‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 83 sur 93 · Orjg., w6î sttp · texte numérisé non relu

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ture, mais seulement en excellence et en résultats, suivant le mérite et la puissance des agents. Je rappellerai à cet égard ce qui a été dit dans les Entreti&ns, au sujet de l'intelligence divine et de l'intelligence humaine. Elles ne peuvent différer que comme des figures semblables qui sont toujours telles, quelles que soient leurs différences de dimension.

Contemplons en finissant la plus belle des analogies. L'homme coupable ne pouvait être absous que par le sang des victimes : ce sang étant donc le lien de la réconciliation; l'erreur antique s'était imaginé que les dieux accouraient partout où le sang coulait sur les autels ^ ; ce que nos premiers docteurs mêmes ne refusaient point de croire en croyant à leur tour que les anges accouraient partout oii coulait le véritable sang de la véritable victime 2.

Par une suite des mêmes idées sur la nature et l'efficacité des sacrifices , les anciens voyaient encore quelque chose de mystérieux dans la communion du corps et du sang des victimes. Elle emportait suivant eux, le complément du sacrifice et celui de l'unité religieuse; en sorte que, pendant longtemps, les Chrétiens refusèrent de goûter aux viandes immolées , de peur de communier ^.

Mais cette idée universelle de la communion par le sang , quoique viciée dans son application, était néan-

1. Porphyr., de Abst., lib. Il, dans la Dém. evang. deLeland, totnei, ch. V, l 7. (Saint August., de Civit. Dei, X, II; Orig., adv., Cels , lib. III.)

2. Chrysost., Hom. fil, in Ep. ad Ephes., orat. de Nat. Chr. : Boni. 111, de Incomp. Nat. Dei. — Perpét. de la foi, etc., in^", 1. 1, liv. II, chap. vu, n° 1. Tous ces docteurs ont parlé de la réalité du sacrifice, mais nul d'eux plus réellement que saint Augustin lorsqu'il dit : que le Juif, converti au Christianisme , buvait le même sang qu'il avait versé (sur le Calvaire). Aug. Serm., LXXVII.

3. Car tous ceux qui participent à une même victime sont un même sorps. (I. Cor. X, 17.)

moins juste et prophétique dans sa racine, tout comme celle dont elle dérivait.

Il est entré dans les incompréhensibles desseins de l'amour tout-puissant de perpétuer jusqu'à la fin du monde, et par des moyens bien au-dessus de notre faible intelligence, ce même sacrifice , matériellement offert une seule fois pour le salut du genre humain. La C/^«?V ayant séparé l'homme du ciel. Dieu s'était revêtu de la chair pour s'unir à l'homme par ce qui l'en séparait : mais c'était encore trop peu pour une immense bonté attaquant une immense dégradation. Cette chair divinisée et perpétuellement immolée est présentée à l'homme sous la forme extérieure de sa nourriture privilégiée : et celui qui refusera d'en manger ne vivra point ^. Comme la parole, qui n'est dans l'ordre matériel qu'une suite d'ondulations circulaires excitées dans l'air, et semblables dans tous les plans imaginables à celles que nous apercevons sur la surface de l'eau frappée dans un point ; comme cette parole, dis-je, arrive cependant dans toute sa mystérieuse intégrité, à toute oreille touchée dans tout point du fluide agité, de même l'essence corporelle ~ de celui qui s'appelle parole, rayonnant du centre de la toute-puissance, qui est partout, entre tout entière dans chaque bouche, et se multiplie à l'infini sans se diviser. Plus rapide que l'éclair, plus actif que la foudre, le sang théandrique pénètre les entrailles coupables pour en dévorer les souillures 3, H arrive jusqu'aux confins inconnus de ces deux puissances irréconciliablement unies ^ où les élans du cœur ^ heurtent

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