ÉTRENNE
Plus de zéphir qui soulève Le flot caressant la grève !
Et la nuit, doux comme un rêve, Plus de chant aérien !
Quand la nature sommeille.
Sur ton cœur qui toujours veille, Cache-moi, cache-moi bien!
ÊTKENNE
Montez, ô mes chères pensées.
Comme des oiseaux dans les cieux!
Par un doux soleil nuancées.
Montez à mon cœur radieux,
De pleurs secrets mouillez mes yeux !
De vos images passagères.
Je sens en moi le vol tremblant.
Couvrez de vos ailes légères
Les jours de Noël et de l'an !
C'est la semaine sainte et belle Où le temps, ce grand voyageur, Comme un serpent se renouvelle ; Où jadis est né le Sauveur, Du temps et de la mort vainqueur.
Des cieux où, pour se faire entendre,
Tonne sa voix, en appelant, Sur la terre il aime descendre.
Les jours de Noël et de l'an.
Sous la neige dort le rivage.
Sous la neige dorment les bois.
Les flocons seuls ont un langage, Mais tous leurs soupirs à la fois Font à peine un filet de voix.
Le souvenir et l'espérance Comme la neige, fourmillant, Descendent du ciel en silence Les jours de Noël et de l'an.
Plus haut, plus haut que la montagne,
Que le nuage et le ciel bleu,
O mon ange, ô douce campagne!
Au dessus des astres de feu.
Que nos cœurs volent devant Dieu î
Là, nous trouverons sous ses ailes
L'amour et l'espoir consolant,
Pour nos étrennes les plus belles
Des jours de Noël et de l'an.