IrjTpiy.T) ôè xac [xavTixïi y.ai Ttâvu cuyyevè; âici
{Hippocr., Epist. ad Philop., opp. tome II, p. 894.) « Car sans le secours " d'Esculape, qui tenait ces secrets de son père, jamais les hommes n'au- « raient pu inventer les remèdes. » [Ibid., p. 966.) La médecine a placé ses premiers inventeurs dans le ciel, et aujourd'hui encore on demande de tous côtés des remèdes aux oracles. (Plin., Hist. nat., XXIX, 1.) Ce qui ne doit point étonner, puisque « c'est le Très-Haut qui a créé le médecin, et « c'est lui qui guérit par le médecin... C'est lui qui produit de la terre « tout ce qui guérit,... qui a fait connaître aux hommes les remèdes et qui «s'en sert pour apaiser les douleurs... Priez le Seigneur...; détournez- « vous du péché...; purifiez votre cœur... Ensuite appelez le médecin; car « c'est le Seigneur qui l'a créé. » [Eccli., XXXVIII, l, 2, 4, 6, 7, 10, 12.)
2. Ils sont finis ces jours où les esprits célestes. Remplissaient ici-bas leurs messages divins ;
Oii lange, hôte indulgent du premier des humains, L'entretenait du ciel, des grandeurs de son Maître; Quelquefois s'asseyait à sa table champêtre. Oubliant pour ses fruits le doux nectar des cieux
(MiLTON, trad. par M.^Delille. P. P. IX, l. seqq.) C'est une élégante paraphrase d'Hésiode, cité lui-même par Origène comme rendant témoignage à la vérité. {Adv. Cels.y tome I, opp. iv, n» 76, p. 563.)
Euva! yàp tût£ ôatieç effav, Çuvoî 8è Ôowxot. 'AOavotToTai Ôeolai xaxà 6v/]Toi; t' âvÔpwTroii;.
(Gen., XVHI, XIX; Ovid., Metam., I, 210, seqq.)
patrons, et, qu'en général, Jupiter exécute une infinité de choses dans ce monde par le ministère des génies^.
Il est bien vrai que les éléments mêmes , qui sont des empires, sont présidés, comme les empires, par certaines divinités '-.
Il est bien vrai que les princes des peuples sont appelés au conseil du Dieu d'Abraham , parce que les puissants dieux de la terre sont bien plus importants qu'on ne le croit 3.
1. Constat omnes urbes in alicujus Dei esse txitelâ, etc. (Macrob., Sat. lir, 9.) Quemadmodum veteres Pagani tutelaria sua manina habuerunt regnorum, provinciarum et civiiatum. (Di quibas imperium steterat), ita romana Ecclesia sxios habet tutelares sanctos, etc. (Henr. Morus, opp. Iheol., p. 665.)
Exod. xili; Dan. x, 13, 20, 21 ; xil, i; Apoc. vm, 3; XIV, 18. xvi, 5; Huet, Dem. evang, prop. Vil, n» 9; Saint Aug., De Civ. Dei, vu, 30.
Saint Augustin dit que Dieu exerçait sa juridiction sur les Gentils par le ministère des anges, et ce sentiment est fondé sur plusieurs textes de l'Écriture. {Berthier sur les Psaumes, Ps. CXXXIV, 4, tome V, pag. 363.) — « Mais ceux qui, par une grossière imagination (en effet, il n'y en a pas f( de plus grossière), croient toujours ôter à Dieu tout ce qu'ils donnent à « ses anges et à ses saints,... ne prendront-ils jamais le droit esprit de « l'Écriture, etc.? » (Bossuet, Préf. sur l'expl. de l'Apoc., n° xxvii.) Voy. les Pensées de Leibnitz, tome II, page 54, 66.
2. Quand je vois dans les prophètes, dans l'Apocalypse et dans l'Évangile même, cet ange des Perses, cet ange des Grecs, cet ange des Juifs, l'ange des petits enfants qui en prend la défense...; lange des eaux, range du feu, etc., ie reconnais dans ces paroles une espèce de médiation des saints anges : je vois même le fondement qui peut avoir donné occasion aux Pa'iens de distribuer leurs divinités dans les éléments et dans les royaumes pour y présider : car toute erreur est fondée sur une vérité dont on abuse (Bossuet, ibid.) et dont elle n''est qu'une vicieuse imitation. (Massillon, Vér. de la Rel., I" point.)
3. Quae Pater ut sumraâ vidit Saturnins arce, Ingemit, et referens fœdse convivia niensœ. Ingentes animo et digaas Jove concipit iras, Conciliumque vocat : tenait mora nulla vocatos...
Dextrâ lœvâque deorum Atria nobilium valvis celebrantur apertis... Ergo ubi marmoreo Superi sedere recessu, Celsior ipse loco, etc. (Ovin., Métam. II.)
Principes populorum congregati sunt cum Deo Abraham: quoniam dii fortes terrse vehementer elevati sunt, (Ps. XLXI, 10.)
Mais il est vrai aussi que, « parmi tous ces dieux, il « n'en est pas un qui puisse se comparer au Seigneur , et « dont les œuvres approchent des sienues.
« Puisque le ciel ne renferme rien de semblable à lui ; « que parmi les fils de Dieu Dieu même n'a point d'égal; « et que , d'ailleurs, il est le seul qui opère des miracles^.
