CXLII
LES SOIRÉES DE SAINï-PÉTERSBOCKG. 41
il savait que rhoiume est conçu dans V iniquité , et révolté dès le sein de sa mère contre la loi divine^. Aussi bien que le grand Apôtre , il savait que T homme est un esclave vendu à Viiiiquité qui le tient sous son Joug, de manière quil ne peut y avoir de liberté que là oii se trouve r esprit de Dieu-. Il s'écrie donc avec une justesse véritablement chrétienne : C'est par toi que Je serai arraché à la tentation; appuyé sur ton bras Je franchirai le mur"^ : ce mur de séparation élevé dès l'origine entre l'homme et le Créateur, ce mur qu'il faut absolument franchir, puisqu'il ne peut être Renversé. Et lorsqu'il dit à Dieu : Agis avec moi'^ , ne confesse-t-il pas, n'enseigne-t-il pas toute la vérité? D'une part rien sans nous, et de l'autre rien sans toi. Que si l'homme ose témérairement ne s'appuyer que sur lui-même, la vengeance est toute prête : // sera livré aux penchants de son cœur et aux rêves de son esprit ^.
Certain que l'homme est de lui-même incapable dt prier, David demande à Dieu de le pénétrer de cette huile mijstérieuse, de cette onction divine qui ouvrira ses lèvres^ et leur permettra de prononcer des paroles de louange et d'allégresse ^ ; et comme il ne nous racontait que sa propre expérience , il nous laisse voir dans lui le travail de l'inspiration. J'«/ senti , à\i-^\. , mon cœur s'échauffer aii~ dedans de moi: les flammes ont Jailli de ma pensée intérieure; alors ma langue s'est déliée, et f ai parlé '. A ces
1. In iniquitatibus conceptus sum, et in peccalis concepit me mater viea. [L. 7.) Alienati sunt peccatores a vvlvû : erraverunt ab utero. LVII, -i.)