‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 56 sur 68 · THÈSES SUR FEUERBACH · texte numérisé non relu

THÈSES SUR FEUERBACH

Feuerbach, non content de la pensée abstraite, en appelle à la perception sensible, mais il ne considère pas la sensibilité en tant qu'activité pratique des sens de l'homme.

Feuerbach dissout l'être religieux dans l'être humain. Mais l'être humain n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, c'est l'ensemble des rapports sociaux.

Feuerbach, qui n'entreprend pas la critique de cet être réel, est par conséquent obligé :

1. De faire abstraction du cours de l'histoire et de fixer le sentiment religieux en soi, en supposant l'existence d'un individu humain abstrait, isolé.

2. De considérer, par conséquent, l'être humain uniquement en tant que « genre », en tant que généralité interne, muette, liant d'une façon purement naturelle les nombreux individus.

C'est pourquoi Feuerbach ne voit pas que le « sentiment religieux » est lui-même un produit social et que l'individu abstrait qu'il analyse appartient en réalité à une forme sociale déterminée.

La vie sociale est essentiellement pratique. Tous les mystères qui détournent la théorie vers le mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine et dans la compréhension de cette pratique.

Le point le plus élevé auquel atteint le matérialisme intuitif, c'est-à-dire le matérialisme qui ne considère pas la sensibilité en tant qu'activité pratique, est la façon de voir des individus pris isolément dans la « société bourgeoise ».

Le point de vue de l'ancien matérialisme est la société « bourgeoise ». Le point de vue du nouveau matérialisme, c'est la société humaine, ou l'humanité socialisée.

Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, mais il s'agit de le transformer.

Rédigé par Marx en 1845 Publié pour la première fois par Engels en 1888 à titre de supplément de l'édition séparée de Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande

Pour préparer la présente édition, on a utilisé la traduction publiée sous le titre Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, Editions Sociales, Paris

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