa garderobe; il passe ches la fiipière , et là il s'habille de ses^ raves, se coiffe de ses choux. Un autre, moins sage, se glisse au cabaret, où il avale ses cardons, boitaaséfnnarda, et consacre son travail de la semaine à perdre sa raison d'un jour.

Le gastronome , élève de Brillât-Savarin , ne confie à personne le soin délicat de ftire son marché ; il. fend la foule, épiant les primeurs, flairant les champignons, observant le gibier et le poisson ; puia, lorsqu'il a découvert une proie , il iond dessus, les y eux étincelans, marchande peu et emporte sous son manteau le morceau de choix qui lui senAleva d'autant meilleur qu'il ne Taura dû qu'il sa prc^fre investigation.

Les boudieriea sont assiégées ; des voix de tout tind[>re y danahdent des morceaux de tonte espèce. Armés dé ces mots de lugubre augure : H fautfûért k tf^ur de ïa hUe^ les vendeurs de chair remplidaênt de f^ouissmnce le panier de leurs pratiques. Que de cuisinières sédentaires se dédommagent ces jourt^li de la réclusion dans laquelle elles gémissent tous les

autres i cdfiinie tHes tremblent de trouver ttop ykt ce qii'il le<ir faut! coulneii i} est doux pour elks de paâser d'uae triite solitude dans un monde aussi vi* 'vant , aussi bruyant ! quelle aimable transition ! qiié de prcqK>8 échangés avec leûrs connaissaincés! Pnto^ ^and leur délicieuse causerie s*est prolongée une <m denx heures : Je me sauçe , disent-belles à le«irs payses les maUres sont si ridîcÈ^ /

Le soir est arrivé v de pauvres cbévaut ^ - TtieU morne, la tète baissée, languissent attelés^ et ^^-^ chés aux barreaux de la fenêtre d'une guinguette; là, trempés de pluie ou accablés de chaleur, ils frap* peut du pied , hennissent d'impatience , et semblent accuser Tinconduite de leurs mahres, qui s'oublient et se disputent autiHJrr des bouteilles. Enfid ces campagnards arrivent auprès de leurs quadrupèdes endormie, lea réveillent en le» maltraitant, puis se jettent sur un char qui ramène au logis des sacs vides, peu d'argent et un corps d'homme sans raison»

Le retour à la lermè n'est pas sans dangers pour le cultivateur qui y rentre ainsi; Si sa iemme a de la tête, éUe peut troilvar mauvais qnè lui n'en ait plus; elle peut exiger «i coaipie de èaisse fort anjg^QiiBçant; enfin elle peut se permettre des remmxtrtnces/qui dbsipenft Ito fuinées du vin , et humilient Flamme que les voisins entendent drôrig&ier aiMi; i >

Voilà le jour du marché écoulé* Qbe de paroles pèrdués ! quel dâ>it de mio|t! que de dupiites! et tout delà pour approvisionner pemfant deux ou tnns )ours les méndge» de nôtre vîlte, et pi^opager leb mé* disânices d^ tous les quartieré ; . car on conçoit i^m

Uir«3,p2Mr ce cont&c(4«tAiik4f petwmuwi l^ hraiÊM

iKwveUe, e4t où eoipoolifi d'atitmi; Ita^ réputé tiçns..$pnt 4éçhîqitetéto par» gens qiii^n ealpoitCQÈ

sona y versent içoi abûodfiâ^ic^t i leuf retoiA^i.dts alî^ ppiir la laqgtie ^ rattomattdes oorabreuK Una- Mipr» 4e scandale.

LBS FLilNBOBS DB HinBg*

. Ces gena^là , tottjpjiira &$ae« nombrew ; se 41^ aent en di^et^s catégorisai Y6«^;les.pirinci^ paies:: : : - ^ . ;