Comment donc ne pas croire que le Paganisme n'a pu se tromper sur une idée aussi universelle et aussi fondamentale que celle des sacrifices , c'est-à-dire de la rédemption par le sang? Le genre humain ne pouvait deviner le sang dont il avait besoin. Quel homme livré à lui-même pouvait soupçonner l'immensité de la chute et l'immensité de l'amour réparateur? Cependant tout peuple, en confessant plus ou moins clairement cette chute , confessait aussi le besoin et la nature du remède.
Telle a été constamment la croyance de tous les hommes. Elle s'est modifiée dans la pratique, suivant le caractère des peuples et des cultes; mais le principe paraît toujours. On trouve spécialement toutes les nations d'accord sur l'efficacité merveilleuse du sacrifice volontaire de l'innocence qui se dévoue elle-même à la divinité comme une victime propitiatoire. Toujours les hommes ont attaché un prix infini à cette soumission du juste qui accepte les souffrances ; c'est par ce motif que Sénèque , après avoir prononcé son fameux mot : Ecce par Deo dignum! vir fortis cum malâ fortunâ compositiis- , ajoute tout de suite : utique si et provgcavit^. *
1. JSon est similis lui in diis. Domine; et non est secundum opéra tua (Ps. LXXXV, 8.)
Quis in nubibus (sur l'Olympej aeqxiabilur Domino, similis erit Deo infiliis DeiP (Ps. LXXXVIII, 7.) Qui facit mirabilia solus. (Ps. LXXI, 18.)
2. Voyez le grand homme aux prises avec l'infortune! ces deux lutteurs sont dignes d'occuper les regards de Dieu (Sen., De Provid., il.)
3 Du moins si le grand homme a provoqué le combat. (Ibid.)
Lorsque les féroces geôliers de Louis XVI, prisonnier au Temple , lui refusèrent un rasoir, le fidèle serviteur qui nous a transmis l'histoire intéressante de cette longue et affreuse captivité lui dit : Sire , pi'ésentez-vous à la convention nationale avec cette longue barbe,, afin que le peuple voie comment vous êtes traité.
Le roi répondit : je ne dois point chercher a intéresser SUR MON sort'.
Qu'est-ce donc qui se passait dans ce cœur si pur, si soumis, si préparé? L'auguste martyr semble craindre d'échapper au sacrifice , ou de rendre la victime moins parfaite : quelle acceptation! et que n'aurait-elle pas mérité!
On pourrait sur ce point invoquer l'expérience à l'appui de la théorie et de la tradition ; car les changements les plus heureux qui s'opèrent parmi les nations sont presque toujours achetés par de sanglantes catastrophes dont l'innocence est la victime. Le sang de Lucrèce chassa les Tarquins, et celui de Virginie chassa les décemvirs. Lorsque deux partis se heurtent dans une révolution , si l'on voit tomber d'un côté des victimes précieuses, on peut gager que ce parti finira par l'emporter, malgré toutes les apparences contraires.
Si l'histoire des familles était connue comme celle des nations , elle fournirait une foule d'observations du même genre : on pourrait fort bien découvrir, par exemple, que les familles les plus durables sont celles qui ont perdu le plus d'individus à la guerre. Un ancien aurait dit : « A la terre , à l'enfer, ces victimes suffisent -. » Des hommes plus instruits pourraient dire : Le juste qui donne sa vie en sacrifice, verra une longue postérité"^.
1. Voy. la Relation de M. Cléri. Londres, Baylis, 1793; in-S°, page 175.
2. Sufficiunl Dis infernis terrœque parenti. (Juv., Sat. viii, 257.)
3. {Qui) iniquitatem nonfecerit... si posuerit pro peccato anitnam suam, videbit semen longeevum. (Is., LUI, 9, 10.)
Et la guerre, sujet inépuisable de réflexions, montrerait encore la même vérité, sous une autre face, les annales de tous les peuples n'ayant qu'un cri pour nous montrer comment ce fléau terrible sévit toujours avec une violence rigoureusement proportionnelle aux vices des nations , de manière que , lorsqu'il y a débordement de crimes, débordement de sang. — Sine sanguine non fit re?7iissioK
La rédemption, comme on l'a dit dans les Ent?'etiens , est une idée universelle. Toujours et partout on a cru que l'innocent pouvait payer pour le coupable [utique si et provocavit) ; mais le Christianisme a rectifié cette idée et mille autres qui , même dans leur état négatif, lui avaient rendu d'avance le témoignage le plus décisif. Sous l'empire de cette loi divine , le juste (qui ne croit jamais l'être) essaye cependant de s'approcher de son modèle par le côté douloureux. Il s'examine, il se purifie, il fait sur lui-même des efforts qui semblent passer l'humanité, pour obtenir enfin la grâce de pouvoir restituer ce qu'il n'a pas volé-.
Mais le Christianisme, en certifiant le dogme, ne l'explique point, du moins publiquement, et nous voyons que les racines secrètes de cette théorie occupèrent beaucoup les premiers initiés du Christianisme.
Origène surtout doit être entendu sur ce sujet intéressant, qu'il a beaucoup médité. C'était son opinion bien connue : u Que le sang répandu sur le Calvaire n'avait « pas été seulement utile aux hommes , mais aux anges , <i aux astres , et à tous les êtres créés ^ : ce qui ne paraî-
1. Sans effusion de sang, nulle rémission de péchés. (Hebr. IX, 22.)