‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 56 sur 93 · OOSè yàp âv fjV Ottô toO àlyriativ EN EON · texte numérisé non relu

OOSè yàp âv fjV Ottô toO àlyriativ EN EON

Cette maxime lumineuse n'a pas besoin de valeur dans le monde moral.

5. Quîtm igitur prsecipitur ut nobismetipsis imperemus , hoc prxcipitur, ut ratio coerceat temerilatem. (Tusc. quaest. II, 21.) Partout où il faut résister, il y a action; partout où il y a action, il y a substance, et jamais on ne comprendra comment une tenaille peut se saisir elle-même.

6. Pensées, III, 13. — On peut voir, à l'endroit de Platon q-i'on vient de

Mais avec tous les égards dus à un tel écrivain , on peut cependant convenir qu'il ne semble pas avoir vu la chose tout à fait à fond ; car il ne s'agit pas seulement de savoir comment un sujet simple est capable de telles et st soudaines variétés, mais bien d'expliquer comment un sujet simple peut réunir des oppositions simultanées ; comment il peut aimer à la fois le bien et le mal , aimer et haïr le même objet, vouloir et ne vouloir pas , etc. ; comment un corps peut ss mouvoir actuellement vers deux points opposés ; en un mot , pour tout dire , comment un sujet simple peut n'être pas simple.

L'idée de deux puissances distinctes est bien ancienne , même dans l'Église. « Ceux qui l'ont adoptée, disait « Origène ^ ne pensent pas que ces mots de l'Apôtre : « La chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit. (Galat. , « V, 17.) doivent s'entendre de la chair proprement dite; (( mais de cette âme, qui est réellement lame de la « chair : car, disent-ils , nous en avons deux , l'une bonne « et céleste, l'autre inférieure et terrestre . c'est de celle- « ci qu'il a été dit que ses œuvres sont évidentes (Ibid., « 19.) , et nous croyons que cette âme de la chair réside « dans le sang ^ . »

Au reste , Origène qui était à la fois le plus hardi et le plus modeste des hommes dans ses opinions , ne s'obstine point sur cette question. Le lecteur, dit-il, en pensera ce qiiil voudra. On voit cependant assez qu'il ne savait pas expliquer autrement ces deux mouvements diamétralement opposés dans un sujet simple.

citer, la singulière histoire d'un certain Léonlius, qui voulait absolument voir des cadavres qu'absolument il ne voulait pas voir; ce qui se passa dans celte occasion entre son âme et lui, et les injures^qu'il crut devoir adresser à ses yeux. (Loc, page 360, A.)

1. Orig., de Princ. III, 4. 0pp., edit. Ruaei. Paris, 1733, in-fol., tonie I. p. 145, seqq.

Qu'est-ce , en effet, que cette puissance qui contrarie rhomme, ou, pour mieux dire, sa conscience? Qu'est-ce que cette puissance qui n'est pas lui, ou tout lui? Est-elle matérielle comme la pierre ou le bois? dans ce cas, elle ne pense ni ne sent, et, par conséquent, elle ne peut avoir la puissance de troubler l'esprit dans ses opérations. J'écoute avec respect et terreur toutes les menaces faites à la chair; mais je demande ce que c'est.

Descartes, qui ne doutait de rien , n'est nullement embarrassé de cette duplicité de l'homme. Il n'y a point, selon lui, dans nous, de partie supérieure et inférieure , de puissance raisonnable et sensitive, comme on le croit vulgairement. L'âme de l'homme est une, et la même substance est tout à la fois raisonnable et sensitive. Ce qui trompe à cet égard, dit-il, c est que les volitions produites par l'âme et par les esprits vitaux envoyés par le corps, excitent des mouvements contraires dans la glande pinéale ^

Antoine Arnaud est bien moins amusant : il nous propose comme un système inconcevable, et cependant incontestable : « Que ce corps, qui, n'étant qu'une matière « n'est point un sujet capable de péché, peut cependant « communiquer à l'âme ce qu'il n'a pas et ne peut avoir ; « et que, de l'union de ces deux choses exemptes de « péché , il ne résulte un tout qui en est capable , et qui « est très justement l'objet de la colère de Dieu ~. »

Il paraît que ce dur sectaire n'avait guère philosophé

1. Cartesii opp. Amst., Blaen, 1785, in-4o; de Passîonibus, art. XLVII, p. 22. Je ne dis rien de cette explication : les hommes tels que Descartes méritent autant d'égards quon en doit peu aux funestes usurpateurs de \a. renommée. Je prie seulement qu'on fasse attention au fond de la pensée, qui se réduit très clairement à ceci : Ce qui fait croire communément qu'il y a une contradiction dans l'homme, c'est qu'il y a une contradiction dans l'homme.

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