Voltaire a dit beaucoup moins bien
On fuit le bien qu'on aime ; on hait le mal qu'on fait ;
{Loi nat; II.)
puis il ajoute immédiatement après :
l.'homme, on nous l'a tant dit, est une énigme obscure Mais en quoi l'est-il plus que toute la nature?
Etourdi que vous êtes! vous venez de le dire.
appartiennent plus aux pères qu'aux enfants, il est clair qu'ils ne parlent d'aucune génération en particulier. Si la proposition demeure dans le vague, elle n'as plus de sens; de manière que la nature même des choses la rapporte à une corruption d'orig-ine, et par conséquent universelle. Platon nous dit qu'en se contemplant luimême il ne sait s'il voit un monstre plus double, plus mauvais que Typhon, ou bien plutôt un être moral, doux et bienfaisant , qui participe de la nature divine K II ajoute que riiomme, ainsi tiraillé en sens contraire, ne peut faire le bien et vivre heureux sans réduire en servitude cette puissance de Vâme oii réside le mal, et sans remettre en liberté celle qui est le séjour et Vorgane de la verhC-. C'est précisément la doctrine chrétienne, et l'on ne saurait confesser plus clairement le péché originel. Qu'importent les mots? l'homme est mauvais, horriblement mauvais. Dieu l'a-t-il créé tel? Non, sans doute, et Platon lui-même se hâte de répondre que l'être bon ne veut ni ne fait de mal à personne. Nous sommes donc dégradés, et comment? Cette corruption que Platon voyait en lui n'était pas apparem- | ment quelque chose de particulier à sa personne, et su- T rement il ne se croyait pas plus mauvais que ses semblables. ; Il disait donc essentiellement comme David : Ma mère m'a conçu dans Viniquité; et si ces expressions s'étaient présentées à son esprit, il aurait pu les adopter sans difficulté. Or, toute dégradation ne pouvant être qu'une peine, et toute peine supposant un crime, la raison seule se trouve conduite, comme par force, au péché originel : car notre funeste inclination au mal étant une vérité de sentiment et d'expérience proclamée par tous les siècles,