ACTE DEUXIÈME
Quand nous serons vengés, mourir me serait doux
S'il me fallait mourir ou pour vous — ou par vous !
Telle je suis. — Pourtant, n'est-il rien dans la vie
De plus grand, de meilleur, qu'une haine assouvie ?
Je ne sais quel instinct me le dit quelquefois ;
Ce n'est pas trop d'orgueil! Je sens même, je crois,
Quand aura triomphé notre haine profonde,
Que j'aurais mieux peut-être à faire dans le monde!
HUGONNEL
Peut-être, Aliénorl Et j'espère, bientôt, Que mes secrets desseins t'élèveront plus haut ; Ce jour-là, si par moi tu te laisses conduire, Des choses du passé je pourrai mieux t'instruire.
(Regardant au dehors.) On vient. C'est Landini. Rentre dans le manoir.
ALIÉNOR
Rester me plairait mieux : j'ai hâte de savoir !
HUGONNEL
Mais...
ALIÉNOR
Je ne dirai rien !
(Elle va se placer dans l'ombre, à gauche.)