‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 57 sur 93 · Perpétuité de la foi, in-4°, tome III, liv. XI, c. vi · texte numérisé non relu

Perpétuité de la foi, in-4°, tome III, liv. XI, c. vi

sur l'idée du corps, puisqu'il s'embarrasse ainsi volontairement, et qu'en nous donnant une bêtise pour un mystère, il expose l'inattention ou la malveillance à prendre un mystère pour une bêtise.

Un physiologiste moderne se croit en droit de déclarer expressément que le principe vital est un être. « Qu'on « l'appelle , dit-il , puissance ou faculté , cause immédiate x « de tous nos mouvements et de tous nos sentiments , ce J « principe est un : il est absolument indépendant de l'âme | « pensante, et même du corps, suivant toutes les vraisem- « blances^ : aucune cause ou loi mécanique n'est rece- « vable dans les phénomènes du corps vivant 2. »

Au fond , il parait que l'Écriture sainte est sur ce point tout à fait d'accord avec la philosophie antique et moderne, puisqu'elle nous apprend : « Que l'homme est « double dans ses voies 3, et que la parole de Dieu est une « épée vivante qui pénètre jusqu'à la division de l'âme « et de l'esprit, et discerne la pensée du sentiment^. »

Et saint Augustin, confessant à Dieu l'empire qu'avaient encore sur son âme d'anciens fantômes ramenés par les songes, s'écrie avec la plus aimable naïveté : Alors Seigneur! suis-je MOi^?

Non , sans doute , il n'était pas lui , et personne ne le savait mieux que lui , qui nous dit dans ce même endroit : ^

1. Il semble que ces mots, suivant toutes les vraisemblances , sont encore, comme je l'ai dit ailleurs, une pure complaisance pour le siècle : car comment ce qui est un, et qui peut s'appeler principe, ne serait-il pas distingué de la matière?

2. Nouveaux Éléments de la science de l'homme, par M. Barthez, 2 vol. in-S". Paris, 1806.

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