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LA VOIX ^VISIBLE

Tout est rentré dans le mystère.

Le bois s'est tu,

Moins solitaire.

L'âme a senti, l'œil n'a rien vu.

Et de nouveau, joyeuse ou triste,

La même voix,

A l'improviste.

Appelle encor du fond des bois.

C'est donc un chant, c'est donc une aile

Qui fait plier

Le rameau frêle, En se glissant sous le hallier.

Cette voix douce en ses réponses

Jette son cri

Parmi les ronces Ou le genêt humble et fleuri.

Ainsi le cœur, lorsque tout semble

Mort à nos yeux.

Roseau qui tremble, Atteste encor le vent des cieux.

Quand de ces ombres amassées.

Triste forêt

De nos pensées, Rien ne répond, rien ne paraît,

240 TRISTESSES ET REVERIES

Quelqu'un est là, grave et fidèle,

Quelqu'un pourtant,

Qui nous appelle :

On ne voit rien, mais on entend.

Tout n'est pas mort et sans haleine

Dans ce ravin

De notre peine.

Où notre cœur s'abîme en vain.

Une aile encor perce la voûte

Et montre en haut

Quelle est la route.

Si l'autre en bas nous fait défaut.

Ame souffrante, âme accablée,

Qui vas cherchant

Dans la vallée.

Sans retrouver de fleur au champ;

N'est-il donc rien qui nous console

Aucune voix

Qui passe et vole.

Comme l'oiseau parmi les bois?

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