LA BAIGNOIRE
Quand, pour mieux rire, elle nous gronde. C'est notre nid, un pli dans l'onde.
Mais, dans le sable fin et chaud.
Nous en avons encore un autre.
Où l'on s'étend, oîi l'on se vautre.
Jambes en l'air, bien comme il faut, Dans notre nid de sable chaud.
Pour confesser toute l'histoire.
Notre peignoir est sans apprêts.
Le sable seul en fait les frais.
Même il retombe en la baignoire, Pour confesser toute l'histoire.
Vaste baignoire au bleu contour.
Frangé d'argent des hautes cimes Et qui nous ouvre en ses abîmes Un second ciel, un second jour ; Vaste baignoire au bleu contour.
Un oiseau parti dès l'aurore Ne ferait pas de ce bassin Le tour entier, sans nul larcin.
Avant le soir, qui le colore, Comme au départ la blonde aurore.
C'est là que sont nos grands ébats, Dans ces flots purs qui nous enlacent.
Qui nous font haie et se remplacent.
LA FAMILLE
Et semblent nous parler tout bas ; C'est là que sont nos grands ébats.
Près de nous passe une mouette, Rasant le flot capricieux ; Et, de la rive au fond des cieux.
S'élance et chante l'alouette.
Près de nous passe une mouette ;
Sur le flot bleu c'est un flot blanc Qui s'en détache et prend une aile ; A tour de bras nageant sous elle.
Nous la suivons presque en volant.
Sur le flot bleu comme un flot blanc.
Mais le plus beau, c'est un navire, Que nous frétons subtilement.
Un madrier, long bâtiment, Tenant bien l'eau, sans qu'il chavire, Quoique tout plat, notre navire.
Jambes deçà, jambes delà,
Nos pieds, nos mains pour seules rames,
Sans gouvernail, ni mâts, ni flammes.
Il est lancé, nous y voilà
Jambes deçà, jambes delà.
A cheval sur les ondes folles, Au large ainsi nous avançons, A fleur d'eau comme les poissons.