‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 31 sur 93 · Ibid., XXVI · texte numérisé non relu

Ibid., XXVI

5. 11 pourrait bien y avoir ici une petite erreur de mémoire, car je ne

jugez de l'effet qu'il dut produire sur les auditeurs. Rappelons-nous que les hommes d'autrefois étaient faits comme nous. Ce roi Agrippa, cette reine Bérénice, ces proconsuls Serge etGallion (dont le premier se fit chrétien), ces gouverneurs Félix et Faustus , ce tribun Lysias et toute leur suite , avaient des parents , des amis , des correspondants. Ils parlaient,, ils écrivaient. Mille bouches répétaient ce que nous lisons aujourd'hui, et ces nouvelles faisaient d'autant plus d'impression qu'elles annonçaient comme preuve de la doctrine des miracles incontestables, même de nos jours, pour tout homme qui juge sans passion. Saint Paul prêcha une année et demie à Corinthe et deux ans à Ephèse ^ ; tout ce qui se passait dans ces grandes villes retentissait en un clin d'œil jusqu'à Rome. Mais enfin le grand apôtre arriva à Rome même au il demeura deux ans entiers, recevant tous ceux qui venaient le voir, et prêchant en toute liberté sans que personne le gênât-. Pensez-vous qu'une telle prédication ait pu échapper à Sénèque qui avait alors soixante ans? et lorsque, depuis, traduit au moins deux fois devant les tribunaux pour la doctrine qu'il enseignait, Paul se défendit publiquement et fut absous 3, pensez-vous que ces événements n'aient pas rendu sa prédication et plus célèbre et plus puissante? Tous ceux qui ont la moindre connaissance de l'antiquité savent que le Christianisme, dans son berceau, était pour les Chrétiens, une initiation, et pour les autres un système, une secte philosophique ou théurgique. Tout le monde sait combien on était alors avide d'opinions nouvelles : il n'est pas même per-

sache pas que d'Aleinbeit ait parlé de ce discours. Il a vanté seulement, si je ne me trompe, celui que le même apôtre tint à l'aréopage, et qui est eu effet admirable. [Note de l'Éditeur.)

l.Act. XVII, 11; XIX, 10.

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