‹ Œuvres choisies;Chapitre 58 sur 194 · LES HÉROS HELVÉTIQ.UES · texte numérisé non relu

LES HÉROS HELVÉTIQ.UES

Et toujours, sur les ondes Du Léman argenté, Sort des grottes profondes Un chant de liberté.

Il s'élève, il s'élève!

Il fait frémir les eaux, Et la montagne achève.

Avec ses mille échos.

Il dit: « Suisse nouvelle, » Renais î c'est le signal ; » Sur la neige éternelle » Pose un pied virginal.

» Comme elle blanche et pure, » Viens sur le pic vermeil !

» Des fleurs à ta ceinture, » Sur ton front le soleil î »

Mais le chant monte encore ; Il monte jusqu'aux cieux, Avec le soir qui dore Les glaciers radieux,

Et dans les rougeurs sombres Des nuages flottants On voit passer les ombres Des héros du vieux temps.

OLIVIER^ 11

POLITiaUE. REGRETS, ETC.

Ils viennent, grands, sublimes, Mais le chef incliné, Comme, aux bord des abîmes, Un pin déraciné.

Et leurs fronts, hauts et mâles, Ridés comme la mer, Lancent des éclairs pâles, Qui se croisent dans l'air.

Là, du sein de la nue Jusqu'au creux des vallons.

Ils percent l'étendue.

De leurs regards profonds.

Ils voient tout : les vallées Qui cachent leurs tombeaux.

Et les tours écroulées.

Nommant des lieux nouveaux.

Mais leur regard s'étonne:

Il cherche, il cherche en vain; Comme l'aigle, en automne.

Planant sur le ravin ;

Alors qu'à la montagne Dit adieu le troupeau.

Qui lentement regagne La plaine et le hameau.

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