‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 265 sur 387 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARÉTIN, ANGELA, sortant de la maison.

ANGE LA

Vous repartez déjà?

ARÉTIN

Pour Venise. Une affaire M'appelle qui n'est pas de celle qu'on diffère.

ANGELA

Votre traduction du Nouveau Testament?

Le pape Jules trois l'approuve hautement

Et par le duc d'Urbin me transmet ses suffrages.

(En souriant.) Et dire que j'ai fait autrefois des ouvrages ! Mais ceux-là, cet obscène et dangereux trésor, Franco les cherche et les rachète au poids de l'or, Je les brûle, et vraiment la fumée est fort laide?

ANGELA

Alors, n'en riez plus.

ARÉTIN

Pourquoi donc ? Cela m'aide Au repentir ! Pour moi, le repentir c'est doux, C'est facile... et c'est gai !

ANGELA, en souriant.

Trop peut-être pour vous.

ARÉTIN

Ma gaîté d'autrefois était méchante et vaine,

Elle est vraie aujourd'hui, simple, loyale et saine ;

C'est grâce à vous, car Dieu guide toujours vos pas.

ANGELA

Non, non ! A si haut prix je ne me juge pas : Le bien, comme le mal, est souvent un mystère 1 Nos devoirs accomplis, tout orgueil doit se taire ; Vos louanges ont tort de réveiller le mien.

ARÉTIN

Laissez-moi cependant penser au temps ancien, Afin que jusqu'à vous vienne et monte à toute heure Le cri reconnaissant de mon âme meilleure.

Bien meilleure ! Il faut donc me donner un avis : Avant que vous partiez, parlons de votre fils.

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