‹ Œuvres choisiesChapitre 6 sur 83 · IV PREFACE DU PREMIER EDITEUR · texte numérisé non relu

IV PREFACE DU PREMIER EDITEUR

Tantique et merveilleux édifice élevé par la Vérité même, et ne cessant de nier, les unes après les autres, toutes les croyances religieuses, c'est-à-dire tous les rapports de l'homme avec Dieu, elle continua de marcher ainsi, au milieu d'une corruption toujours croissante de la société, jusqu'à la Révolution française, où Dieu lui-même fut nié par la société, ce qui ne s'était jamais vu ; où le monde a éprouvé des maux plus grands, a été menacé d'une catastrophe plus terrible même que dans les derniers temps de l'Empire romain , parce que la Vérité éternelle, ayant opéré pour lui le dernier miracle de la grâce, ne lui doit plus maintenant que la justice , et ne reparaîtra plus au milieu des hommes que pour le jugement.

Et véritablement c'en était fait du monde si , selon la promesse, cette grâce qui éclaire et vivifie n'eût trouvé un refuge dans un petit nombre de cœurs humbles, fidèles et généreux. Ils combattirent donc pour la vérité ; ils furent ses matryrs; ils sont encore ses apôtres. Autour de la lumière qui leur a été donnée d'en haut, ils ont su réunir, ils rassemblent encore tous les jours, ceux qui savent ouvrir les yeux pour voir, les oreilles pour entendre. L'erreur étant arrivée à son dernier excès et s'étant montrée dans sa dernière expression, la vérité a fait entendre par leur bouche ses arrêts les plus formidables, a dévoilé à la fois tous ses principes àjamaisimmuables et leurs conséquences non moins absolues : toutes les nuances ont disparu, tous les ménagements de timi-

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