PREMIÈRES JOURNÉES D'HIVER
PKKMIÈKXS JOUKNÉES D'KIVEK
(Ménage de garçon.)
Des monts passant à la plaine, L'hiver s'est donc approché ; Et la belle Madelaine Met sa mantille de laine, Quand elle vient au marché.
En cadence, avec furie.
Le fléau bat les épis, Tandis que la métairie Voit recouvrir sa prairie D'un triste et jaune tapis.
Un rideau sombre et grisâtre Ternit l'azur du Léman, Et, plus blanche que l'albâtre, La neige a fait fuir le pâtre Des hauts sommets de Jaman.
Sous l'hiver qui nous menace.
En riant il faut ployer.
Bravant sa main qui vous glace, Amis, cherchez une place A l'entour de mon foyer.
72 LA FAMILLE
Ce bois que le feu dévore Me restait de l'an passé.
S'il m'en faut de l'autre encore, Je vous jure que j'ignore Sur quels monts il est placé ;
Ni quel montagnard agile, Par des sentiers rocailleux Conduisant un char fragile.
Doit me l'amener en ville Et boire un coup de vin vieux.
Mais qu'importe ? dans mon âme Pourquoi loger ce souci ?
Qu'un avare le réclame !
Au foyer lorsque la flamme Ne sourira plus ainsi.
Eh bien ! le bon Dieu qui m'aime, (Car moi, je crois au bon Dieu, J'ai senti son doigt suprême !) Me fera trouver lui-même Bon lit, bon gîte et bon feu.
Venez donc, vous que j'accueille Pour ces fugitifs instants!
Comme une fleur que l'on cueille Et qui tombe, feuille à feuille, Dispersée avant le temps ;