‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 320 sur 387 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

CAMILLA

Quel nom ?

Orfinio ?

CAMILLA

Dieu ! cet homme, ce traître.

Sans doute ils vont tuer Orfinio !

ARÉTIN, d'un ton d'incrédulité.

Peut-être !

CAMILLA

Peut-être ! dites-vous. Moi, j'en suis sûre, hélas ! Ces hommes ont juré sa mort.

ARÉTIN

Je ne crois pas !

CAMILLA

Alors, que croyez-vous ? quelle est votre pensée ?

ARÉTIN

Camilla !

CAMILLA

L'Arétin !... Non !... Je suis insensée Cela ne se peut pas !... Voilà que je frémis !

ARÉTIN

Camilla !

CAMILLA

L'Arétin !... Notre fils?

Notre fils

CAMILLA

Non je ne crois pas ! Je ne veux pas vous croire ! Allons-nous, tous les deux, calomnier sa gloire ? Songez-vous qu'à l'instant, pour acclamer son nom, Tout un peuple venait, et vous croyez ?... Non ! non.

468 LE FILS DE l'aRÉTIN

ARÉTIN

» Dans tous les temps, hélas ! saisis d'un noir vertige, De plus grand, de meilleurs que lui...

CAMILLA

Non, non !vousdis-je !

ARÉTIN

De Franco pourquoi donc a-t-il suivi les pas ? Pourquoi Fécoutait-il et ne revient-il pas ?

CAMILLA

Ah ! Dieu ! si c'était vrai, d'une main sûre et prompte Qui pourrait l'arracher alors à cette honte ?

ARÉTIN

Moi ! Sur l'heure ! A tout prix ! Si la patrie et Dieu Ont besoin de mon sang, je dirai : « C'est trop peu ! »

CAMILLA

Trop peu du mien, aussi !

(Regardant vers le fond.) Mais vous vous trompiez, certe ! Regardez! Il revient dans sa gondole ouverte, Et Franco n'est plus là.

ARÉTIN

N'importe ! il faut savoir.

Allez. Le père seul fera mieux son devoir. Allez.

CAMILLA, en sortant.

La mère aussi sait ce qu'elle doit faire !

(L'Arétin la conduit à droite, revient et reste immobile derrière

les draperies pendant l'entrée d'Orfinio.)

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