‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 194 sur 387 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MAHOMET

Tant mieux ! Je craignais entre vous Quelque dispute encor.

AYESHA, froidement.

Si son cœur est jaloux, Le mien ne l'est pas.

MAHOMET, avec une sorte de dépit.

Ah ! — Tu sais qu'elle est poète ;

Elle a fait contre nous deux hidjas.

AYESHA

Oui, Prophète, J'ai lu ces vers.

MAHOMET, en souriant.

Il lui faut pardonner, je crois, Une fois s'ils sont bons : s'ils sont mauvais, deux fois ! — Suis-je trop indulgent ?

AYESHA, toujours froidement.

Non.

MAHOMET

Safwan... approche...

Regarde la belle eau qui sort de cette roche !

(II en puise dans une tasse que lui tend un esclave ) Ami, va donc offrir la coupe que voici A ta fière cousine Ayesha.Va !

AYESHA, à Safwan, après avoir bu.

Merci .

MAHOMET

Ayesha, n'es-tu pas un peu lasse ?

AYESHA

Non, certe.

L'air frais du soir entrait par la litière ouverte, Et je ne songeais plus aux ardeurs du soleil.

MAHOMET

MAHOMET

N'importe, le repos est bon, et le sommeil, Tu le vois, Ayesha, les tentes sont dressées ; Va donc reposer, femme, et puissent les pensées Que les anges du rêve ici t'apporteront Ne pas laisser demain un nuage à ton front 1

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