‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 17 sur 387 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Lbs Mêmes, BERTIIE, GÉRALD, RAGENHARDT

enchaîné et maintenu par des esclaves.

GÉRALD

Mon père !

AMAURY, le pressant dans ses bras.

Mon Gérald! — Mais dis-moi... car j'ignore... Tu n'es pas blessé ?

GÉRALD

Non par malheur ! Pas encore !

C'est par vous que j'appris qu'en faisant son devoir La première blessure est douce à recevoir. Eh bien, pour recevoir ma première blessure, Aucun jour n'eût été meilleur, je vous l'assure !

(Regardant Berlhe, qui est restée un peu en arrière.) Mais les Saxons, madame, en fuyant sous mes coupe, M'ont à peine permis de combattre pour vous.

BERTIIE, avançant, à Amaury.

L'éloge mérité que votre fils évite, Il l'aura : Les Saxons ne fuyaient pas si vite ! Et tous mes serviteurs brusquement dispersés, N'est-il pas vrai, messire, en témoignent assez !

AMAURY

L'éloge pour mon fils est glorieux, madame ! Votre voix, vos regards, cette fermeté d'âme Que tout annonce en vous après un tel danger Prouvent que rien de grand ne vous est étranger ! Chez le comte Amaury soyez la bienvenue, Madame ! La demeure est pour vous inconnue, Et sans doute vos pas pour la première fois Viennent de rencontrer ce manoir de Montblois ; Car ce fief est lointain et séparé des autres Par de vastes forêts qui se joignent aux nôtres.

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