‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 25 sur 387 · SCÈNE II GÉRALD, AMAURY · texte numérisé non relu

SCÈNE II GÉRALD, AMAURY

AMAURY

Ah! c'est toi, mon enfant?

GÉRALD

Écoutez- moi, de grâce, Mon père ! Un tel aveu me trouble et m'embarrasse ; Mais si j'ose parler aujourd'hui, croyez bien Que mon respect pour vous n'en doit souffrir en rien.

AMAURY

Parle.

GÉRALD

Eh bien, je voudrais — car si j'ai pu naguère, Poursuivre des Saxons, je n'ai pas vu la guerre... Je voudrais partir, voir de vrais combats un jour, Et faire à notre nom quelque honneur à mon tour.

AMAURY

Je te comprends, Gérald : jeune, j'étais de même ;

C'est un noble désir que j'excuse et que j'aime.

Si ton éloignement est bien cruel pour moi,

Ta gloire et ton honneur me sont chers comme à toi.

Une guerre, dit-on, se prépare en Sicile,

Y prendre part, Gérald, pour toi sera facile.

J'y songerai.

GÉRALD

Pardon, mon père ! mon espoir Est de rester en France à faire mon devoir ; Je veux être avant tout soldat de Charlemagne.

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