LA VOIX INVISIBLE
(A M"« Caroline M**.)
Ame souffrante, âme accablée,
Qui vas cherchant
Dans la vallée, Sans retrouver de fleur au champ ;
Quand tu vois fuir ces biens du monde,
D'un lent effort,
Comme fuit l'onde.
En laissant croire qu'elle dort ;
N'est-il donc rien qui nous console.
Aucune voix
Qui passe et vole, Comme l'oiseau parmi les bois ?
Non, me dis-tu, de la vallée
Et de mon cœur
S'en est allée La voix qui parle de bonheur.
TRISTESSES ET RÊVERIES
Sur la montagne au front sublime, Aérien,
De cime en cime J'ai beau monter, je n'entends rien.
Et dans les bois plus de colombe,
Plus d'écureuil.
De gland qui tombe :
On s'y croirait dans un cercueil.
Tout est muet sur le cytise,
Sur l'aubépin ;
Même la brise Meurt dans les harpes du sapin.
Pas un écho sous ce grand dôme
Au cintre vert.
En ce royaume Du jour craintif et qui se perd.
Pas un soupir sous la feuillée...
Mais brusquement, '
Comme éveillée.
Elle tressaille et te dément.
Un rameau pHe et se balance.
Un léger bruit
Rompt le silence ; On ne sait quoi là-bas s'enfuit.