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Videte quanta patior a Deo Deus!
(.Esehyl. in Prom., v. 92.)
94 LES SOIRÉES DE SAI.NT-PÉïEHSBOURG.
l'être qui a pu le commettre; prix infini de la victime qui a dit : Me voici^!
Maintenant, si l'oii considère d'une par.t que toute cette doctrine de l'antiquité n'était que le cri prophétique du genre humain , annonçant le salut par le sang-, et que, de l'autre , le Christianisme est venu justifier cette prophétie, en mettant la réalité à la place du type , de manière que le dogme inné et radical n'a cessé d'annoncer le grand sacrifice qui est la base de la nouvelle révélation , et que cette révélation, étincelante de tous les rayons de la vérité, prouve à son tour l'origine divine du dogme que nous apercevons constamment comme un point lumineux au milieu des ténèbres du paganisme, il résulte de cet accord une des preuves les plus entraînantes qu'il soit possible d'imaginer.
Mais ces vérités ne se prouvent point par le calcul ni par les lois du mouvement. Celui qui a passé sa vie sans avoir jamais goûté les choses divines; celui qui a rétréci son esprit et desséché son cœur par de stériles spéculations qui ne peuvent, ni le rendre meilleur dans cette vie,j ni le préparer pour l'autre; celui-là, dis-je, repousserai ces sortes de preuves, et même il n'y comprendra rien. 11 est des vérités que l'homme ne peut saisir qu'avec F es- \ prit de son cœur''-. Plus d'une fois l'homme de bien est ébranlé en voyant des personnes dont il estime les luriiières se refuser à des preuves qui lui paraissent claires : c'est une pure illusion. Ces personnes manquent d'un] sens, et voilà tout. Lorsque l'homme le plus habile n'a] pas le sens religieux , non seulement nous ne pouvons pas] le vaincre, mais nous n'avons même aucun moven d<
1. Corpus aptasli mihi tune dixi : ecce venio. (Psaltn. XXXIX, 7;|
llebr., X, 5.)