‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 356 sur 387 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

— Mais sans doute j'ai tort de parler de la sorte Devant toi? Le pouvoir suprême, que t'importe? Mes rêves, je le crains, te semblent insensés? Tu ne les comprends pas?

ALIÉNOR

Plus que vous ne pensez!

HUGONNEL, avec intention.

Tant mieux, Aliénor ! — Oh ! la France! Il arrive Le jour où je l'aurai, là, sous mon joug, captive, Où, broyant mes rivaux sous mon sceptre d'airain, Je serai le seul juge et le seul souverain, Où ce peuple apprendra ce que c'est qu'un vrai maître. . . Quand je l'aurai dompté, je l'aimerai peut-être !

ALIÉNOR

L'obstacle, c'est la reine !

HUGONNEL

Oui, mais tu le verras, Je vais briser l'obstacle.

ALIÉNOR

Elle ne vient donc pas ?

HUGONNEL, regardant au dehors.

C'est elle !

ALIÉNOR

Enfin 1 enfin! — cependant, je vous laisse: Ce serait, de ma part, manquer trop de noblesse D'étaler mon triomphe à ses yeux, son orgueil Mépriserait ma joie et cacherait son deuil ; Je vous gênerais même en ce qui reste à faire... Vous me rappelleriez si c'était nécessaire.

(Elle entre dans le manoir. Hugonnel va vers la reine qui entre pir la droite, conduite par Landini )

HUGONNEL

Reine, pour rendre utile un si grave entretien, Dans votre intérêt même, ainsi que dans le mien,

Quelqu'un doit être ici ; quelqu'un doit tout entendre : C'est le comte Thibaud! — Daignez donc nous attendre.

(Il entre dans le donjon, en faisant signe à Landini de le suivre.)

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