‹ Œuvres choisiesChapitre 81 sur 84 · DB LA CHAIR A GANON · texte numérisé non relu

DB LA CHAIR A GANON

Ces mots, que la malveillance sabs doateattri^ boa i Bonaparte parlant de ses soldats , sont d'une effrayante énergie et d*une atroce vérité. Si moi/ par exemple, qui n'ai pas une molécule militaire, et qui n*ai jamais levé un seul homme pour défendre ma querelle particulière, je disais en parlant de ces gens armés que les rois déchaînent les uns contre les autres pour servir leur vengeance i leur ambition, leurs caprices, c'est de la chair à canon, chacun trouve* rait que j'ai dit juste ; mais ces mots étaient affreux dans la bouche d'un homme qui avait &ît plus qu'aucun autre une consommation épouvantable de cette chair-là.

En effet, <)u^est-ce qu'un soldat? c^esl un homme enrôlé pour tuer et être tué , qui jette sa vie au mi* lieu de débats qui lui sont aussi étrangers dans leurs causes que dans leurs résultats ; qui égorge de sangfroid son semblable, parce qu'il a un parement blanc et que lui en porte un rouge ; c'est un homicide léga- Bsé, que souvent son humeur éloignait de toute scène meurtrière , et qu'un gendarme pousse aux combats le sabre dans les reins; c'est un en&nt arraché à sa mère comme l'agneau à la brebis, pour s'achemiqér vers la boucherie qui les attend tous deux ; c'est une victime qui, à la voix de son chef, marche à la mort, tond>e dans les sillons d'un champ et engraisse le terrain qui fut le théâtre de la bataille. En un mot, un soldat c^est de la véritable cAair à canon.

C'est en vain qu'on cherche à détruire le positif de

cette âëfinitioïi ; c'est en vain qa*ayec des expressions sonores et dëcerantes on prétenid fu^Ufiei^la proiessipn saqglante du militaire^ les ny>ts restept des i^ots^ çonime ce cpie je iriens d'avancer demeure la^vérité^ Q^e signifient, ces ordres du [our électriques où les npipts à' honneur 9 de viçtoire. de gloire se trouvent à chaque ligne ? Qu'çst-ce que les ^soldats ont à dén^t-, 1er avec çes substantifs saëtaphysiques? Que leur rqyient-il des succès qu on lènr doit ? Où est leur part de profit et i]f'in)pf]iortalitë, à.supposer q^e cette part e^t que^ue valec^ii^ aux yeui^ de U j^ioe raison ? Ta-; merkm ^t Alexandre étaient sans doute de grands ravageurs de pays, mai3 Thistoir^ç i-t-ellc^ conservé ^ulement le^ poms d'up seul des soldat^,, caporaux ou sergens qui se firent tuer à leur brillapt service? A peine sdvons;-iious s'il ^ ay^it des serges e| des caporaux delpur 'temps.^ , \, . .

. .. Les souverains défendent le duçl et foat euvi^i^ mes la guerre;^ quelle, épouvant^b^ anomalie! ES^ qu'est^e que la gqerre.^ si ce n'est un duel eotro deux nations? Encore /]un çonibat sinçul^r en^ individus se base souvent sur de^ i^ts où rhonneuif desrparties est véritable^nt intéressé : U y- a Quelques* motifs plausibles, pom* le lairè excuser;, il ne £3iit qu'une seule victime; mais quels sexitiinei|s4e ^ine* de vengeance y d*animosité^ excitent ces masses armées qui vont s'exterminer?, Peut-être y a-ti4 daps ces camps ennemis, des honunes £^i1;s pppr is'a^-^ mer^ s'estifie^r, se cpmprendre;: etj pareç ç[ue lew: uniforme e$t différent i ils chercheront 4 percer. lf| çceur qui aur;ait le mieux sympathisé avec le leur!

Et ces horreurs sont pour ainsi dire sanctionnées par la religion! Otî appelle un Dieu bon le Dieu des armées! on entonne dans ses^ temples, des Te Ikum pour célébrer des jours de carnage! les nwistreif du Sei|;neur bénissent les armes qui vont se baigner dans le sang de malheureux qui succombent victime^ de la sa]:]^lante anibHion de leurs chjefs

Quoi ! les particuliers ne pourront se battra poui? tenger leurs propres offenses , et les rois, poujr sier* Tir leurs desseins, feront tuer leurs sujets! On pu»* nira le dudliste vainqueur, et on chantera,des actions de .grâces pour une bataille gagnée , où des miliçrs d'hommes ont été immolés à Ja cause d un seul ! Ces( avec de semblables contradictions , basées sur def préjugés iqvétérésv que la raison humaine se perver-f tit et perd les notions du juste et de Tinjuste, Elle s'humilie et ramp;; devant les crimes des fronts cou^ ronnés, tandis qu'elle ioudroie les erreurs de Tignor rance, et tonne contre les peccadilles du faible. Si) d^ moins t il n'y avait que les partisans de cet prdn^ de choses qui dussent en souffrir! mais l'état vous contraint à embrasser le métier de iue,ur; fussiez vous un Sancho, on vous range parmi les Dor^ Quichotte; il faut, bon gré malgré , mardier.auxv combats ; et, souvent, da^^$ les pays pu se pra^^en^ ^pt^^f^là%^SrW^ài^lib{^J

Heureuse notre patrie ! une cause sacrée , un^ défense légitime:, peut seule précipitei: ses enfaaf dans les batailles, ^ leurs drapeaux seront toujours accompagnés de Thonneur et du boa droite

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