‹ Œuvres choisies;Chapitre 64 sur 194 · A DE JEUNES AMIS · texte numérisé non relu

A DE JEUNES AMIS

Ne dites point que tout meurt, que tout passe, Vapeur d'un jour qui se dore et s'enfuit, Eclair moins prompt à jaillir de l'espace Qu'à retomber dans l'éternelle nuit.

L'œuvre de l'homme est légère et fragile, Toujours reprise, et toujours à finir.

Ce qui périt, c'est le moule d'argile : Le bronze reste, et passe à l'avenir.

Nous avons vu, comme on voit en automne Tomber la feuille au front ridé des bois, Jonchant le sol, tomber sceptre et couronne. Tomber aussi des peuples et leurs droits. Serait-ce donc notre moisson dernière?... Non; mais, pour l'heure où Dieu la veut bénir. Un autre attend, là, dans cette poussière : Le germe reste et croît pour l'avenir.

Si, devant nous, le rayon de l'aurore Pâlit déjà, cède au rayon du soir,

POLITIQ.UE. REGRETS, ETC

Pour VOUS, amis, le matin dure encore.

Et de longtemps il ne fera pas noir.

Soyez heureux ! gardez la sainte flamme. Le feu sacré que rien ne doit ternir ! Vase d'un jour, le corps tombe, mais l'âme, La flamme reste, et luit dans l'avenir.

ET IN AKCADÏA

(A mes amis sur la montagne.)

Et nous aussi, sur la montagne.

Nous avons eu notre rayon.

Avec l'Aurore pour compagne.

Et pour chemin le frais gazon I

Ensemble, amis, touchant le faîte Du pic, monarque souverain.

Et nous aussi, sur notre tête.

Nous avons vu le ciel serein !

Et nous aussi, des hautes cimes Nous avons vu le haut azur.

Vu s'éclairer leurs fronts sublimes.

Quand, à leurs pieds, tout reste obscur !

Nous étions là ! sur les vallées.

Et sur la plaine au loin fuyant En sombres vagues déroulées.

Plongeait notre œil calme et brillant.

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