‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 77 sur 387 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qu'on leur montre l'enfant et ce que l'on prépare, Et tes chiens sauveront l'enfant, foule barbare !

IIERKLÉ

Nous avons déjà trop de nos enfants à nous ; Que ferais-je du tien?

GÉRONT1A, repoussant toujours ceux qui veulent lui prendre son enfant.

Oh ! non ! — A deux genoux !

Laissez-moi vous prier 1... Réfléchissez encore! Si vous saviez!... Chez nous, un fils... cela s'adore! Le voir englouti là, sous le flot étouffant !... Vous ne le voudrez pas...

HERNOCK

Au Danube l'enfant !

GÉRONTIA, courant au pont, son fils dans ses bras.

Au Danube l'enfant ! — Ah ! fleuve du supplice, Sois maudit, toi qui sers aux monstres de complice ! Et vous, guerriers sans cœur, femmes, princes, bandits, Démons que renierait Satan, soyez maudits ! Soyez maudits deux fois dans votre joie amère : Le fleuve aura l'enfant, mais il aura la mère ! — Allons, mon fils ! Il dort : il ne souffrira pas !

IIERKLÉ

Attends! je sauverai ton enfant du trépas ;

Je vous prends tous les deux, car tu m'as décidée

Par ton ardent courage...

(A part.) Et puis, j'ai mon idée l

HERNOCK, à Ulden.

Achève le partage, et fais vite !

ULDEN, montrant Hildiga et Herric qui sont restés au fond, tout accablés.

Le roi Des Burgondes, Herric, et sa fille, je croi, La princesse Hildiga.

IIERNOCK

Roi, viens ici !

HILDIGA

Viens, père I IIERRIC, chancelant.

Impossible !

HILDIGA

Mon bras te soutiendra, j'espère.

IIERRIC, s"appuyant sur elle.

Tu crois?... Essayons.

(Hildiga veut le soutenir, mais elle chancelle à son tour.)

HILDIGA

Ah ! je suis trop faible, hélas !

IIERNOCK, au roi Hoirie .

Esclave, avance ! ou bien...

GÉRONTIA, allant vers Herric et lui offrant son bras.

Allons, roi! prends ce bras ; Soutiens aussi ton père, Hildiga... Du courage, Princesse ! Pour les rois plus dur est l'esclavage : Tombés, ils sont brisés ; l'habitude qu'ils ont Des longs bonheurs leur fait le malheur plus profond ; Vous étiez — rien de plus ne vous reste peut-être ! — Des princes non méchants ; prends mon bras, pauvre maître ! (Ilerric s'avance, soutenu par Géronlia et Hildiga.)

ULDEN

La princesse Hildiga... Qui la réclame?

IIERNOCK

Moi.

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