‹ Œuvres choisiesChapitre 31 sur 83 · Paris, 1805, 2 vol. in-8o, Crapelet · texte numérisé non relu

Paris, 1805, 2 vol. in-8o, Crapelet

2. C'est l'ouvrage des Avertissements (rra(paYY£>-tat.) On peut consulte^ sur ce point les deux éditions principales d'Hippocrate; celle de Foëz, Ge-^ nève, 1657, 2 vol. in-fol. ; et celle de Vander-Linden, Leyde, 1665, 2 vol. in 8"; mais surtout l'ouvrage du célèbre Haller, Artis medicas principes, etc., Lausannse, 1786, in-8°, tom. IV, p. 86. Prxf. in Ub. de prxcep., ibi :y Spxirius liber, non ineptus iamen.

3. Parmi les innombrables traits de mauvaise foi qui distinguent la secte moderne, on peut distinguer celui qui confond l'expérience vulgaire ou mécanique, telle qu'on l'exerce dans nos cabinets de physique, avec l'expérience prise dans un sens plus relevé, pour les impressions que nous recevons des objets extérieurs par le moyen de nos sens: et parce que le Spiritualiste soutient avec raison que nos idées ne peuvent tirer leur origine de cette source tout à fait secondaire, ces honnêtes philosophes lui font dire que dans l'étude des sciences physiques il faut s'alla-

qu'Hippocrate devait à bien plus juste titre être rangé parmi les défenseurs des idées innées, puisqu'il fut le maître de Platon, qui emprunta de lui ses principaux dogmes métaphysiques*.

A l'égard d'Aristote, quoiqu'il ne me fût pas possible de vous donner sur-le-champ tous les éclaircissements que vous auriez pu désirer, vous eûtes cependant la bonté de vous en fier à moi lorsque, sur la foi seule d'une mémoire qui me trompe peu, je vous citai cette maxime fondamentale du philosophe grec, que l'homme ne peut rien apprendre qu^en vertu de ce quil sait déjà-; ce qui seul suppose nécessairement quelque chose de semblable à la théorie des idées innées.

Et si vous examinez d'ailleurs ce qu'il a écrit, avec

cher aux théories abstraites préférablement à l'expérience. Cette imposture grossière est répétée dans je ne sais combien d'ouvrages écrits sur la question dont il s'agit ici; et nombre de gens sans expérience s'y sont laissé prendre.

1. Gallien semble ne laisser aucun doute sur ce sujet, a Hippocrate, dit-il, « admettait deux sources de nos connaissances : le principe sensible et l'in- « telligence. Il croyait que, par la première puissance, nous connaissons « les cboses sensibles, et par la seconde les choses spirituelles. {In lib. de « offic. Med., 1. IV.) Le premier d'entre les Grecs, dont nous ayons con- « naissance, il reconnut que toute erreur et tout désordre partent de la « matière, mais que toute idée d'ordre, de beauté et d'artifice nous vient « d'en haut. » {Id., De dieb. décret.) De là vient « que Platon fut le plus « grand partisan d'Hippocrate et qu'il emprunta de lui ses dogmes princi- « paux. » (ZrjXwTïj; wv lunoxpaTOy; ITXàTtov EIIIEP TIS AAAOS y.ai ta (lé- ■Y'.a-za Tiiv ôoyjxâTwv Trap' Èxeivou sXaSe. {Id., De usit part., 1. VIII.) Ces textes se trouvent cités à la fin des bonnes éditions d'Hippocrate, inter tesiimonia veterum. Le lecteur qui serait tenté de les vérifier dans celle de Van der Linden (in-S», tom. II, pag. 1017) doit observer sur le premier texte, dont je ne donne que la substance, que le traducteur latin, Vidus, Vidius, s'est trompé en faisant parler Hippocrate lui-même, au lieu de Gallien qui prend la parole. — A; Xo-zz xàixé 8ià uâvToc, x. t. X. Ibid.

2. Cet axiome décisif en faveur des idées innées, se trouve en effet dans la Métaphysique d'Aristote. nd(<7a [ji.à6r)cti; 6iàupoYiYvoff7.0[A£vu)v...è(îTt. lib. I., cap. vu. — Ailleurs il répète, que toute doctrine et toute science rationnelle est fondée sur une connaissance antécédente..., que le syllogisme et l'induction n'appuient leur marche que sur ces sortes de connaissances; partant toujours de principes posés comme connus. (Analyt. poster., lib. J, cap. i. De Demonst.)

une force de tète et une finesse d'expressions véritablement admirables, sur l'essence de l'esprit qu'il place dans la pensée même, il ne vous restera pas le moindre doute sur l'erreur qui a prétendu ravaler ce philosophe jusqu'à Locke et Gondillac.

Quant aux scolastiques, qu'on a beaucoup trop déprimés de nos jours, ce qui a trompé surtout la foule des hommes superficiels qui se sont avisés de traiter une grande question sans la comprendre, c'est le fameux axiome de l'écolier : Rien ne peut entrer dans l'esprit que par l'entremise des sensK Par défaut d'intelligence ou de bonne foi, on a cru ou l'on a dit que cet axiome fameux excluait les idées innées : ce qui est très faux. Je sais. Monsieur le sénateur, que vous n'avez pas peur des in-folios. Je veux vous faire lii'e un jour la doctrine de saint Thomas sur les idées; vous sentirez à quel point...

Le chevalier. — Vous me forcez, mes bons amis, à faire connaissance avec d'étranges personnages. Je croyais que Saint Thomas était cité sur les bancs, À quelquefois à l'Église; mais je me doutais peu qu'il ^ pût être question de lui entre nous.

Le comte. — Saint Thomas, mon cher chevalier, a fleuri dans le xiii® siècle. Il ne pouvait s'occuper de sciences qui n'existaient pas de son temps, et dont on ne s'embarrassait nullement alors. Son style admirable sous le rapport de la clarté, de la précision, de la force | et du laconisme, ne pouvait être cependant celui de 1 Bembo, de Muret ou de Malfei. Il n'en fut pas moins l'une des plus grandes tètes qui aient existé dans le j monde. Le génie poétique même ne lui était pas étranger. L'Église en a conservé quelques étincelles qui purent exciter depuis l'admiration et l'envie de Santeuil^.

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