JEUNE HELVÉTIE
JEUNE KELVfeTIE
(Musique de M. Mascheck. — 1842.)
Jeune Helvétie, à toi notre espérance!
A toi nos vœux, notre amour et nos bras! Aux jours de force, aux jours de défaillance, A toi la gloire, et pour toi nos combats ! Si le rocher qui borne tes campagnes Réduit ta part du lot universel, Tu peux encore, ô terre des montagnes ! Grandir, mais du côté du ciel.
Le ciel, c'est l'âme et les fortes pensées. Des citoyens les dévoûments pieux, L'Œuvre et la Foi qui, les mains enlacées, Montent toujours pour toujours chercher mieux Le saint amour du frère pour le frère. Flamme qui doit de l'helvétique autel.
Comme l'encens des cimes de la terre.
Grandir avec toi vers le ciel.
Elève-toi par ton libre courage!
Gravis tes monts, suis ton rude sentier, Et que ta robe, entre le noir nuage.
Brille plus blanche au loin que le glacier ! Là, sur la terre, à tes pieds déroulée, Jette en tout sens un regard fraternel. Heureuse et hère, et bientôt consolée De ne grandir que vers le ciel.
CHANTS NATIONAUX
LES BKKNIEKS COMBATTANTS
(Musique de Spseth.)
Peut-être, un jour, nous verrons dans la plaine Des fils du Nord les sinistres essaims. Leur vol grondant fait frissonner nos seins Comme du soir une pesante haleine !
Gardons nos cœurs de toute lâcheté !
Notre Helvétie est à la liberté.
Venez, venez sur l'antique montagne :
Un souffle impur ne nous y suivra pas. Ici l'air libre, et l'étranger là-bas.
Avec son roi que la mort accompagne.
Pour un moment qu'ils se disent vainqueurs ! Notre Helvétie, à nous, est dans nos cœurs.
Vallons dormant au pied des blanches cimes, Humbles chalets, tentes du haut azur.
Riant asile, abri terrible et sûr, Fort crénelé, ceint de remparts d'abîmes!
C'est à nous seuls que Dieu vous dévoila : Notre Helvétie, à nous, est encor là.
Chère patrie, ici, pour te défendre.
Déjà tu vis arriver nos aïeux. [eux; De monts en monts nous nous cachons comme Comme eux aussi nous saurons redescendre.
CHANSONS HELVÉTiaUES
Armes î drapeaux ! ne vous inclinez pas ! Notre Helvétie, à nous, est dans nos bras.
S'il faut encore un plus grand sacrifice, Sur le glacier, notre dernier espoir, Nous combattrons vaillamment jusqu'au soir ; Puis, l'âme à Dieu, le corps au précipice.
Nous cesserons nos belliqueux accords, Et l'Helvétie au moins nous aura morts.
Notre cercueil, c'est le profond abîme ; Notre linceul, le nuage qui fuit; Notre épitaphe, un éclair dans la nuit, Et notre tombe, une Alpe au front sublime !
Notre Helvétie est à la liberté :
Gardons nos cœurs de toute lâcheté!