Proprement Science du sentiment, du grec at(T6r,(ii
Le traducteur français de Locke, Goste, qui fut à ce qui parait un homme de sens, bon d'ailleurs et modeste, nous a raconté, dans je ne sais quelle note de sa traduction ^ qu'il fit un jour à. Locke cette même objection qui saute aux yeux. Le philosophe, qui se sentit touché dans un endroit sensible, se fâcha un peu, et lui répondit brusquement: Je n'ai pas écrit mon livre pour expliquer les actions des bêtes. Coste, qui avait bien le droit de s'écrier comme le philosophe, grec : Jupiter, tu le fâches, tuas donc tort! s'est contenté cependant de nous dire, d'un ton plaisamment sérieux : La réponse était très bonne, le titre du livre le démontre clairement. En effet, il n'est point écrit sur V. entendement des bêtes. Vous voyez. Messieurs, à quoi Locke se trouva réduit pour se tirer d'embarras. Il s'est bien gardé, au reste, de se proposer l'objection dans son livre, car il ne voulait point s'exposer à répondre; mais Condillac, qui ne se laissait point gêner par sa conscience, s'y prend bien autrement pour se tirer d'affaire. Je ne crois pas que l'aveugle obstination d'un orgueil qui ne veut pas reculer ait jamais produit rien d'aussi plaisant. La bête fuira, dit-il, parce qu'elle en a vu dévorer d'autres; mais comme il n'y avait pas moyen de généraliser cette explication, il ajoute : « qu'à l'égard des « animaux qui n'ont jamais vu dévorer leurs semblables, « on peut croire avec fondement que leurs mères, dès le c( commencement, les auront engagés à fuir » . Engagés est parfait ! Je suis fâché cependant qu'il n'ait pas dit, leur auront conseillé. Pour déterminer cette explication, il ajoute le plus sérieusement du monde, que si on la rejette, il ne voitpa\ce qui pourrait porter l'animal à prendre la fuite-.
Excellent! Tout à l'heure nous allons voir que si l'on se