APRÈS QUATORZE ANS
(A Angèle — Inédit.)
Quand on est tout éclose Et dans son plein été, On est toujours la rose Qu'on a toujours été.
Et puis une autre chose :
Je vois un rejeton.
On est toujours la rose, La rose et le bouton.
De la métamorphose Je sais quelqu'un qui rit.
On est toujours la rose, La rose qui fleurit.
Bien que le temps morose Ait raison de chacun, On est toujours la rose, La rose et son parfum.
Mars 1870.
JEUNES FILLES
A DE JEUNES COMMÈKES
(Inédit.)
Vos cheveux tombent sur Fépaule En longs anneaux, châtains ou blonds ; Cependant la neige du pôle De mon front creuse les sillons.
Sur moi, sur d'autres pauvres hères, On ne vous sait que mieux jasant ; Allons, allons ! jeunes commères, Donnez-vous-en !
Vos yeux sont noirs ou bleus, n'importe Ou bleus ou noirs, ils sont charmants ; Même ils sont faits de telle sorte Qu'on les voit autres par moments.
Dans leur beau ciel, sourdes colères, Fauves éclairs se vont croisant.
Allons, allons ! jeunes commères, Donnez-vous-en !
Jamais de lèvres plus vermeilles.
Ni de sourires plus railleurs !
On se figure des abeilles Qui prêteraient leur dard aux fleurs.
Quand passent les fleurs éphémères, Le dard leur reste en vieiflissant.
Allons, allons ! jeunes commères.
Donnez-vous-en !