‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 127 sur 387 · SCÈNE II LYDIE, MÉGARA, FAUSTUS et PAUL · texte numérisé non relu

SCÈNE II LYDIE, MÉGARA, FAUSTUS et PAUL

travaillant au fond.

Quoi, Lydie ! — Ainsi qu'une Romaine , Une Juive à ce point, se montrer inhumaine 1

LYDIE

Inhumaine... Non, mais l'on est trop indulgent; Gyrine m'a coûté quatre mines d'argent !

MÉGARA

Ah! marchande !

LYDIE

Marchande, en effet, j'en suis fière :

Ici même à Philippe et dans la Grèce entière, Qui fabriquerait mieux le bysse, les safrans, L'écarlate ?

MÉGARA

Tu veux m'en vendre ! Je comprends :

Juive toujours !

LYDIE

Méchante I

MÉGARA, riant.

Oh ! simple badinage !

Les Juifs avec les Grecs font ici bon ménage ; Tous y vivent en paix sous le pouvoir romain. Je t'aime, quoique Juive.

L APOTRE

LYDIE

Allons, enfant, ta main !

Un mot encor : sais-tu, toi Juive asiatique, Qu'on célèbre ce soir, avec la pompe antique, Deux fêtes à la fois : celle du dieu Bacchus, Celle du dieu Sylvain?

LYDIE

Je le savais.

MÉGARA

De plus, Une Grecque orpheline, encor selon l'usage, Doit réciter un hymne aux dieux sur leur passage ; C'est moi qu'on a choisie, et tu pourras me voir Ici même remplir ce solennel devoir.

LYDIE

Chez moi?

MÉGARA

Chez toi. Tout Juif, imitant notre zèle, Doit orner sa maison

LYDIE

Ma maison sera belle; Regarde : on y travaille.

MÉGARA

En effet, c'est fort beau.

PAUL, toujours travaillant sur l'échelle au fond.

Faustus, cette tenture est trop près du flambeau : Le feu pourrait y prendre ; écarte-la.

FAUSTUS

Bien, maître.

LYDIE, allant vers Paul avec un peu de vivacité. Ami, tout sera-t-il prêt pour ce soir?

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