Ps. CXVIII
rosée spirituelle qui n'a point de nom, mais qui n'en a point besoin, car personne ne peut la méconnaître K Votre Vincent de Lerins a donné une règle fameuse en fait de religion : il a dit qu'il fallait croire ce qui a été cru TOUJOURS, PARTOUT et PAR TOUS 2. Il n'y a rien de si vrai et de si généralement vrai. L'homme, malgré sa fatale dégradation, porte toujours des marques évidentes de son origine divine, de manière que toute croyance universelle est toujours plus ou moins vraie; c'est-à-dire que l'homme peut bien avoir couvert et, pour ainsi dire , encroûté la vérité par les erreurs dont il l'a surchargée; mais ces erreurs seront locales, et la vérité universelle se montrera toujours. Or, les hommes ont toujours et partout prié. Ils ont pu sans doute prier mal : ils ont pu demander ce qu'il ne fallait pas, ou ne pas demander ce qu'il fallait, et voilà l'homme ; mais toujours ils ont prié, etvoilàDieu. Le beau système des lois invariables nous mènerait droit au fatalisme, et ferait de l'homme une statue. Je proteste, comme notre ami Fa fait hier, que je n'entends point insulter la raison. Je la respecte infiniment malgré tout le mal qu'elle nous a fait ; mais ce qu'il y a de bien sur, c'est que toutes les fois qu'elle se trouve opposée au sens commun, nous devons la repousser comme une empoisonneuse. C'est elle qui a dit : Rien ne doit arriver que ce qui arrive ; rien n'arrive que ce qui doit arriver^. Mais
1. Pythagore disait, il y a près de vingt-cinq siècles, qu'un homme qui met le pied dans un temple sent naître en lui un autre esprit. [Sen. Ep. mor. XCIV.) Haut, dans nos temps modernes, fut un exemple du sentiment contraire. La prière publique et les chants religieux le choquaient. Sautes beten und singen icar ilim zuwider. (Voyez la notice sur Hant, tirée du Freymuthig, dans le Correspondant de Hambourg du 7 mars 1804, n'SS). C'était un signe de réprobation dont les Allemands penseront ce qu'ils voudront.