SCÈNE III
ATTILA, MUNDO, HERNOCK, ELLAK, IIERR1C, HILDIGA, WALTER, cortège
ATTILA, cherchant autour de lui.
H erric . . . Ellak, Walter . . . Walter !
(Apercevant Hernock qui porte les fers qu'on lui a mis au premier acte.)
Hernock... Approche, Mon fils. Je fus sévère, et je me le reproche, Envers toi.
HERNOCK
Tu fis bien : j'avais désobéi.
ATTILA
Ainsi, tu te repens, Hernock, de ta faute?
HERNOCK
Oui.
ATTILA
Je vais donc ordonner à l'instant qu'on détache Tes fers...
HERNOCK
Je les aurais brisés avec ma hache SI je l'avais voulu ; mais je les garderai.
ATTILA
Jusques à quand ?
HERNOCK
Jusqu'à l'heure où je servirai Mon père et ses desseins d'une façon si haute Que je ne puisse plus me reprocher ma faute.
ATTILA
Je reconnais mon fils.
(A Mundo )
Ce n'est pas Hernock?
MUNDO
Non.
ATTILA
Et cependant, il faut que je sache ce nom!
(Apercevant Ellak.
Ellak, quelle faveur puis-je aujourd'hui te faire ! Que me demandes-tu ?
ELLAK
La grâce de ma mère.
ATTILA
Son crime fut trop grand ! — Cependant, je verrai, Il faut attendre encor.
ELLAK
Mon père, j'attendrai.
ATTILA, à part.
Ce n'est pas lui, non plus !
(Allant vers le cortège d'Hildiga.) Viens, reine, c'est moi-même
Qui sur ton jeune front mettrai le diadème.
IIILDIGA, à part, sur le devant de la scène, pendant qu'Attila va prendre le diadème des mains des prêtresses.
Ah! pour que Dieu, mêlant la douleur à l'affront, Place cette couronne horrible sur mon front, Qu'ai-je donc fait de mal quand j'en portais une autre ! Et Walter..? 11 est là! — Quel martyre est le nôtre 1 Ah ! des conseils d'Ellak se faisant une loi, Puisse-t-il rester calme et muet comme moi! Car hélas ! qu'on l'honore, ou l'accuse, ou le brave, Le silence est le seul complice de l'esclave!
ATTILA
(Il prend la couronne de la main des prêtresses et la place sur la tête d'Hildiga.)
Maintenant observons la loi des Huns en tout : Tandis qu'à ses côtés le roi reste debout,