‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 61 sur 93 · Lami, Appar. Ad Bibl, I · texte numérisé non relu

Lami, Appar. Ad Bibl, I

Cor pro corde , precor, pro fibris acclpe fibras, Hanc animam vobis pro meliore damus.

(OviD., Fast. VI., 161.)

2. Voy. la Nouvelle Démonstration évangélique de Leland. Liège, 17(J8, 4 vol. in-12, tome I, part. I, chap. vu, p. 352.

3. A quelques exceptions près qui tiennent à d'autres principes.

les plus en rapport avec l'homme par leur instinct et leurs habitudes. Ne pouvant enfin immoler l'homme pour sauver l'homme , on choisissait dans l'espèce animale les victimes les plus humaines, s'il est permis de s'exprimer ainsi: et toujours la victime était brûlée en tout ou en partie, pour attester que la peine naturelle du crime est le feu , et que la chair substituée était brûlée à la place de la chair coupable K

Il n'y a rien de plus connu dans l'antiquité que les tauroboles et les erioboles qui tenaient au culte oriental de Mithra. Ces sortes de sacrifices devaient opérer une purification parfaite , effacer tous les crimes et procurer à l'homme une véritable renaissance spirituelle : on creusait une fosse au fond de laquelle était placé l'initié : on étendait au-dessus de lui une espèce de plancher percé d'une infinité de petites ouvertures , sur lequel on immolait la victime. Le sang coulait en forme de pluie sûr le pénitent, qui le recevait sur toutes les parties de son corps 2, et l'on croyait que cet étrange baptême opérait une régénération spirituelle. Une foule de bas- reliefs et

1. Car tout ainsi que les humeurs viciées produisent dans les corps le feu de la fièvre , qui les purifie ou les consume sans les brûler, de même les vices produisent dans les âmes la fièvre du feu, qui les purifie ou les brûle sans les consumer. (Vid. Orig., De Princip. II, 10, opp. tome I, p. 102.)

2. Prudence hohs a transmis une description détaillée de cette dégoûtante cérémonie :

Turn per fréquentes mille rimarum vias, lUapsus imber tepidum rorem pluit ; Defossus intus quem sacerdos excipit Guttas ad omnes turpe subjectum caput, Et veste et omni putrefactus corpore.

Quin os supinat; obvias olfert gênas; Supponit aures; labra, nares objicit; Oculos et ipsos proluit liquoribus; Nec jam palato pareil, et linguam rigat, Donec cruorem totus atrum combibat.

d'inscriptions * rappellent cette cérémonie et le dogme universel qui l'avait fait imaginer.

Rien n'est .plus frappant dans toute la loi de Moïse que l'affectation constante de contredire les cérémonies païennes, et de séparer le peuple hébreu de tous les autres par des rites particuliers ; mais , sur l'article des sacrifices, il abandonne son système général; il se conforme au rite fondamental des nations; et non seulement il se coiiforme, mais il le renforce au risque de donner au caractère national une dureté dont il n'avait nul besoin. Il n'y a pas une des cérémonies prescrites par ce fameux législateur, et surtout il n'y a pas une purification, même physique, qui n'exige du sang,

La racine d'une croyance aussi extraordinaire et aussi générale doit être bien profonde. Si elle n'avait rien de réel ni de mystérieux^ pourquoi Dieu lui-même l'aurait-il conservée dans la loi mosaïque? où les anciens auraientils pris cette idée d'une renaissance spirituelle par le sang? et pourquoi aurait-on choisi, toujours e\ partou\ , pour honorer la Divinité, pour obtenir ses faveurs, pour détourner sa colère, une cérémonie que la raison n'indique nullement, et que le sentiment repousse? Il faut nécessairement recourir à quelque cause secrète , et cette cause était bien puissante.

1. Gruter jious en a conservé une qui est très singulière, et que Van Dale a citée à la suite du passage de Prudence :

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