‹ Œuvres choisies;Chapitre 164 sur 194 · LÉGENDE VAUDOISE · texte numérisé non relu

LÉGENDE VAUDOISE

(A mon fils Aloys.)

Aux premiers soirs d'automne, en jetant au foyer Le sarment qui le fait un instant flamboyer, Mon père, maintes fois, riant de ma demande. M'a conté cette histoire à la veine romande. Elle est de l'ancien temps, et mon père en savait Beaucoup d'autres ainsi ; lui seul les conservait. Que n'ai-je, comme lui, le sens, le sel rustique, Avec le mot pour rire, à la tournure antique. Et sa bouche parlante, et de ses grands yeux bleus Le trait tombant à pic, sans rien de sourcilleux ! Malin conteur, mais bon, franc, jovial et tendre. Il disait donc — hélas ! je ne puis plus l'entendre : —

Jadis le Rossignol, tant fût-il damoiseau.

Ne chantait que le jour, comme tout autre oiseau.

Parcourant les taillis, ses vertes promenades.

Du matin jusqu'au soir il faisait des roulades,

Qu'il débitait parfois, sans crainte des sergents.

Musicien de passage, à la porte des gens.

S'arrêtant à sa guise en son libre domaine.

Il chantait son grand air, quand sa voix se démène.

Qu'il se fâche, s'irrite, et qu'il semble, à genoux.

Etre quelque amoureux, comme nous sommes, nous.

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