‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 106 sur 387 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ATTILA, HILDIGA, GÉRONTIA, HERRIG, foule des huns,

captifs, puis IIERKLÉ

HILDIGA

Arrêtez! Arrêtez!

(Attila se tourne vers elle.)

Attila ! — C'est infâme !

Tu ne commettras pas ce crime !

ATTILA, la repoussant et la contenant.

Tais-toi, femme !

Ton père après Walter, si tu dis un seul mot l Et je te traîne, là, jusqu'au sanglant billot !

(Il la rejette sur le devant de la scène.)

HERRIC, allant vers Attila.

Maître, je ne viens pas prier pour ta victime ;

Je vois trop dans tes yeux la démence du crime !

Prends-y garde, Attila : pour toi, pour tes pareils,

La foudre tout à coup a d'éclatants réveils !

Je regardais ta hache à l'instant même... Maître,

L'ouvrier qui la fit, songeant à toi peut-être,

Lui donna deux tranchants dans un double dessein :

L'un frappe la victime et l'autre l'assassin I

Interroge les Dieux !

HERKLÉ, paraissant au fond.

Attila, pas de grâce!

La lance du dieu Thor sous le ciel sombre passe, On entend dans les bois les trois Nornes hurler, Et leur soif a besoin du sang qui va couler !

ATTILA, à Herric .

Les dieux ont répondu, roi ; c'est l'arrêt suprême ;

(Cris dehors, tous les captifs tombent à genoux.)

IIILDIGA à Géronlia qui est agenouillée à gauche, et lui parlant tout bas en frémissant.

Ah! ces cris ! Il est mortl Gérontia... toi-même Comprends-moi : Le venger. — Mais regarde-moi donc ! Il est mort !

Le venger?

HILDIGA

Oui, comprends-moi !

GÉRONTIA

Pardon 1 Je comprends maintenant...

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