‹ Œuvres choisies;Chapitre 181 sur 194 · LA FLUTE PENDANT L'ORAGE · texte numérisé non relu

LA FLUTE PENDANT L'ORAGE

Et j'entends rechanter l'oiseau Jusqu'au bord de notre aire.

Flûte bocagère, A son chant joyeux, De ta voix légère, Réponds de ton mieux.

Avec la brise, dont le thym Parfume ici le. flot lointain, Hedis-moi ce chant du matin Que nous disait ma mère.

Flûte bocagère,

Rends-moi cet accord,

Dans ta voix légère

Je l'entends encor.

Qui vient là-bas dans le chemin, Oubliant l'orage inhumain.

Et parfois se donnant la main, Le berger, la bergère?...

Flûte bocagère.

Flûte aux doux accents.

De ta voix légère

Charme les passants.

Mais si, doublant ou non le pas.

Même eux s'en vont, n'écoutant pas Ni, du soir dressant le repas, L'active ménagère ;

MONTAGNE

Flûte bocagère, Seule en ton enclos, De ta voix légère Charme les échos.

Et pour toi n'en fût-il aucun, Comme la fleur dont le parfum N'a que le vent pour lot commun.

Pour aile messagère.

Flûte bocagère,

Chante néanmoins,

De ta voix légère

Chante sans témoins.

Dans l'air ou mon cœur, je ne sçai, Qu'il fasse triste ou fasse gai.

Chante à l'écart ton chant de mai Ton chant de primevère.

Flûte bocagère.

Chante sous mes doigts, Sous mes doigts légère.

Chante au fond des bois.

Gryon, août 1870.

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