; \ G<eM;qiie j*apfeUe»iJM/4v^^ deguaHié, Êbnt dea rentSesslretiitéàda ccawBêive,.qpiiai!Qiit>p«l pnrVeoir. à ae créer une ^Kxupatioa 5édeiiUâre'i|Éi rttippbç^ la ira^ail iki>biir^a« t «gesa tpii kéB^faàvt à l^^aspect d'un, linrre oii' à Fidéq d une cootiuraaâoB anim ated kàr fisinmer iet qlii quétferbora^ chez eux une oocanqnde'tiiei! le tampa doraii^ {laœ cpmprb eiitn leÀ i^eiias. ^ > ; .i : a^ Les déaoeoinné^ ^ui^ n'ayant jaibai^ sh-tnhwlr ièri(Krar.leiQir coinpte, a'oocnpent avec d'apttat plua d^ordeûr dtts^aS^s d^àntniivg^iia pen jrichafcr sanf aMbitiôq ^ qui ee idandHiiéat-p^ ié inondb f. étdÉdt

ltQrtemp»el;lèiirfe touUàr$;dâDsdet ailéeé ÀTemsfàj

tmto, les iacideDt qui peuvent survenir sur lès graii^ des routes où le paviéi ^ ; : : . r.rj.M

3^ Lu eomimssibntiaires qui aubllém sbq^.eb ihenrin-poui* arriver à uabot^ et^Avcoeil^ leat sur lebr passage jfs^roses de lit distraction^lNlt làiqoiAude; * - / >l

i \^ L»s cbmmi*' et 'ii|)prei]tiB^<|in-sont -^ouniéb pleeéè^ cèmise eit' «bfoiitve idevmt nmasagdU «kl , af tendàfit la pratique * en sé-frottant iles mtàak quand il fait fr«id; et; dotant les beaux jmm, liat^ «înt la aemelletqut à réottouridd leur résideuceipomt épier ks'évèiiemeits dp ^rtier^ ^> ' ' Voi}s çes geM4à eiicdmbr«m4es'Ttfés et<^ tuent ce qu'on appelle les flâneurs. Ce sont <eMit qui acebureut pour fairè gderi^ à;chaqae^ac«ideni qui aÀwve sûr la voie' publique ;^ qui s-ottrotarpeat aduouir d^Mie batterie d*cn»o^s, >qui<fi)Me^^ /chat «oinl^id-un tôii, quiicoMeqi^nl ub eMe&squi ieiioiè^ été. MiM ces gfeûs , ^pî se r^fuiiisseôt date llnteatk^ de de rien ifti^ se diiAsent dans léUM «nuiàrf s d^ flâner t il en est qui se font , sans itttant da!ls^ les inspecteurs journaKersHles bravsftni pâbtiési ik> glosent «mies cÔMlriHctionft; Aumitlent iea^3U^ vmre c* ne laisséM* p<^t (étér lerne ^tée oonbtnin^; unir> nMr ou &irè ite seiailèâeÉaent; ^MUS avoir jeté leur avis au milieu des tailleu#è4é*pitti4^ et des maçons « qui se moquent d'euic.

D'autres flâneurs lîsëfit asndûment les affiches;

aneaiie poUkatioa adhérente àn pUicra poUics diappe à kors regards ; âs font tout pour en atoir les primeurs; ils prennent connaissance de kns et d'arrêtés encore kumides de Timpression ; ik toot un cours de littérature gratuit et eu plein Tent. Bien qu'ils faréquentent .peu le théitre , les placards annonçant le spectacle lès mettent au courant des pièces nouvelles et des acteurs qui les jouent«

U y a parmi les flâneurs des amateurs des arts qai s'intéressent aux progrès de la lithog»piiie et de la gcaTure, et qui, toujours rôdant devant les es^ tampes et les dessins mis en montre, aiment mieux k les voir dans la rue que de les avoir chez eux* D*aiUeurs, comme la rue est presque leur domicile, et qu*ils y sont plus souvent que dans leur chambre, en Jes achetant ils auraient moins de temps pour les admirer.

Les Jlâneurs loqdaces sont ceux qui mendient des dialogues au prettiier venu , et qui vcmt à la quête des causeries entamées: sur le devant des boutiques ; causeries dans lesquelles ils se glissent avec adresse^ ^ dont ils finissent par être le centre. Les fiéMun inraveillistes sont les plus nombreux dans ce moment i le siècle leur est fiivoiraUe ; sans cesse à la pi^ des lettres reçue)» de l'itranger , ils en colportent de» fragm^ns, y ajoutent quelques broderies, arnmdis*sent les niwbres qui s'y trouvent, tirent des maèé-quences et semblent des commis aux gages de la

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